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| CELLE QUE J'AIME 
Un film d’Elie CHOURAQUI, avec Marc LAVOINE, Barbara SCHULZ, Gérard DARMON. Musique originale de Nathaniel MECHALY et Jimmy DARLING. Isabelle (Barbara SCHULZ, qu’on a rarement vu aussi naturelle et joliment dénudée), partage sa vie entre son fils de 10 ans Achille (Anton BALEKDJIAN, excellent), son ex-mari toujours amoureux (Gérard DARMON, toujours aussi drôle et fragile), et son nouvel amant Jean. Ce dernier, créateur de dessins animés (Marc LAVOINE très à l’aise, séduisant et mystérieux) va devoir faire preuve de patience pour se frayer un chemin dans une famille en pleine recomposition. Après des films graves (HARRISSON FLOWER’S) ou proches de son histoire (Ô JERUSALEM), Elie CHOURAQUI renoue avec une comédie qui intègre habilement les réalités de notre époque, en l’occurrence les familles recomposées. Pour la musique, après Bruno COULAIS et Stephen ENDELMAN, il a engagé Nathaniel MECHALY pour la partition instrumentale et l’auteur compositeur interprète québécois Jimmy DARLING pour quelques chansons qui trouvent naturellement leur place dans le film. Et cela dès la superbe introduction du film, dont il faut vous laisser la surprise, et sur laquelle le réalisateur a posé May Bee, une ballade folk avec beaucoup de guitares, que l’on retrouve plus loin en version jazz dans une séquence live. Quand à Nathaniel MECHALY, il installe par fines couches une partition pleine de finesse, de douceur et de sensualité ; par exemple quand Antoine se retrouve en toute intimité mais aussi caché avec Hélène ; un véritable thème d’amour pianissimo et cordes décliné dans de multiples variations : sur Achille rêveur à l’école, sur le jeu amis ennemis entre Achille et Antoine, sur Jean qui s’amuse à séduire Johana. Mais là où le compositeur surprend c’est quand il fond son thème dans les guitares puis la voix de Jimmy DARLING sur la séquence du bar. C’est d’ailleurs une des originalités de cette bande originale de trouver certaines des chansons de Jimmy DARLING réorchestrées par Nathaniel MECHALY dans la couleur de sa partition, ce qui leur donne une homogénéité tout en rajoutant profondeur et gravité aux personnages. Sur quelques séquences entre Isabelle et Jean, on trouve une musique sentimentale avec parfois des solos de violon, quand ils se remémorent le passé. Mais aussi des passages de piano avec de l’écho. On signalera que le réalisateur a intégré quelques extraits de films de Jacques DEMY qui apportent du bonheur… en chanté ! Au final, Elie CHOURAQUI propose un film particulièrement divertissant ; A la manière d’un album photo, il déroule les pages d’une bande d’amis qui se trouvent, se séparent parfois mais se retrouvent toujours à travers un enfant. Et pour la musique, il réussit la rencontre entre les ballades de Jimmy DARLING et la composition simple et légèrement mélodique de Nathaniel MECHALY. CELLE QUE J’AIME – Bande originale du film composée par Nathaniel MECHALY et Jimmy DARLING – Disponible chez Milan records. Sortie le 1er avril 2009 
MONSTRES CONTRE ALIENS Un film de Rob LETTERMANN et Conrad Vernon, avec les voix de Louise BOURGOIN, Stéphane FREISS et Julien DORE. Musique originale de Henry JACKMAN. Susan MURPHY (Voix de Reese WITHERSPOON, Louise BOURGOIN en version française) va se marier avec l’animateur Derek (Voix de Julien DORE) quand, par malchance, une météorite l’écrase et la transforme en un monstre géant. Neutralisée, elle se retrouve emprisonnée avec d’autres monstres : le docteur Cafard (à tête d’insecte), l’hybride macho de singe et de poisson appelé Maillon Manquant, l’indestructible et gélatineux Bob et le gigantesque Insectosause. Mais, quand un impressionnant robot venu de l’espace sème la panique en Californie, les 4 monstres sont enrôlés pour l’anéantir et, au passage, retrouver la liberté. Voici un film d’animation qui ravira les amateurs de séries B de science fiction des années 50 où des extraterrestres envahissent la terre ! D’un point de vue technique, l’animation atteint une qualité impressionnante dans le rendu des décors et des monstres ; un peu moins dans les êtres humains. Pour la musique, comme souvent sur les productions Dreamworks, on trouve un compositeur de l’écurie Media Venture, en l’occurrence Henry JACKMANN ; de formation classique mais aussi adepte des musiques urbaines et électroniques, il avait déjà collaboré, auprès d’Hans ZIMMER, sur KUNG FU PANDA et THE DARK NIGHT. Au début du film, il propose une musique profonde sur Susan avec de superbes notes de piano ; un motif doux que l’on retrouve sur ses séquences d’isolement, de nostalgie (A Wedding Interrupted, Didn't Mean To Crush You) jusqu’à une suite complète (The Ginormica Suite). Puis nous entraîne dans une partition orchestrale aérienne, crescendo avec des chœurs maléfiques (A Giant Transformation). La musique apparaît plus jazzy, avec davantage de percussions, quand elle rencontre les autres monstres (Meet The Monsters), voir parfois électronique (Monster Mojo). On trouve également des musiques d’action enlevées avec des orchestrations très cuivrées, notamment sur la séquence du Pont (Do Something Violent !, The Battle At Golden Gate Bridge). Et des thèmes rythmiques en forme de marches qui rappellent parfois d’autres partitions de la troupe média venture (March Of The Buffoons). On notera sur la montée du Président à la rencontre du robot géant le célèbre thème de PETER GUNN composé par Henri MANCINI et arrangé par les B 52’s (Planet Claire). Puis deux références à Steven SPIELBERG, quand l’hilarant Président pianote le thème de RENCONTRES DU TROISIEME TYPE de John WILLIAMS et que passe un avion avec marqué dessus " E.T., rentre à la maison " ! Au final, Henry JACKMAN signe une honnête partition mais à laquelle manque un grand thème. Du coup, on sort de la projection en ayant passé un bon moment mais sans plus ; un sentiment qui vaut aussi pour la musique ! MONSTRES CONTRE ALIENS – Bande originale du film composée par Henry JACKMAN – Disponible chez Lakeshore records. Sortie le 25 mars 2009
LA PREMIERE ETOILE 
Un film de et avec Lucien JEAN-BAPTISTE, avec Firmine RICHARD, Anne CONSIGNY. Musique originale de Erwann KERMOVANT (non disponible). C’est la meilleure comédie du moment ! L’histoire d’une promesse, faite un peu vite par Jean-Gabriel (excellent Lucien JEAN-BAPTISTE) à ses trois enfants de les emmener en vacances au ski. Seulement voilà, Jean-Gabriel vit de petits boulots et gaspille le budget de la famille au bar PMU. Exténuée, sa femme Suzy (Anne CONSIGNY, toujours aussi touchante), l’oblige à tenir sa parole. A partir de souvenirs d’enfance, Lucien JEAN-BAPTISTE a écrit un scénario très drôle et gentiment caricatural sur la tolérance, les Antillais réfugiés en banlieue parisienne, la famille. Pour la musique, plutôt que de céder à la facilité du zouk (néanmoins présent sur les génériques), il a engagé un vrai compositeur. En l’occurrence, Erwann KERMOVANT, dont la musique interprétée par le Philharmonia Orchestra, apporte une véritable émotion cinématographique. Dès l’introduction du film, on entend le thème principal, avec sa ligne de cordes et un motif répétitif au piano ; un thème qui revient plusieurs fois, par exemple sur la séquence du départ, avec un contrepoint grave soulignant les soucis de Jean-Gabriel et Suzy. La musique joue d’abord la carte de l’interrogation ; d’où des thèmes aériens de cordes repris par une ligne de violoncelle avec parfois de la guitare. Puis la musique devient plus mélodique et s’envole dans des mouvements plus amples : sur la route des vacances, sur la première vision de la montagne, de la neige ou encore sur une séquence de moqueries ; On trouve aussi de véritables thèmes de comédie, chantants et décalés, notamment sur les séquences avec Bonne Maman (irrésistible Firmine RICHARD). On signalera encore des thèmes d’aventures sur les pistes avec des guitares rocks et des pizzicatos de cordes. Et une variation du thème principal sur le personnage de Yann (Jimmy WOHA-WOHA) : ses problèmes d’argent, sa romance avec Juliette (Astrid BERGES-FRISBEY). On notera également quelques thèmes sur les personnages secondaires : sautillant sur le non moins énergique Jojo (Edouard MONTOUTE lui aussi très drôle), avec davantage de percussions sur Madame MORGEOT (Bernadette LAFONT). Enfin, le compositeur rend un joli hommage à Jean FERRAT en arrangeant joliment Que La Montagne Est Belle pour une superbe séquence avec Manon (Loreyna COLOMBO-voix d’Ondine SAUVAGNUE). Au final, Erwann KERMOVANT signe une partition aux thèmes certes classiques mais qui rebondissent aisément sur les moments de comédie comme d’émotion ; Des thèmes bien écrits et parfaitement interprétés par l’orchestre symphonique. Plus qu’une première étoile, on en décernera plusieurs, autant à Erwann KERMOVANT qu’à la joyeuse équipe du film ! Sortie le 19 novembre 2008 MUSEE HAUT, MUSEE BAS 
Un film de Jean-Michel RIBES, avec Daniel PREVOST, Pierre ARDITI, Isabelle CARRE, Muriel ROBIN... et Philippe KHORSAND. Musique originale de Reinhardt WAGNER (non disponible). Quelques années après la visite d’un PALACE, Jean-Michel RIBES nous emmène dans son musée haut musée bas, du titre de sa pièce à succès ; Un établissement pas complètement inconnu mais pas totalement imaginaire. Ce cadre sert de prétexte au défilé de personnages farfelus joués par une impressionnante ribambelle de grands comédiens mis en scène dans des séquences souvent drôles voir burlesques. Citons, par exemple, le conservateur terrorisé par les plantes vertes (Michel BLANC), le gardien des Mammouths (Fabrice LUCCHINI…) et, du côté des visiteurs, Maurice (à la recherche de sa) BAGNOLE (Daniel PREVOST) ou Dame KADINSKI du nom d’un peintre quasi inconnu (Muriel ROBIN). On décernera néanmoins une tendre mention particulière au regretté Philippe KHORSAND dans le rôle de l’administrateur Frilon. Tous ces comédiens nous embarquent tous dans une visite qui va prendre la tasse à la manière de l’arche de Noé ! En ce qui concerne la musique, après Vladimir COSMA (LA GALETTE DU ROI) et Philippe CHATEL (CHACUN POUR TOI), Jean-Michel RIBES s’est adressé à Reinhardt WAGNER. Le compositeur de MORTEL TRANSFERT propose d’abord pour les génériques un thème mélodique à la couleur jazzy, avec du piano, de la clarinette et une rythmique. Dans le film proprement dit, les parties musicales correspondent davantage à des pastilles. On trouve ainsi un thème trépidant pour souligner l’agitation du conservateur M Mosk, notamment lors de la séquence de la tempête ; Un cataclysme annoncé par les grenouilles et autres têtards accompagnés de notes de violon. Puis des motifs de tension à l’américaine à mesure de l’inondation des salles et un développement de la musique tragique. On notera certaines références à la musique sacrée, en particulier pour la séquence réussie de la rencontre des " Marie " de différentes religions. Jean-Michel RIBES signe un film résolument original dans lequel on plonge d’abord avec jubilation. D’autant que nous sommes accueillis par d’excellents comédiens ! Le passage de salles en salles se fait à travers des séquences très bien écrites mettant en scène des familles (Victoria ABRIL, Josiane BALASKO, un mari qui fait la gueule et sa femme toujours souriante à la recherche des impressionnistes (Pierre ARDITI et Isabelle CARRE). Le film fourmille de bonnes idées mais aussi de trouvailles qui tombent par terre tellement elles sont absurdes ; en particulier cette séquence où des visiteurs réunis dans une salle représente l’œuvre d’un artiste. Progressivement, l’accumulation de situations grotesques et limites rendent le film fatigant, moins efficace et moins drôle. On attend alors la sortie et le retour du thème de Jazz de Reinhardt WAGNER ! Sortie le 15 octobre 2008 COLUCHE 
Un film de Antoine de CAUNES, avec François-Xavier DEMAISON, Léa DRUCKER, Olivier GOURMET. Musique originale de Ramon PIPIN. En centrant son film sur sa présentation à l’élection présidentielle en 1981, Antoine de CAUNES met en scène une période charnière de la vie de Coluche. Pour la musique, il a respecté la couleur de l’époque : des chansons des années 1980 comme Couleur Menthe A L’Eau d’Eddy MITCHELL et, pour la partition originale, RAMON PIPIN, alias Alain RANVAL ; un des créateurs du groupe des années 1980 ODEURS, sorte de collectif d’artistes connu pour ses textes impertinents et son sens du spectacle. D’ailleurs, dès le générique, on trouve un vrai rock électrique, dans la grande tradition du groupe sur une séquence de Coluche avec ses potes à moto. Très vite, on le rejoint sur scène, avec sa gouaille et son humour, et ses musiciens. Evidemment, on reste immédiatement stupéfait devant la performance de François Xavier DEMAISON, tout simplement exceptionnel ! La partition instrumentale, particulièrement les cordes, intervient adopte souvent le contrepoint dramatique ; le danger derrière l’humour, par exemple lors de ses interventions télévisées, accompagnées de courts accords obsessionnels. Par contre, quand il enfile les habits de Président, la musique s’amplifie mais conserve une gravité sous-jacente. De même, dans les séquences avec ses amis, le compositeur introduit un soupçon de larmes à travers des nappes ; parfois aussi quelques notes de piano, en particulier sur le regard de sa compagne Véronique. II s’agit d’une tension également contenue dans la souffrance d’une part de la population qui place en Coluche de (trop) grands espoirs ; D’où le recours à des percussions. On notera aussi l’importance de la guitare, qui marque une prise de conscience par l’artiste que la mort commence à roder : d’abord à travers ces accords sur son regard au moment du décès de John LENNON ; Puis les notes électriques quand il comprend que, menacé, il doit protéger ses enfants. Dès lors, Coluche et les siens se renferment et la musique se tend avec de la harpe ; En fait le véritable thème principal du film. Un thème repris de manière électrique quand Véronique plie bagages. Le compositeur montre aussi l’obstination du clown à travers un motif pianissimo, à la manière de Nino ROTA, sur la séquence de la conférence de presse. Ramon PIPIN a construit une musique évolutive aux thèmes emplis d’inquiétude, de douleur. A travers des motifs d’une grande profondeur, et des lignes de cordes comme le violoncelle, mais aussi de l’orgue farfisa jouée par Jean-Philippe GOUDE, il décrit superbement la souffrance d’un homme. Au final, Antoine de CAUNES signe probablement son plus beau film. Quant à Ramon PIPIN, assez rare sur les écrans, il propose une partition magnifique ; Espérons qu’elle sera bientôt éditée ! Sortie le 17 septembre 2008 OBSCENITE ET VERTU 
Un film de MADONNA, avec Eugène HUTZ, Holly WESTON, Vicky Mc CLURE et Richard E. GRANT.
Après plusieurs essais d’actrice (Dont la comédie musicale EVITA), Madonna réalise son premier film. Et c’est une bonne surprise ! Avec l’aide de Dan CADAN, elle a écrit un véritable scénario, un miroir de son parcours, de ses obsessions. Elle raconte la vie d’A.K. (Eugène HUTZ, formidable), un ukrainien qui, à Londres, partage son appartement avec Holly (Holly WESTON) et Juliette (Vicky Mc CLURE). Tous possèdent des rêves mais, pour les réaliser, ils doivent exercer des activités pas très catholiques. A commencer par A.K. pour qui, dans la vie tout est dualité, donc pour atteindre la vertu, il faut d’abord passer par le vice. Pour lui, cela signifie vendre ses services sado maso, parfois avec l’aide de ses colocataires, ce qui donne des scènes forcément amusantes. Mais pas étonnantes de la part d’une artiste qui a toujours mis en scène (Dans ses spectacles, ses clips) ses phantasmes. Avec l’argent gagné, il peut financer les concerts de GOGOL BORDELLO, un groupe qui marie la musique tzigane d’Europe de l’Est et le punk new-yorkais, qui existe réellement et interprète plusieurs titres dans le film. II y a Holly, qui souhaite faire de la danse classique, comme MADONNA avant qu’elle ne chante. Mais pour financer ses cours, Holly devra mette en avant plus son physique que ses talents de danseuse dans un club de strip-tease ; Une activité qu’elle va apprendre dans les larmes, puis l’humour, par exemple en imitant Britney SPEARS. II y a enfin Juliette qui rêve de soigner des enfants en Afrique. En attendant, elle récolte dans une pharmacie des pièces jaunes (Pour l’Afrique bien sûr) et se coltine Sardeep (Inder MANOCHA) ; Son employeur indien dont la femme à du mal à se détacher de la tradition. D’où là aussi des scènes gratinées ! Parmi les autres personnages, on notera un écrivain aveugle, le Professeur FLYNN (Richard E. GRANT), qui ne comprend pas toujours les colocataires. Au niveau de la musique, MADONNA a privilégié, comme on pouvait s’y attendre, les chansons, celles de GOGOL BORDELLO, et les siennes : Secret Garden et surtout Erotica. On remarque néanmoins quelques références classiques comme O Solitude d’Henry PURCELL et surtout The Thieving Pi de Gioacchino ROSSINI, sur une séquence qui n’est pas sans rappeler ORANGE MECANIQUE de Stanley KUBRICK. Et quelques plages instrumentales avec beaucoup de guitares ; Des contrepoints aux fêlures des personnages. On se laisse emporter par ce film qui se révèle particulièrement divertissant. Si MADONNA n’arrive pas à la cheville de Jean-Luc GODARD ou Federico FELLINI, pour elle des cinéastes de références, elle réalise un film maîtrisé, drôle et touchant. Si, en plus, vous appréciez son univers eroticaesque, vous serez comblé ! Sortie le 6 août 2008 LES DENTS DE LA NUIT 
Un film de Stephen CAFIERO & Vincent LOBELLE, avec Patrick MILLE, Frédérique BEL, Vincent DESAGNAT, Sam KARMANN, Hélène de FOUGEROLLES, Antoine DULERY. Musique originale de Gast WALTZING – Non disponible. Sam, Prune et Alice se rendent en hélicoptère à une mystérieuse soirée. Mais derrière la fête se cache une horde de vampires affamés ! Les réalisateurs, qui viennent de la publicité, proposent un mélange entre le film de genre, en l’occurrence de vampires, et la comédie. Tout part d’une base assez classique mettant en scène une bande d’amis désireux de s’amuser dans un lieu original ; Des personnages amusants et bien interprétés, dont l’originalité des traits tient parfois dans leurs métiers, comme le roi des dentistes Krinine (Sam KARMANN). En dehors du rock insipide des génériques, la partition originale de Gast WALTZING (GEORGES AND THE DRAGON) est interprétée par l’orchestre de chambre luxembourgeois Estro Armonico ; Une formation qui tire son nom d’une série de 12 concertos pour violons et orchestre d’Antonio VIVALDI. II s’agit d’une partition qui explore en parallèle du scénario les grands courants de la musique de films d’épouvantes, avec des mouvements qui privilégient les vibratos. On distingue néanmoins des motifs associés aux personnages principaux : Une écriture romantique en contrepoint d’une mise en scène faites d’apparences et de jeux de mots sur Sam (Patrick MILLE) ; De froides harmonies caractérisées par des crescendo dans les cuivres sur JOURNIAC, joué par Tcheky KARYO, impérial en Duc aux cheveux longs. Les convives arrivés dans son domaine, la musique apparaît plus grave avec une tournure gothique et des harmonies baroques lors de sa transformation en loup-garou. On remarque encore des musiques en formes de pastiches, notamment lorsque Jessica (Hélène de FOUGEROLLES) se voit avec ses soupirants sur l’avant du Titanic ; Une référence plus à la voix de Céline DION qu’aux notes de James HORNER. Mais aussi sur la fin avec une musique à la sauce caballeros mexicains et les séquences de la morgue et de ses gardiens. On trouve enfin des thèmes trépidants renforcés par des chœurs lorsque la bande d’amis se trouve prisonnière de la meute de vampires. Stephen CAFIERO & Vincent LOBELLE signent un film atypique, qui se sert des codes de l’épouvante pour dispenser un humour décalé. On apprécie particulièrement l’introduction de certains personnages, comme Stéphane FREISS, succulent Dandy en rut prêt à tout pour dévorer la délicieuse Jessica. Quant à Gast WALTZING, il nous sert une musique de forme et de couleur plutôt classique, qui constitue plus un hommage aux classiques du genre qu’une véritable création. Sortie le 18 juin 2008 LA PERSONNE AUX DEUX PERSONNES 
Une comédie de Nicolas et Bruno avec Daniel AUTEUIL, Alain CHABAT et Marina FOIS. Musique originale de Nicolas ERRERA – Non disponible. Le chanteur Gilles GABRIEL (Alain CHABAT), meurt dans un accident causé par Jean-Christian RANU (Daniel AUTEUIL), un employé coincé travaillant à la Défense. Mais son esprit survit avec toute sa fougue … Dans la tête de Jean-Christian, qui va devoir cohabiter avec l’âme du chanteur ! Nicolas et Bruno connaissaient Alain CHABAT pour avoir tourné une émission du BURGER QUIZ pour Canal +. IIs avaient aussi réalisé la série Message A Caractère Informatif, à base de films d’entreprises détournés, dont on retrouve quelques références dans cette comédie amusante et humaine. IIs ont également bénéficié de l’interprétation de Daniel AUTEUIL d’abord, génial dans le rôle de cet employé qui se dévergonde au contact d’une ex vedette de la chanson. Mais aussi d’Alain CHABAT, qu’on entend beaucoup plus qu’on ne voit. Pour la musique, ils ont appelé Nicolas ERRERA, un compositeur capable de détourner des thèmes rétros, à travers ses mélanges entre des sonorités classiques et électroniques. Il apporte ainsi une touche décalée et réjouissante, comme précédemment sur QUELQU’UN DE BIEN de Patrick TIMSIT notamment. Les premières musiques sont les chansons un brin ringardes de Gilles GABRIEL : Flou D’Amour au texte chaud accompagné de saxophone et Puis Love et Cie, une ballade romantique pour guitare et cordes; On s’y croirait ! Mais comme le dit l’idole, le film ne s’arrête pas là. Dans la première partie, la musique apparaît surtout par des bruits de percussions, lors de l’accident, l’entrée de l’immeuble de bureaux. A mesure de la traversée des couloirs, les harmonies se colorent sur des rythmes de bossa nova, déclinée jusque la séquence de l’intrusion chez Gilles. On trouve aussi des boucles électroniques, lorsque Jean-Christian sort de chez le médecin ; Dans l’ascenseur avec des sonorités parlées et quant il danse dans un supermarché sur un disco inferno. Parallèlement à la transformation de Jean-Christian en chanteur, la musique multiplie les notes électriques, les guitares sur des mélodies aux mises au point eighties (C’est P’t’être Ca Qu’On Appelle L’Amour). La dernière partie de la partition raconte l’idylle entre Jean-Christian et la mystérieuse Muriel (Marina FOIS, étonnante), avec un thème romantique et fascinant pour guitare et voix. En docteur Jerry et Mister Love de la musique de films, Nicolas ERRERA propose une musique à double facette : Le quotidien de Jean-Christian par une musique pour guitare et voix, en adéquation avec son appartement au décor seventies ; La nostalgie du succès de Gilles GABRIEL à travers des motifs typés. Ces deux aspects se retrouvent dans leurs rêves de séduction, du public pour Gilles, de Muriel pour Jean-Christian. Sortie le 4 juin 2008 48 HEURES PAR JOUR 
Une comédie de Catherine CASTEL avec Aure ATTIKA, Antoine de CAUNES, Victoria ABRIL, Catherine JACOB, Bernadette LAFONT. Musique originale de Jacques DAVIDOVICI. Marianne (Aure ATTIKA, dans un joli rôle de comédie) ne souhaite plus sacrifier sa vie professionnelle et s’occuper seule des enfants, de la cuisine et du ménage. Pour obliger son mari Bruno (Antoine de CAUNES, très à l’aise) à lâcher du leste sur son emploi, elle décide de s’éloigner quelques mois. Catherine CASTEL propose une comédie qui joue des situations modernes du couple avec des enfants et du travail pour amener les ressorts d’une comédie souvent drôle. Elle a eu la bonne idée d’appeler Jacques DAVIDOVICI, dont on avait apprécié les musiques de comédies familiales, pour Patrick BRAOUDE notamment. II nous propose ici une partition élégante pour laquelle il a bénéficié du son de l’orchestre symphonique de Sofia ; Une composition qui n’intervient jamais de manière envahissante, mais plutôt par des touches délicates. On remarque des thèmes qui n’apparaissent jamais trop mélodiques, ce qui leur donne une profondeur qui intervient en contrepoint de situations souvent décalées. Sur le générique, on trouve un thème chantant, à la mélodie classique. La partition sait aussi parfois jouer de sonorités ensoleillées et rythmées avec des accents de samba (Trop C’est Trop). On entend également des thèmes feutrés, relativement doux, par exemple quand la jeune Pauline a oublié ses chaussures. Mais aussi sur la séquence amusante du Placard A Nappes avec beaucoup de cordes et toujours des percussions qui amènent un parfum sud-américain. Le film regorge de personnages secondaires aux thèmes savoureux : On notera celui de Laura (Catherine JACOB) et ses communications avec son fiancé, permettant l’introduction d’une couleur jazz avec du piano, des cuivres et quelques cordes. Egalement le motif haut et grave de Madame Takovic. Le jazz qui amène également un côté décalé avec le piano, le saxophone et toujours les cymbales (Lassitude, La nounou peint un portrait de Bruno). Mais la partie la plus réussie reste l’aspect familial : La séparation sur une musique poignante et profonde (Les Adieux), Bruno et ses enfants avec un thème plein de tendresse, contenant un passage pianissimo et des cordes. Jacques DAVIDOVICI a concocté une partition de qualité, riche en thèmes et joliment servi par l’orchestre bulgare. Reste que, si sa musique dégage beaucoup de sentiments, elle ne nous surprend pas ou si peu. Du beau travail quand même ! 48 HEURES PAR JOUR – Bande originale du film disponible sur les plates-formes de téléchargement. Sortie le 30 avril DEUX JOURS A TUER 
Un film de Jean BECKER. Avec Albert DUPONTEL, Marie-Josée CROZE, Pierre VANECK. Musique de Alain et Patrick GORAGUER.
Un publicitaire de 42 ans, Antoine (Albert DUPONTEL – Formidable), renverse subitement sa vie. On trouve dans ce nouveau film de Jean BECKER les sujets qui ont toujours parsemé ses films, à savoir un mélange de beauté et de gravité au service d’une histoire totalement bouleversante. Pourtant, le film commence par dérouter tant le comportement d’Antoine Soulève l’incompréhension. En même temps, le jeu des acteurs, Albert DUPONTEL mais aussi Marie-Josée CROZE dans celui de sa femme désarçonnée, époustoufle. II en va de même pour la brillante distribution de ses amis, de François MARTHOURET à Cristiana REALI, lors de la scène quasi théâtrale du dîner. En raconteur d’histoires simples, qui touchent à la nature et à l’humanité, le cinéaste suit un cheminement totalement maîtrisé qui ne dévoile ses intentions que dans son dénouement. C’est à ce moment que le film nous emporte et ce à effet rétroactif. Jean BECKER en va de même pour l’approche musicale et n’explique son choix des compositeurs que dans les toutes dernières minutes et sur le générique. En empruntant une fort appropriée chanson de Serge REGGIANI, dont on taira le nom pour ne pas dévoiler le scénario, il choisit de fait ses compositeurs, en l’occurrence Alain et Patrick GORAGUER. Ceux-ci lui répondent par une partition qui découle en grande partie de la chanson, jusqu’à en reprendre parfois des mesures. La musique apparaît d’abord dans les explications entre Antoine et sa femme ; Des tentatives vaines soulignées par une musique particulièrement grave, profonde et rythmée par les cordes. II s’agit aussi d’une musique qui agit comme un contrepoint aux phrases abruptes lancées par Antoine. En même temps, on décèle une certaine nostalgie et de la douceur dans les cordes, comme si cela ne correspondait qu’à une mise en scène. Les compositeurs rajoutent aux cordes le piano et en même temps un soupçon de mélancolie lorsque Antoine regarde ses enfants jouer dans le jardin ; Egalement quand il appelle sa femme. En partant retrouver son père en Irlande, Antoine et la musique respirent à travers des thèmes utilisant de la guitare, des flûtes. Dans la dernière partie, la partition revient sur son aspect grave et privilégie les cordes sur des scènes intimistes et brûlantes. On notera aussi la présence d’un solo de violon en liaison avec le père retrouvé. C’est un très grand plaisir de retrouver Alain GORAGUER, qui fut un des collaborateurs de Serge GAINSBOURG, sur une musique de films ; Cela faisait plus de 10 ans qu’il n’en avait pas composée. II nous propose ici une partition qui agit en boucle avec le comportement d’Antoine et la chanson de Serge REGGIANI qui en représente la source. Sortie le 23 avril ULZAN 
Un film de Volker SCHLÖNDORFF. Avec Philippe TORRETON. Musique de Bruno COULAIS et Kuat SHILDEBAYEV.
Affecté par un drame familial, Charles (Philippe TORRETON – Etonnant) parcoure le Kazakhstan pour sauver son âme avant de disparaître. Sur son chemin, il croise un vagabond puis Ulzhan (Ayanat KSENBAI – Superbe), qui l’aide simplement parce qu’il l’a trouvée. Déroutant au début, le film devient touchant au gré des rencontres de Charles et du développement de sa relation avec Ulzhan. Le scénario possède la qualité de se concentrer autour de trois personnages, pour mieux renforcer leurs histoires et nous emporter dans le sillage de leurs aventures, joies et peines, avec beaucoup de poésie. Pour la musique, Volker SCHLÖNDORFF, qui avait déjà travaillé avec Maurice JARRE (LE TAMBOUR) a collaboré avec Bruno COULAIS qui, quelques années après HIMALAYA, retrouve l’Asie. II a composé cette musique en compagnie du Kazakh Kuat SHILDEBAYEV. Celui-ci a apporté avec lui le Kobyz, l'ancienne viole des chamanes, considérée par les Kazakhs comme leur premier instrument. Au début, la musique insiste sur l’aspect de l’homme en perdition, avec des sonorités épaisses, atmosphériques, à base de claviers, de flûtes orientales, sur un tempo qui évoque le lointain. Dès l’entrée dans un village local résonne le kobyz, qui revient dans des vibratos quand Charles se réveille. Dans un premier temps, on ne sait ce qu’il fuit dans ce monde en voie de sédentarisation ; Ce qui s’entend dans des notes pareilles à des pulsations. Deux personnages vont marquer son chemin : Shakuni (David BENNENT), un vendeur de mots qu’il ne cessera de croiser sur sa route. Lors de leur première rencontre, on entend une musique presque religieuse. Puis évidemment Ulzhan, cette institutrice qui va éclairer sa solitude. Ce que Bruno COULAIS transcrit par un thème joyeux à base de cordes pincées, qui revient avec une pointe de mélancolie. On trouve également un thème à base de guitares parfois doublées par les cordes sur les scènes avec des chevaux ; Une musique pleine de fraîcheur avec parfois de l’écho en référence à l’immensité des paysages. A noter que lorsque ces trois personnages sont rassemblés, on entend un thème de couleur orientale. La partition contient quelques parties plus tendues, avec des crescendos, des vibratos, des percussions et une flûte orientale en mémoire des souvenirs difficiles d’Ulzhan. Bruno COULAIS installe lentement une musique souvent profonde, parfois mélodique et introduit, au gré des émotions des personnages, des motifs portés par les cordes et les percussions. Par des rythmes et instruments asiatiques, Kuat SHILDEBAYEV rajoute une authenticité à cette communion improbable entre deux cultures. Sortie le 2 avril DISCO 
Une comédie de Fabien ONTENIENTE avec FrancK DUBOSC, Emmanuelle BEART, Gérard DEPARDIEU, Samuel LE BIHAN, Abbès ZAHMANI, Isabelle NANTY et Annie CORDY. Musique originale de Michel LEGRAND.
Pour offrir un voyage à son fils, Didier TRAVOLTA (Franck DUBOSC) tente un concours de Disco et reforme le trio des Bee Kings avec ses partenaires Neuneuil (Abbès ZAHMANI) et Walter (Samuel LE BIHAN). Ce nouveau film mettant en vedette le comique plus qu’acteur Franck DUBOSC se révèle bien plus convaincant que CAMPING, qui était certes drôle mais manquait de relief. Ici, on entre dans l’univers d’un homme finalement attachant : Didier, 40 ans, vit chez sa mère (Adorable Annie CORDY) dans la grisaille du Havre et ne peut pas payer des vacances à son fils. Alors, quand le cow-boy local (Gérard DEPARDIEU – Magistral) lui propose de ressortir ses boots de danseur, il retombe en jeunesse. Jusqu’à s’amouracher un peu trop rapidement de sa séduisante prof de danse France NAVARRE (Emmanuelle BEART). C’est à ce niveau qu’intervient la musique de Michel LEGRAND, auquel le réalisateur a rêvé dès le tournage. Le Havre n’étant pas si loin de la Manche, le compositeur des PARAPLUIES DE CHERBOURG représentait un choix idéal pour mettre en musique cette romance improbable. Michel LEGRAND a composé un thème profondément orchestral et chaleureux à base de cordes et un soupçon d’accordéon. Un motif également empreint de mélancolie, quand France lance des fleurs d’adieu à son ancien amour. II s’agit de thèmes qui se situent dans la retenue, comme celui pour cordes et piano quand ils s’étirent dans la salle de danse. On retrouve également la french touche de Michel LEGRAND dans les thèmes coloré et flamboyant de la maison des parents de France, nostalgique et populaire avec une pointe d’accordéon de Walter et ses collègues. Puis un duo instrumental entre Didier dans ses moments de doutes pianissimo et France, sa " Cerise " portée par les violons. Plus surprenant s’avère un développement à la Nino ROTA sur l’univers du Gin Fizz. L’amourette entre France et Didier apparaît aussi au travers de certains titres préexistants, en particulier How Deep Is Your Love des incontournables Bee GEES, dont Tina ARENA reprend d’ailleurs Night Fever. Tandis que Christophe WILLEM reprend Heartbreaker (Dionne WARWICK) et l’excellent September (Earth Wind & Fire). Au final, Fabien ONTENIENTE et Franck DUBOSC nous offrent une vraie comédie (On ne risque pas d’oublier le dîner au Buffalo Grill). Mais aussi le portrait de petites gens sympathiques. Quand à Michel LEGRAND, en quelques thèmes moins mélodiques qu’accoutumée, il saisit la force des personnages. Et prouve qu’il a eu raison d’accepter l’invitation de Fabien ONTENIENTE ; Un cinéaste qui a laisser entrer la musique ! Sortie le 19 mars LE NOUVEAU PROTOCOLE 
Un film de Thomas VINCENT, avec Clovis CORNILLAC, Marie-Josée CROZE. Musique de Krishna LEVY (Non éditée). LE FILM La vie de Raoul KRAFT (Clovis CORNILLAC, toujours excellent), un exploitant forestier, bascule le jour où meurt subitement son fils ; Un drame de la route d’après la gendarmerie. Mais peut-être aussi un accident dû à l’essai de médicaments. C’est ce que tente de lui faire croire Diane (Marie-José CROZE, étonnante), qui rend responsable de la mort de son mari un laboratoire pharmaceutique. En soulevant en lui des doutes, Diane entraîne Raoul KRAFT dans sa lutte contre une multinationale. Par une réalisation proche des personnages, on se laisse embarquer avec eux dans une campagne contre un soi-disant complot des industries pharmaceutiques. Ce qui donne lieu à de multiples scènes d’action plutôt réussies. Au delà de son efficacité, ce film dresse le portrait d’un homme rongé par la culpabilité. Plus largement, le tableau d’innocents embarqués dans un combat illusoire contre les puissances qui nous dirigent. Dans la lignée de grands classiques du cinéma américain, le film de Thomas VINCENT réussit à divertit tout en soulevant des interrogations sur les puissances économiques. Mais apporte peu de réponses crédibles, et surtout pas celle choisie par Raoul KRAFT ! MUSIQUE Après JE SUIS UN ASSASSIN, Thomas VINCENT reste fidèle à Krishna LEVY qui signe une partition à deux facettes. D’abord une partie intimiste qui, au plus près des personnages et en particulier de Raoul, appuie leur angoisse, leur impuissance face à une multinationale. Sur cette homme perdu, la musique exprime à la fois sa solidité et son désarroi, sa douleur. D’où un mouvement grave, qui évolue en même temps que ses doutes, avec une légère mélodie, un contrepoint de violon et quelques notes d’harmonica. La deuxième facette concerne les nombreuses séquences de filatures et poursuites, particulièrement rythmées. Ce qui permet à Krishna LEVY d’introduire des thèmes dont la couleur rappelle nombre de musiques de films américains. Ainsi, sur la séquence de l’intrusion dans les bureaux de l’entreprise pharmaceutique, on trouve des notes agitées avec beaucoup de percussions, des cuivres, des tambours et de la grosse caisse. II en ressort une musique qui amplifie la quête de Raoul et Diane. Au final, la partition de Krishna LEVY apparaît suffisamment dosée pour parfaire à un équilibre difficile : Celui entre les moments dramatiques plutôt cohérents symbolisés par des sonorités profondes qui lui ressemblent. Et ceux, parfois exagérés, du combat d’un homme contre le monde entier, illustrés par des thèmes bruyants, complexes et aux allures de film d’action américain.
Sortie le 12 mars MODERN LOVE 
Une comédie romantique de Stéphane KAZANDJIAN, avec Alexandra LAMY, Stéphane ROUSSEAU, Bérénice BEJO, Pierre-François MARTIN-LAVAL, Clotilde COURAU. Musique et chansons de Martin RAPPENAU, Benjamin SEILLES et Martin GAMET. Cette comédie romantique, qui aurait pu idéalement sortir pour la Saint Valentin, raconte plusieurs histoires d’amour. La plus amusante concerne Vincent (Stéphane ROUSSEAU) qui, n’ayant rien en commun avec Marianne (Alexandra LAMY), devra faire preuve de beaucoup d’ingéniosité et de générosité pour espérer la séduire ; Une romance qui ressemble à un conte de fées à la façon film dans le film. D’où le choix du réalisateur d’utiliser pour ces séquences le mode de la comédie musicale, avec des chansons écrites par Martin RAPPENAU et Benjamin SEILLES ; Des chansons pops aux refrains efficaces interprétées en duo par Alexandra LAMY (Qui chante de nouveau après le générique de fin d’AU SUIVANT) et Stéphane ROUSSEAU qui confirme ses talents d’artistes complet. Au début du film il se renvoient la balle en fredonnant leur partenaire idéalisé. Puis combattent au kendo sur un rythme coloré et une voix en contrepoint. On relèvera également la chanson de la séquence du restaurant (Si Vous Pensez…), dans laquelle le chorégraphe Sidi Larbi CHERKAOUI a détourné des danses slovaques sur plusieurs tempos : Des sonorités colorées pour les claquettes, des guitares pour les moments rock’n roll et des cordes pour la partie plus lente. Sans oublier la pure chanson romantique, avec des accents à la Francis LAI lorsque les deux tourtereaux s’aiment à Paris (On A Jamais Vu Ca). Jusqu’à un rêve de mariage aux accents d’adagio et un duo d’amour pour piano et guitares (Si On N’Etait Dans Un Film). Les histoires des autres personnages apparaissent ancrées dans une certaine réalité sociale. Ce qui appelait des musiques plus minimalistes, moins chargées dans les orchestrations, composées par Martin GAMET, également en charge de la réalisation musicale des chansons. II en va ainsi de thèmes plutôt mélancoliques sur Eric (Pierre François MARTIN LAVAL), qui espère toujours reconquérir Marie (Clotilde COURAU) malgré la présence dans sa vie d’Anne (Mélanie BERNIER). Mais également, comme il s’agit d’une relation ambiguë, de motifs qui se placent sous l’angle du rêve, des lampadaires de noël, avec des harmonies scintillantes. Pour Elsa (Bérénice BEJO) et Jérôme (Stéphane DEBAC), on trouve une musique décontractée à base de guitares avec des accents country et parfois de l’harmonica. Egalement des motifs pour guitares et trompettes quand ils se trouvent sur la terrasse d’un café. Pour nous emporter dans ses histoires d’amour moderne, notamment celle de Vincent et Marianne, le réalisateur a pu compter sur un généreux casting qui nous donne envie de croquer dans la pomme. Malgré des situations et des gags parfois exagérés, on s’amuse franchement devant cette comédie romantique qui réussit à nous divertir ! Sortie le 5 mars LES FEMMES DE L'OMBRES 
Un film de Jean-Paul SALOME, avec Sophie MARCEAU, Julie DEPARDIEU, Marie GILLAIN, Déborah FRANCOIS, Moritz BLEIBTREU, Maya SANSA et Julien BOISSELIER. Musique originale de Bruno COULAIS. LE FILM Ces femmes de l’ombres constituent un commando du service secret de renseignement de Winston CHURCHILL sous la seconde guerre mondiale. Usant de tous les moyens, Louise (Sophie MARCEAU) va recruter une chanteuse de cabaret (Suzy –Marie GILLAIN), une chimiste (Gaëlle – Déborah FRANCOIS), une prostituée (Jeanne – Julie DEPARDIEU) et une juive italienne (Maria - Maya SANSA). Leur première mission réussie, on leur impose d’éliminer un des maîtres du contre-espionnage allemand. Jean-Paul SALOME signe un thriller poignant autour du portrait d’un groupe de résistantes, souvent humiliées et parfois torturées, à la veille du débarquement ; Des femmes comme Louise, qui aide sa patrie après l’assassinat de son mari et père de son futur enfant ; Comme Gaëlle qui va dépasser se convictions religieuses. Mais aussi d’hommes qui ont également leur rôle à jouer, comme Pierre (Julien BOISSELIER), le frère de Louise, qui résiste aux tortures pour ne pas dévoiler des secrets et sauver sa sœur. Egalement Heindrich (Moritz BLEIBTREU), un officier allemand particulièrement étrange, dont les fêlures le rendent attachant. Filmé dans des décors naturels, en particulier Paris déserté, avec des costumes et des coiffures soignés, Jean-Paul SALOME signe un film qui prête à la réflexion. Et si nous avions eu 20 ans en 1944, qu’aurions-nous fait ; Aurions-nous été meilleur ou pire que ces gens ? LA MUSIQUE Jean-Paul SALOME retrouve, après BELPHEGOR en 2001, Bruno COULAIS, qui signe une partition aux multiples facettes ; Une musique qui appuie, dans des moments précis, le suspense, la force dramatique. Les meilleurs moments apparaissent elle se fond à la mise en scène pour intensifier l’action, la brûlure des émotions de personnes dans la tourmente. On retiendra en particulier cette séquence aussi forte que magnifique tant des points de vue de l’image que de la musique : Sur des images d’une résistante s’offrant au christ pendant qu’une de ses camarades se fait torturer, Bruno COULAIS nous offre une sublime musique de messe, à la fois grandiose, solennelle et lyrique. Ne serait-ce que pour cette séquence, il faut absolument voir ce film ! Mais aussi les longues séquences entre Heindrich que tente de prendre au piège Suzy à l’Hôtel Regina ; Le compositeur y développe une musique profonde, grave et sournoise avec de la clarinette qui privilégie les longues notes. On notera également la prépondérance du violon virtuose de Laurent KORCIA, que l’on a plaisir à retrouver sur une musique de Bruno COULAIS. Au final, le compositeur des ROIS MAUDITS signe une partition complexe, souvent mystérieuse, parfois lyrique et qui ne laisse jamais indifférent ; Une partition qui, malheureusement en l’absence d’un disque, reste dans l’ombre !
Sortie le 13 février MAX & CO 
Un film de Sam & Fred GUILLAUME, avec les voix de Lorant DEUTSCH, Patrick BOUCHITEY, Virginie ELFIRA, SANSEVERINI, Micheline DAX, Denis PODALYDES & Amélie LERMA, musique originale de Bruno COULAIS. LE FILM Pour relancer la ventes de tapettes, un savant fou invente des mouches mutantes qui envahissent une cité côtière. Max, engagé comme musicien d’ascenseur chez BZZ & CO décide, avec l’aide de son amie Félicie, de déjouer ce plan. Ce film, qui met en scène d’attachantes marionnettes animées auxquels de grands comédiens prêtent leurs voix, séduira tous les publics à plus d’un titre. D’abord, on salue, au delà de la classique quête du père par un fils abandonné, un scénario moderne pour un film d’animation ; On relèvera une dimension écologique à travers les mouches génétiquement modifiées, les dégâts de l’industrie sur la ville en termes de nuisances et d’emploi. Et surtout la noirceur du récit, loin d’éviter la mort comme souvent en animation, s’en sert de moteur du récit. A ce titre, la scène de l’enterrement, aussi inattendue que souriante, constitue un grand moment. On se laisse donc volontiers embarquer avec Max et sa compagnie de personnages au graphisme inspiré dans un scénario riche en rebondissements qu’auraient pu jouer de véritables comédiens ! LA MUSIQUE Après L’ENFANT QUI VOULAIT ETRE UN OURS, Bruno COULAIS revient au cinéma d’animation avec ce film cocasse, idéal pour un compositeur qui aime mettre en musique des cauchemars ! Après une ouverture orchestrale sérieuse, il développe une première partie délicate sur Max. Mais aussi son Oncle Léopold qui chante Grâce A Toi, dont l’orchestration se distingue par l’entrée du chœur corse A Filetta. Lorsque Max dévale les rues à vélo, il l’accompagne de thèmes doux, avec de la harpe, rythmés et mélodiques avec des percussions et des trompettes ; Des motifs qui deviennent haletant quand Félicie le rejoint. Max est également associé à la bigoude, un instrument dont la sonorité, à base de guitare électrique, d’accordéons et de percussions, a été complètement créée. Pour l’univers de l’usine, on trouve une musique aux accents jazzy, notamment dans les scènes autour de la piscine. Quand Max se trouve avec sa mamie Madame IRMA, la musique se fait volontiers plus électrique avec des guitares. Mais aussi joyeuse, avec des accents de tyrolienne aux accents de fanfare lors du réveil du jeune homme. Pour ce film, Bruno COULAIS s’est impliqué très vite dans le projet et en a suivi toute les étapes. II en ressort des notes qui interviennent à la manière d’une écriture parallèle, avec une véritable profondeur et quelques références amusantes (CARMEN de Georges Bizet, musiques de Nino ROTA pour les films de Federico FELLINI). La richesse des motifs, l’inventivité des orchestrations font de cette partition un régal. Reste que pour l’écouter, en l’absence de disque, vous ne devez pas manquer de voir le film ! MAX & CO – Un film de Sam & Fred GUILLAUME – Une musique de Bruno COULAIS (Non disponible).
Sortie le 6 février PS : I LOVE YOU 
Un film de Richard LAGRAVANESE d’après le best-seller de Cecelia AHEM, avec Hilary SWANK, Gérard BUTLER & Lisa KUDROW, musique originale de John POWELL. La comédie romantique de ce début d’année ! Holly (Hillary SWANK, craquante !) et Gerry (Gérard BUTLER, pas mal non plus !) vivent un amour idyllique. Jusqu’au jour où lui disparaît, l’abandonnant avec son deuil. C’est alors qu’elle reçoit la première d’une série de lettres qu’il a écrites par delà la mort, pour l’aider à repartir dans la vie. Si le film comporte des chansons (Dont une large sélection se retrouve sur la bande originale), il contient également une superbe partition originale composée par John POWELL (Malheureusement réduite à un seul thème sur le disque !). Suivant les quatre saisons, le film joue la carte de l’intemporalité et alterne la nouvelle situation d’Holly, désormais solitaire, et ses souvenirs. Le plus souvent, la composition privilégie la douceur à travers des motifs composés de guitares jouant sur plusieurs tons : La tendresse des retrouvailles après les embrouilles ; L’enjouement dans la nostalgie ; La chanson quand Holly s’interroge devant sa télévision. La guitare nous prend encore au cœur Gerry en joue en lui chantant qu’il l’aimera jusqu’au bout…Et en l’occurrence plus encore ! (Love You ‘Till The End). II s’agit d’une belle façon pour les scénaristes comme pour le compositeur d’intégrer une chanson dans la construction musicale du film. Les phases d’isolement d’Holly permettent à John POWELL d’introduire des musiques profondes, des larmes pianissimo renforcées par des cordes poignantes. Mais aussi des flûtes irlandaises en écho aux terres d’origine de Gerry, qui donnent lieu à quelques unes des plus belles scènes et musiques quand Holly s’y rend : Sur des images aériennes, John POWELL glisse en effet des thèmes amples, aux tempos country et à l’accent british. L’aspect irlandais revient dans certaines scènes intimistes, quand Holly visite les Kennedy, avec des flûtes et des violons, ajoutés aux guitares. Mais aussi dans celles qui illustrent la rencontre du couple, leurs premiers baisers ; Autant de scènes sympathiques qui permettent à John POWELL d’introduire des motifs rythmés, dansants… En un mot séduisants ! On rentre dans ce film comme dans un rêve, une histoire d’amour parfaite, que rien ne peut arrêter. Parfois drôle, souvent touchant, il multiplie les moments d’émotion, les sourires comme les larmes. Par delà une mise en scène classique sur New York, beaucoup plus gracieuse dans les verts paysages nord européens, John POWELL contribue à faire partager les peines et les bonheurs d’Holly ! Bande originale disponible chez Atlantic records.
Sortie le 16 janvier CHAMBRE 1408 
Un film de Mikael HAFSTROM, avec John CUSACK, Samuel L. JACKSON, Mary Mc CORMACK & Jasmine Jessica ANTHONY d'après une nouvelle de Stephen KING. Musique de Gabriel YARED. Basé sur une nouvelle de Stephen KING, ce film raconte le l’auteur de romans d’épouvante Mike ENSLIN (John CUSACK), qui ne croit pas aux fantômes. Lorsqu’il entend parler d’une chambre hantée de l’Hôtel Dolphin, il décide de braver les conseils du directeur de l’établissement (Samuel L. JACKSON – Magistral) et d’y passer une nuit ; Commence pour lui les cauchemars. Film fort bien construit et très prenant, CHAMBRE 1408 nous scotche au fauteuil ! Pour la musique, Gabriel YARED signe ici sa première musique pour un film de ce genre ; Assez lointaine de celles des films d’Antony MINGHELLA. Dès le début, il développe des ambiances aux motifs lents mêlant sonorités électroniques et orchestre avec des notes de piano qui tombent (Haunted Hotels) ; Des mouvements profonds voir lancinants et lyriques avec des crescendos de percussions (The Dolphin Hotel). Le thème titre (Room 1408) déploie sur plus de 7 minutes un climat d’abord inquiétant grâce à la gravité du piano ; Une musique sourde où se détachent le timbre du premier violon et un contrepoint du tuba. Jusqu’au déclenchement de l’horloge du début de la nuit, prélude à un développement pour piano, un soupçon de clavecin et des frémissements de cordes. On notera un déchaînement orchestral avec des voix ainsi que l’utilisation judicieuse des bruits, notamment des grincements de portes. Enfermé, prisonnier, ne pouvant s’échapper ni par les conduits d’aérations, ni par les fenêtres, Mike perd peu à peu ses repères ; Gabriel YARED multiplie alors les musiques jouant sur la claustrophobie par des motifs qui passent du calme à la tempête (Bleeding Walls, Inside The Vent). Mike se retrouve même parfois envahi par des intempéries incontrôlables, d’où des morceaux épiques assez répétitifs et assez inhabituel chez Gabriel YARED (Ship In A Painting, Back To 1408). II tente d’appeler à l’aide son ex femme Katie dont le thème, pour piano et contrepoint de cordes, représente une bouffée d’oxygène bienvenue (Katie’s Theme) ; Un motif pianissimo qui revient plusieurs fois dans la partition lors des moments de nostalgie de Mike qui voit, dans son cauchemar, réapparaître son père, sa fille. Egalement dans les passages de faux semblants (Waking Up In LA). Ce qui donne lieu à des thèmes qui mélangent la froideur électronique à la douceur du piano et des vibratos de cordes (Olin In The Minibar). Au final, Gabriel YARED signe une partition très à l’américaine, qui multiplie les atmosphères, les thèmes d’action comme de frissons ; Une musique certes très efficace mais, peut-être, trop calibrée… On aurait aimé d’avantage de personnalité pour un compositeur qui nous avait habitué à bien plus d’audace ! CHAMBRE 1408 – Bande originale du film de Mikaël HAFSTRÖM composée par Gabriel YARED - 55 :00 – Varèse sarabande
Sortie le 26 décembre EDEN LOG 
Un film de Franck VESTIEL, avec Clovis CORNILLAC et Vimala PONS. Musique Seppuku PARADIGM. LE FILM Voici un film fantastique français, c’est déjà rare ! En plus, par un univers visuel autant dépouillé que sombre, il se révèle extrêmement imaginatif malgré son petit budget ; Ne le manquez donc pas même si la période de sa sortie s’avère plus propice aux films familiaux ! D’emblée, le spectateur se trouve embarqué dans un univers aux couleurs très sombres et dans une ambiance plutôt claustrophobe. Au milieu d’un décor extrêmement épuré, apparaît un personnage désemparé, magistralement joué par un Clovis CORNILLAC méconnaissable. II s’agit de Tolbiac, un homme qui reprend connaissance au fond d’une grotte avec parfois des flashs lumineux ; Une véritable renaissance dans un monde inconnu qui rappelle notamment certaines d’images d’Alien. Le film suit son parcours, à travers un réseau abandonné dirigé par EDEN LOG, une organisation aux desseins mal identifiés. A travers sa remontée, la découverte des aspirations d’EDEN LOG, Tolbiac avance à la rencontre de lui-même, de son véritable rôle dans l’univers. Pour son premier film, Franck VESTIEL joue avec les codes des mangas et des jeux de rôles, particulièrement appréciés de la jeune génération, auquel ce film devrait plaire. II en découle un film d’horreur intensif taillé pour l’international et qui suggère beaucoup plus qu’il ne montre. Signe des temps, l’horreur ne vient ici pas forcément des monstres mais plutôt des dérives écologiques d’une humanité artificielle ; Ce qui donne également au film une valeur de réflexion. Non, vous n’êtes pas seul dans l’univers ; Entrez dans le réseau ! LA MUSIQUE La musique a été composée par Seppuku PARADIGM, un groupe formé en 2005 et dont le nom vient du célèbre auteur japonais mort par suicide Yukio MISHIMA. II est composé d’Alex CORTES aux guitares et programmations et Willie CORTES à la basse, batterie et également aux programmations. De fait, leur musique sur le film se compose le plus souvent sous la forme de bruits de guitares, de sons éparses de percussions et de batterie. Et surtout de chansons rock électriques, notamment Eden sur le générique de fin et que l’on peut écouter sur leur site myspace.com. Après une première participation sur la bande originale de SCORPION, déjà avec Clovis CORNILLAC, ces rockers confirment leur intérêt pour le cinéma ; Une musique donc pour les amateurs de rocks électriques !
Sortie le 28 novembre CE QUE MES YEUX ONT VU Un film de Laurent de BARTILLAT, avec Sylvie TESTUD et Jean-Pierre MARIELLE LE FILM C’est au cours de ses études sur l’histoire de l’art que le réalisateur Laurent de BARTILLAT a trouvé l’idée de ce film particulièrement original. II y suit le parcours de Lucie, une jeune étudiante à laquelle Sylvie TESTUD apporte beaucoup de mystère et de consistance. Lucie part de l’énigme autour de l’identité d’une femme représentée de dos dans un tableau de Watteau pour enquêter sur le mystère qui entoure les toiles du maître ; Ses recherches vont la conduire à croiser le Professeur Dussart, un homme ténébreux joué par le magistral Jean-Pierre MARIELLE et qui trouve un lien entre sa femme décédée et l’inconnue de Watteau que, lui non plus, n’est pas parvenu à démasquer. Mais aussi Vincent, muet de naissance interprété par James THIERREE, qui va bouleverser ses recherches, et la plonger au cœur d’une intrigue commencée il y a deux siècles. Passionnant, troublant, superbement interprété, voilà un film qui, en jouant avec les faux semblants, les masques des tableaux de maîtres, peut dérouter mais surtout séduire. LA MUSIQUE Remarqué pour ses excellentes partitions pour les films de Thierry KLIFA (UNE VIE A T’ATTENDRE & LE HEROS DE LA FAMILLE), David MOREAU a élaboré une partition bien plus complexe et d’autant plus étonnante. Ses musiques précédentes étaient souvent mélodiques et sensuelles. Ici, il nous propose une partition aérienne, pleine d’atmosphères et de d’étrangeté, à l’image de l’œuvre de Watteau. Mais aussi du personnage de Lucie, qui va se battre pour découvrir la vérité derrière la toile. Le mystère de la musique provient de son écriture, qui joue avec l’espace, les silences, les vibratos, le dialogue entre les notes. Mais aussi de son orchestration, dans laquelle on retrouve quelques notes de piano, qu’affectionne particulièrement le compositeur. Mais aussi des instruments moins courants et utilisés dans des registres inattendus. C’est le cas du cornet à bouquin, un instrument rare de la renaissance. De même, associées au piano et au violon, les notes minimalistes et répétitives du marimba se fondent à l’orchestre et à la toile musicale pour n’en ressortir qu’au moment où Lucie perce le secret du peintre. Particulièrement étrange et discrète, on remarque cette-- partition dans laquelle David MOREAU a cherché à ce que les thèmes entrent sur la pointe des pieds, avec des sonorités floues et insaisissables qui traduisent la voix intérieure du film. A partir d’instruments simples comme le piano et d’autres moins attendus, il explore la face cachée du maître à travers des motifs répétitifs, interrogatifs, parfois concertants et obsessionnels mais rarement mélodiques. Au final, David MOREAU signe une musique dont on n’arrive jamais à percer le secret, comme le regard du peintre ! CE QUE MES YEUX ONT VU – Un film de Laurent de BARTILLAT – Une musique de David MOREAU, disponible sur les plates-formes de téléchargement légales.
Sortie le 24 octobre DETROMPEZ VOUS Un film de Bruno DEGA et Jeanne LE GUILLOU, avec Mathilde SEIGNER, Alice TAGLIONI, François CLUZET & Roschdy ZEM 
LE FILM Carole (Alice TAGLIONI) et Lionel (François CLUZET) s’associent pour récupérer leurs partenaires respectifs (Lisa – Emmanuelle SEIGNER et Thomas – Roschdy ZEM), également amants. La première qualité de cette comédie tient à son scénario très amusant montrant l’inventivité de Carole et Lionel pour récupérer leurs moitiés. Ensuite, le jeu des comédiens : Alice TAGLIONI et Emmanuelle SEIGNER développent dans des registres différents des trésors de sensualité, de coquinerie. Alice brûle ainsi beaucoup de calories pour tenter de rallumer la flamme de Thomas qui, lui, tente désespérément de s’en échapper. Ce qui passe par les mensonges, ce que connaît Lisa qui, en ayant marre de la routine conjugale, cherche à réveiller sa féminité par une nouvelle relation. LA MUSIQUE Après LA SCIENCE DES REVES, Jean-Michel BERNARD continue dans la comédie avec une partition plutôt jazzy, construite autour de deux thèmes : Le premier, qui annonce que l’on va rire d’un propos sérieux, est porté par les guitares de Philippe HERVOUET et Jean-marie ECAY, la batterie de Thierry CHAUVET et des touches de piano par le compositeur ; Sa mélodie traverse le métrage comme un leitmotiv ; Par exemple sur la séquence de l’aéroport introduit par le piano suivi par la contrebasse, la batterie et le cor. Ainsi que dans des variations inattendues comme ce tango lorsque Carole et Lionel visitent le zoo. L’autre thème, qui swingue franchement, se retrouve développé (initialement pour le générique de fin) avec des cuivres et une rythmique de guitare, basse et piano ; II s’agit d’un morceau à la fois amusant et léger avec de la gravité en contrepoint. II contient aussi un aspect interrogatif, peut-être quant à l’avenir des couples à la fin de ce film dont une autre des qualités réside dans un montage ouvert à la musique ; Notamment lorsqu’ils cohabitent dans une même résidence en Corse, permettant au compositeur de confronter ses deux thèmes : Le premier commence pianissimo et romantique avec des cordes quand ils apparaissent côte à côte sur leurs balcons. Puis, le piano étant rejoint par la batterie, la partition devient plus rythmée. Jusqu’au plongeon dans la piscine où le deuxième thème, plus swinguant et avec d’avantage de guitares, entre. On ajoutera que, par des arrangements assez proches, les musiques originales côtoient parfaitement les thèmes préexistants, comme la chanson C’Est Si Bon. Jean-Michel BERNARD a donc composé une partition qui séduit par ses mélodies et ses orchestrations dynamiques. Jouée par d’excellents instrumentistes français, cette musique insuffle du swing aux images ! DETROMPEZ-VOUS - Musique originale du film de Bruno DEGA et Jeanne LE GUILLOU composée par Jean-Michel BERNARD – Disponible en téléchargement sur itunes Sortie le 3 octobre UN SECRET Un film de Claude MILLER d’après le roman de Philippe GRIMBERG, avec Cécide DE FRANCE, Patrick BRUEL, Ludivie SAGNIER 
LE FILM Nouveau film consacré aux drames issus de la seconde mondiale, celui-ci décrit la reconstruction intérieure de François ; Un enfant solitaire qui porte le poids d’un secret de famille jusqu’à ce qu’une amie de la famille le lui révèle à 15 ans. Plus qu’une lente révélation, dont les prémices sont contenues dès le début à travers de courts indices, le film raconte le parcours amoureux de Maxime (Patrick BRUEL) dont deux femmes marqueront sa vie : Hannah (Ludivine SAGNIER) puis Tania (Cécile DE France). Interprété par des artistes brillants, jusque dans les seconds rôles, dont Julie DEPARDIEU, le film de Claude MILLER représente également l’introspection de la France des années 1930 à nos jours. A travers le destin de Tania et de la natation et de Maxime avec la boxe, le cinéaste porte son regard sur les conditions de vie, et notamment sportives, d’avant-guerre, bien différentes d’aujourd’hui. A travers une mise en scène luxuriante et qui accorde une place prépondérante à beauté de la nature et des corps, Claude MILLER filme des romances et des tragédies qui s’entrelacent ; Un excellent film qu’on regrette un peu trop prévisible dans sa deuxième partie. LA MUSIQUE Compositeur fétiche de Krzysztof KIESLOWSKI (TROIS COULEURS : BLEU, BLANC, ROUGE), c’est la première fois que Zbigniew PREISNER collabore avec le réalisateur Claude MILLER ; Ce dernier ayant surtout collaboré par le passé avec Alain JOMY. Pour accompagner la découverte de ce secret de famille, le compositeur a écrit des thèmes fins et délicats, avec beaucoup de piano et un violon qui apporte une couleur juive adaptée. A noter dès le générique qu’il développe son thème de façon dansante. Un piano qui intervient le plus souvent de manière douloureuse mais aussi mélancolique pour évoquer les moments maternels, et plus gracieux quand il est associé à des cordes sur une séquence de mariage. Les instruments synthétiques sont privilégiés sur les séquences les plus dramatiques où ils remplacent alors les dialogues, notamment dans celles se déroulant dans le Lot. IIs interviennent aussi sur le jeune Julien perturbé avec un thème sourd, qui privilégie les notes froides comme autant d’échos à ses blessures. Tandis que le piano revient lorsque Maxime semble s’en rapprocher, par exemple lorsqu’il ramasse sa peluche. On notera qu’une chanson à une place prépondérante dans le film. II s’agit de Tout Ca C’Est Pour Nous de Charles TRENET, un titre joyeux et enjoué qui sonne un écho à la gravité de la période de la guerre et aux amours tumultueux de Maxime. Au final, Zbigniew PREISNER signe donc une partition souterraine, profonde qui participe discrètement à la révélation du secret.
Sortie le 26 septembre 99 FRANCS Un film de Jan KOUNEN d’après le roman de Frédéric BEIGBEDER, avec Jean DUJARDIN, Jocelyn QUIVRIN, Vahina GIOCANTE & Elisa TOVATI Musique Jean-Jacques HERTZ et François ROY
LE FILM Rédacteur publicitaire imbécile et arrogant, Octave (Jean DUJARDIN) se croit le maître du monde. Jusqu’au jour où il se rebiffe contre le système qui l’a crée. Le film de Jan KOUNEN s’intéresse d’abord à un type qui tente de s’évader d’une société dictée par la consommation et les délires hallucinogènes. Puis, nous remontons le temps pour voir les origines du mal, de la réunion chez Madone à la destruction organisée du système qui l’a rendu célèbre. Au delà du personnage auquel Jean DUJARDIN apporte tout son humour et sa folie méchante (qui rappelle BRICE DE NICE), le film constitue une chronique assez déjantée, le rétroviseur des années 90, d’un mode de vie sous l’emprise des drogues, de la cocaïne aux ecstasys. En doublure exagérée mais cohérente de Fédéric BEIGBEDER, Octave démonte sous nos yeux, et avec ses assistant parmi lesquels Charlie joué par l’excellent Jocelyn QUIVRIN, les rouages d’un univers publicitaire omniprésent pour mieux le détruire ensuite. 99 FRANCS est au final autant un film d’humour corrosif qu’une réflexion sur une époque pas complètement révolue. LA MUSIQUE Jean-Jacques HERTZ et François ROY connaissent bien le réalisateur Jan KOUNEN pour avoir notamment composé la musique de BLUEBERRY, son précédent film. On notera un univers musical original autour d’Octave. Le thème principal intervient dès l’ouverture, sur des images réalisées à la manière de Ridley SCOTT ; Une musique synthétique, bruyante et violente qui convient à l’état dans lequel se trouve Octave, alors au bord du gouffre. Les deux compositeurs ont eu la bonne l’idée d’inclure des voix indiennes, qui reviennent sur le générique de fin et donnent un aspect surréaliste à la séquence. Pour les séquences se déroulant dans l’agence publicitaire, on trouve une musique électronique assez moderne. Autre ambiance musicale bien sentie, celle assez lourde, façon armée romaine, quand Octave se jette dans l’arène de la réunion avec les dirigeants de la société Madone ; Une musique qui fait parfois penser à Hans ZIMMER. Mais aussi à Ennio MORRICONE, dans la couleur des guitares du thème Duler Est Un Gros Con ! On trouve aussi un thème pour piano, synthétiseur et violon en contrepoint quand Octave se trouve dans le jardin d’un l’hôpital. Puis il y a les musiques préexistantes, souvent incontournables : Dès le générique, apparaît l’excellent Mambo Craze de De-Phazz ; Le thème de IN THE MOOD FOR LOVE sur le souvenir d’un repas en amoureux ; La Valse n° 2 de Dimitri Shostakovich sur une séquence publicitaire ; Les valses de Johann STRAUSS lorsque les personnages se trouvent sous l’emprise des ecstasys. Enfin, sur l’aventure romantique d’Octave et de Sophie, on reconnaît la musique des spots DIM, composée par Lalo SCHIFRIN à l’origine pour le film LE RENARD. Même peu présente, la musique originale arrive à se faire une place entre les thèmes originaux. Principalement synthétique, on a la surprise d’entendre également du violon, du doudouk et aussi des voix indiennes. Sortie le 22 aout TROIS AMIS 
Un film de Michel BOUJENAH, avec Mathilde SEIGNER, Pascal ELBE, Kad MERAD & Philippe NOIRET Musique d'Olivier SCHULTHEIS LE FILM Quand Baptiste (Kad MERAD) se marie sans les prévenir, ses inséparables amis César (Pascal ELBE) & Claire (Mathilde SEIGNER) sont consternés. Mais, lorsqu’il divorce et déprime, ses camarades sauront s'occuper de lui, peut être même au delà des limites du raisonnable. Après PERE ET FILS, Michel BOUJENAH et Pascal ELBE récidivent avec ce film qui traite de l'amitié. Brillamment écrit, intelligemment drôle, bien interprété avec des seconds rôles succulents pour Yves RENIER et, un dernier tour de piste, Philippe NOIRET, on s'attache vite à ces amis presque rêvés tant ils sont généreux. LA MUSIQUE Pour appuyer la fougue des trois amis, Olivier SCHULTHEIS promène, dès le générique début, un thème principal mélodique présenté d’abord sous la forme d’une fanfare ; Un motif décalé qui permet d’appuyer le farfelu de leurs travers, disputes, séparations et retrouvailles. Loin de s’en contenter, il profite de leurs fêlures pour introduire des variations plus intimistes pour piano et, parfois, un contrepoint de violon (Solitude de baptiste, Quête de ses origines pour Claire). Mais aussi des thèmes plus aériens (Stéphanie quitte Baptiste). Avant de conclure sur une chanson également italienne dans le style. Connu pour être le directeur musical de l’émission NOUVELLE STAR et collaborateur d’Eric SERRA (ARTHUR ET LES MINIMOYS), Olivier SCHULTHEIS joue du burlesque du scénario pour y porter un regard attentionné et Rotaesque ! Sortie le 25 juillet LA NUIT DES TOURNESOLS 
Un film de Jorge SANCHEZ-CABEZUDO, avec Carmelo GOMEZ, Judith Diakhate, Celso BUGALLO Musique de Krishna LEVY
LE FILM La soif de vengeance d'Esteban s'abat alors sur le premier homme qu'il rencontrera sur son chemin. Thriller autant que drame psychologique, ce film au scénario très solide tient en haleine jusqu'à la dernière minute. Dans la chaleur d'une bourgade perdue des Pyrénées espagnoles, les cicatrices de l'agression de Gabi se répercuteront sur son mari, ses amis. Mais aussi un père et son fils policiers ainsi que des innocents; Un excellent polar à découvrir à l'ombre des tournesols ! LA MUSIQUE Privilégiant le violoncelle et les bois, notamment le hautbois, la musique apporte une ambiance pesante, annonciatrice des douleurs, des complots. Dès le générique, un thème légèrement mélodique appuie les moments de solitude, de doute, de souffrance des personnages; Un thème dont le compositeur multiplie les développements et les variations avec toujours le violoncelle, parfois le piano et la harpe. Dans les séquences les plus graves, la partition apparaît dérangeante et répétitive, rappelant certaines partitions de Bernard HERRMANN pour les films d'Alfred HITCHCOCK. Krishna LEVY signe donc une musique convaincante, lente et profonde qui joue habilement des silences et de l'immensité des paysages de la campagne espagnole. Sortie le 27 juin THE LOOKOUT Un film de Scott FRANCK, avec Joseph GORDON-LEVITT, Jeff DANIELS, Matthew GOODE & Carlo GUGINO. Musique James NEWTON-HOWARD. LE FILM Chris PRATT mordait la vie à pleines dents. Jusqu'à ce jour où, diminué des suites d'un stupide accident de voiture, il doit réapprendre à exister. Vulnérable, il se lie d'amitié et se fait piéger par Gary, un ancien camarade d'école. Mais Chris, avec l'aide de son colocataire aveugle Lewis, saura réagir ! Thriller haletant autant que réflexion sociale, le film séduit d'abord par son introspection des personnages, jusqu'aux plus secondaires, comme ce flic qui apporte des donuts à Chris et le fou sanguinaire Bone joué par Greg DUNHAM, une vraie gueule ! Le film interpelle aussi par une mise en scène qui alterne les séquences chocs (l'accident, le cambriolage) et les scènes intimistes dans des décors d'appartements (Chris & Lewis) ou de campagne (Chris & Luvlee). Laissez-vous porter par cette histoire qui rappelle, dans ses décors et la folie de certains personnages les films des frères Coen. Et n'oubliez jamais que celui qui détient l'argent détient le pouvoir ! LA MUSIQUE Comme le film, la musique démarre brutalement, sur les instants précédant l'accident; Le compositeur répondant par une rythmique obsédante et rock. Puis, la musique part dans le céleste avec une pulsation pianissimo et des chœurs. Pour évoquer le quotidien du jeune rescapé, le compositeur a choisi des accords de guitare acoustique, qui prend parfois des accents country. Le piano et les cordes renvoient d'abord à la nostalgie des années de bonheur en famille ou dans le sport, ainsi qu'aux illusions amoureuses. Il réserve les sonorités synthétiques et électriques à la partie froide du scénario, quand Chris se trouve dans l'obscurité de son appartement. Puis, surtout, lorsque se développe le complot organisé par l'obscure Gary. Construite autour des sensations de Chris, la partition, de facture honorable, surprend par son évolution dans les vibratos, alternant les moments intimistes et ceux plus intenses. Musique originale disponible en téléchargement sur itunes.
Déjà sortis LES OUBLIEES DE JUAREZ (BORDERTOWN) Un film de Gregory NAVA, avec Jennifer LOPEZ, Antonio BANDERAS Musique de Graeme REVELL LE FILM Le scénario retrace l'enquête sur des meurtres aux abords d'usines de Juarez, entre les frontières américaines et mexicaines. Basé sur des faits réels peu connus, le film interpelle d'abord par des scènes éprouvantes. Le spectateur, touché par la détresse d'Eva, échappée miraculeuse d'une tentative de meurtre, embarque dans sa quête de justice deux journalistes interprétés par des acteurs charismatiques. Un film solide, parfois troublant dont on regrette le final efficace mais trop proche d'un film d'action classique pour être plausible. LA MUSIQUE Par l'emploi de solos tantôt de piano, tantôt de guitare, mais aussi de violoncelle, Graeme REVELL évoque autant l'ambiance torride et malsaine de la ville de Juarez que la solitude de la femme meurtrie dans le désert. Il s'agit donc d'une partition très proche des femmes du film, Eva comme Lauren la journaliste interprétée par Jennifer LOPEZ. Des femmes qui se retrouvent dans leurs souffrances, ce qu'illustre parfaitement une musique latine pour piano, percussions avec également des interventions de la chanteuse mexicaine Lila Downs.
LOVE (ET SES PETITES DESASTRES)  Un film d'Alek KESHISHIAN, avec Brittany MURPHY, Matthew RHYS Musique d'Alexandre AZARIA LE FILM Grande entremetteuse pour ses amis, notamment Peter son colocataire homosexuel, Jacks oublie de penser à son propre grand amour. Réalisé par celui à qui l'on doit IN BED WITH MADONNA, cette comédie, qui baigne dans une ambiance très british, remue l'ambiance bon enfant de la plupart des films romantiques. Jouant sur l'excentricité des personnages, leur sexualité, en passant par une caricature de l'univers de la mode, le scénario bouscule à coups de quipropos les règles des films sentimentaux... Jusqu'à parodier le genre ! LA MUSIQUE Egalement réalisateur de clips, Alek KESHISHIAN sait l'importance que revêt la musique au cinéma. En dehors des incontournables chansons qui jalonnent le film sans l'inonder, on trouve une partition originale d'Alexandre AZARIA dont le réalisateur voulait qu'elle s'inspire de la partition de Nino ROTA pour HUIT ET DEMI. D'où la présence d'une fanfare à l'italienne rythmée par les cuivres et les percussions mais aussi de précipités à la manière de l'illustre compositeur. Ce qui n'empêche pas la présence d'un thème romantique orchestral et de circonstance, thème que l'on retrouve plusieurs fois dans des déclinaisons jazzy. Alexandre AZARIA part de ses mélodies habillées habilement de violon, saxophone et même d'accordéon à la manière de Nino ROTA et d'Henri MANCINI, pour aboutir à une partition nostalgique et romantique ! Cette page a été modifiée pour la dernière fois le mardi, avril 21, 2009 Un publicitaire de 42 ans, Antoine (Albert DUPONTEL – Formidable), renverse subitement sa vie. On trouve dans ce nouveau film de Jean BECKER les sujets qui ont toujours parsemé ses films, à savoir un mélange de beauté et de gravité au service d’une histoire totalement bouleversante. Pourtant, le film commence par dérouter tant le comportement d’Antoine Soulève l’incompréhension. En même temps, le jeu des acteurs, Albert DUPONTEL mais aussi Marie-Josée CROZE dans celui de sa femme désarçonnée, époustoufle. II en va de même pour la brillante distribution de ses amis, de François MARTHOURET à Cristiana REALI, lors de la scène quasi théâtrale du dîner. En raconteur d’histoires simples, qui touchent à la nature et à l’humanité, le cinéaste suit un cheminement totalement maîtrisé qui ne dévoile ses intentions que dans son dénouement. C’est à ce moment que le film nous emporte et ce à effet rétroactif. Jean BECKER en va de même pour l’approche musicale et n’explique son choix des compositeurs que dans les toutes dernières minutes et sur le générique. En empruntant une fort appropriée chanson de Serge REGGIANI, dont on taira le nom pour ne pas dévoiler le scénario, il choisit de fait ses compositeurs, en l’occurrence Alain et Patrick GORAGUER. Ceux-ci lui répondent par une partition qui découle en grande partie de la chanson, jusqu’à en reprendre parfois des mesures. La musique apparaît d’abord dans les explications entre Antoine et sa femme ; Des tentatives vaines soulignées par une musique particulièrement grave, profonde et rythmée par les cordes. II s’agit aussi d’une musique qui agit comme un contrepoint aux phrases abruptes lancées par Antoine. En même temps, on décèle une certaine nostalgie et de la douceur dans les cordes, comme si cela ne correspondait qu’à une mise en scène. Les compositeurs rajoutent aux cordes le piano et en même temps un soupçon de mélancolie lorsque Antoine regarde ses enfants jouer dans le jardin ; Egalement quand il appelle sa femme. En partant retrouver son père en Irlande, Antoine et la musique respirent à travers des thèmes utilisant de la guitare, des flûtes. Dans la dernière partie, la partition revient sur son aspect grave et privilégie les cordes sur des scènes intimistes et brûlantes. On notera aussi la présence d’un solo de violon en liaison avec le père retrouvé. C’est un très grand plaisir de retrouver Alain GORAGUER, qui fut un des collaborateurs de Serge GAINSBOURG, sur une musique de films ; Cela faisait plus de 10 ans qu’il n’en avait pas composée. II nous propose ici une partition qui agit en boucle avec le comportement d’Antoine et la chanson de Serge REGGIANI qui en représente la source. | |
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