CINESERENADE.COM webzine

Un nouveau regard sur la musique pour l'image !
ACCUEIL CINESERENADE
RENCONTRES
FESTIVALS !
REALISATEURS
BRUNO COULAIS
J.M. BERNARD ET M. GONDRY
LYRIQUE
CHRONIQUES
CHANSON
CENTENAIRE
TELEVISION
PHILIPPE SARDE SE CONFIE
CONCERTS & SPECTACLES
JM RIBES & R WAGNER
MOVIESONIC - JP AUDIN & J BADINI
REPORTAGES CONCERTS
MARCO POLO
CALIGULA
MUSICALS
ACTUALITES
Plan du site
Contactez-nous

Musique et Danse

MARCO POLO                                             

Marie-Claude PIETRAGALLA  Julien DEROUAULT                          

et Armand AMAR                                                  

 

 

Une odyssée pleine de découvertes et de sensations pour un théâtre des corps sur des musiques métissées d’Armand ARMAND, des CHEMICAL BROTHERS et de CHRISTOPHE !

 

Après une présentation lors des jeux olympiques à Pékin, le spectacle chorégraphié et mis en scène par Marie-Claude PIETRAGALLA et Julien DEROUAULT passe par Paris ! Un voyage qui se situe entre univers traditionnel et contemporain, porté par des magnifiques décors animés en forme de manga jamais envahissant (animations réalisées par Christophe RENDU et Marie DECAVEL du studio Chrysoïd créé en 2007 à l’occasion de ce projet).

Marie-Claude PIETRAGALLA, Julien DEROUAULT et les danseurs du Théâtre du Corps (PIETRAGALLA compagnie) nous embarquent pour un parcours poétique librement inspiré du Livre Des Merveilles de Marco POLO ; une quête d’identité et d’amour universel, qui suit le périple de Marco POLO  le long de la route de la soie et évoque cette fascination qu’il a eue pour l’Asie. Pour la partition, ils ont de nouveau choisi Armand AMAR, dont certaines de ses musiques avaient précédemment illustré leur spectacle SOUVIENS-TOI ; Armand AMAR qui a depuis longtemps l’expérience de la composition de musiques pour la danse, notamment pour Carolyn CARLSON (INANNA en 2006). Fidèle à ses habitudes, que l ‘on a principalement découvert sur des musiques de films, comme celles pour Costa GAVRAS, Armand AMAR a créé une musique qui lui ressemble ; c’est à dire une véritable rencontre entre des sonorités d’influences diverses pour une communion harmonique de l’humanité et des éléments que traverse Marco POLO à travers les 4 actes. Il s’agit aussi du baptême entre des voix et des textes spirituels de John BOSWELL, qui avait déjà inspiré Armand AMAR sur la musique du film LE PREMIER CRI (A New Born Child par Sinead O’CONNOR).

Le spectacle s’ouvre sur les images futuristes d’un homme qui tente de s’échapper du présent pour partir sur les traces des terres qu’il a autrefois découvertes : cet homme, c’est Marco POLO incarné par le formidable Julien DEROUAULT ; un danseur qui vient du Ballet National de Marseille (qu’avait un temps dirigé Marie-Claude PIETRAGALLA) et qui est quasi omniprésent pendant toute la durée du spectacle. Il s’agit d’autant plus d’un exploit qu’il multiplie les chorégraphies dans un ballet tour à tour spirituel, animal, robotique et humain. Armand AMAR introduit une musique aérienne sur laquelle vient se poser la voix de la soprano Adèle CARLIER. Elle enchaîne un aria empli de douleur et de spiritualité qui représente le thème de la dame blanche, un personnage fictif interprété par la sculpturale danseuse étoile Marie-Claude PIETRAGALLA ; une sorte de déesse échappée d’une légende, qui gravite autour de Marco POLO et de ses compagnons de route, prête à les protéger ; le voyage peut commencer...

Des Chorégraphies Qui Fond Des Vagues Dans Le Monde De L’Eau Et Du Bois

Le premier acte débute de manière rythmique avec une musique faite de pulsations, représentant les vagues, et de voix lointaines. On entre dans le moyen orient par une superbe composition inspirée de la musique Nanguan. On remarque en particulier la présence de Shin Shin WANG au pipa, un instrument à cordes pincées chinois, proche du luth occidental et du oud oriental, pour une musique qui accompagne le premier duo de Marco POLO et de la dame blanche. La suite de l’acte évoque d’abord le passage de Marco POLO dans la cité sous-marine de l’Atlantide sur une musique orchestrale ; une superbe chorégraphie chorale où l’on prend plaisir à suivre les mouvements chaloupés des danseurs baignant dans le bleu de l’océan. On apprécie également l’originalité des costumes qui font penser à des algues. On retrouve Marco POLO en plein effort dans un tableau évoquant la force des esclaves faisant avancer un bateau sur une musique obsessionnelle et oppressante ; un acte magique, envoûtant et délicieusement aquatique !

 

Marco POLO Face Aux Soldats De L’Eternité Dans Le Monde De La terre

 

Marco POLO débarque sur une terre inconnue, en fait la Chine, sous une musique profonde et vibrante dans un décor animé d’éclipse solaire. Dans ce deuxième acte haut en couleurs, on suit son périple sur la route de la soie, les chorégraphes et la troupe de danseurs multiplient les univers et les sensations pour un dépaysement total ! Côté musique, Marco POLO entend de mystérieux chants interprétés par l’excellente voix iranienne renversante de Salar AGHILI ; une des grandes découvertes sonores de ce spectacle ! Les corps des danseurs se lèvent doucement sous une musique presque ethnique qui évoque les esprits primitifs qui entourent le voyageur et l’accueillent. On retrouve de nouveau une musique profonde et triste, avec la voix de Salar AGHILI pour le retour de la protectrice Dame Blanche. On notera un tableau purement féminin avec des femmes voilées sous une musique arabisante. Puis un duo entre la Dame Blanche et Marco POLO, marqué par la présence d’un violon qui joue de manière légèrement country et la voix du chanteur mongol Enkhajargal DANDARVAANCHIG ; une autre bonne surprise vocale ! La musique apparaît ensuite plus lourde, plus massive et marque l’entrée à l’écran des impressionnants soldats de l’éternité, accompagnés sur scène de la troupe habillée d’armures pour une impressionnante chorégraphie de combats asiatiques ; un acte d’une grande force symbolique chorégraphié mettant en scène des combats martiaux qui portent en eux toute l’histoire du peuple chinois !

 

De La Violence Du Feu A La Modernité Du Monde De L’Air

 

Dans la deuxième partie du spectacle, Marco POLO s’extirpe d’un passé marqué par la tradition à un monde futuriste empli de violence et de haine. La tradition passe, comme toujours, à travers les mouvements classiques de la Dame Blanche, accompagnée par une voix chinoise et des musiques mélancoliques d’Armand AMAR. L’évocation des mondes urbains, leurs incertitudes et leurs altercations sont montrés à travers des chorégraphies particulièrement dynamiques où se multiplient les assauts à la façon de danses hip hop ; une façon pour les chorégraphes d’illustrer la plongée de Marco POLO dans une cité urbaine dominée par le feu et la violence tout en mettant en avant le métissage culturel de leurs artistes issus d’univers aussi différents que la danse classique et le hip hop des banlieues parisiennes. Dans un décor de jungle urbaine et des éclairages qui réservent une place de choix aux couleurs chaudes, on assiste donc à un tableau où chacun des 20 excellents danseurs participe à l’embrasement de la mégapole. Par la suite, le voyageur se trouve transporté dans une cité moderne qui étouffe. Ce que montre subtilement un tableau où les danseurs portent tous des masques à oxygène. La partie animée atteint une nouvelle dimension avec une section consacrée à la construction d’humanoïdes qui s’animent ensuite sur scène pour une chorégraphie aussi métallisée qu’éclairée. Cette partie du spectacle est largement illustrée par des musiques principalement techno et dance des CHEMICAL BROTHERS, un duo de musique électronique anglais composé de Tom ROWLANDS et d'Ed SIMONS, ainsi que des thèmes du compositeur (et chanteur) français CHRISTOPHE. La musique d’Armand AMAR réapparaît néanmoins sur d’élégantes plages pianissimo et pleine de souffle qui accompagnent la tombée du crépuscule sur la mégapole. Puis dans l’épilogue, à la chorégraphie très classique et empli de majesté. On y voit d’abord la Dame Blanche qui danse seule. Puis est rejointe par Marco POLO pour un final plein de grâce, de volupté et de sensualité, dans la grande tradition des ballets de l’école classique. Marco POLO achève alors son voyage dans une révélation pleine d’humanité.

 

Il faut se laisser porter par l’imagination qui se dégage de cette élégie dédiée à Marco POLO. Dans sa première partie, l’évocation reste traditionnelle avec les dimensions aquatique et orientale ; Ce qui permet à Armand AMAR de déployer des musiques pleines de mystère dans les voix, de couleurs dans les vibratos. Pour les chorégraphies, on reste admiratif devant l’excellence de Julien DEROUAULT, souvent seul mais aussi régulièrement accompagné par les autres danseurs qui s’agitent sur des danses variées qui empruntent parfois aux arts martiaux. Bien sûr, nos yeux s’éblouissent à chaque traversée de la danseuse étoile, particulièrement à l’aise dans des parties classiques qui atteignent un sommet d'émotion dans le tableau final sous des flocons de neige. La deuxième partie se veut plus actuelle, plus futuriste aussi. D’où des musiques à la limite de la dance et de la techno, et des chorégraphies, qui empruntent autant aux arts contemporains qu’au hip-hop. Les créateurs du spectacle ont recherché à marier dans une même pièce l’orient et l’occident pour un mélange de la danse contemporaine, des arts martiaux et du hip hop ; Un véritable métissage des cultures pour un spectacle renversant de rythmes et de sensations. Egalement une mixité des musiques à travers la réunion des thèmes emplis de vie d’Armand AMAR et des sonorités électroniques des CHEMICAL BROTHERS et de CHRISTOPHE. En confrontant le passé au futur, la légende de Marco POLO aux énigmes de notre temps, ils nous emmènent sur les traces de ses origines. Mais aussi des nôtres en provoquant notre regard de spectateur, à la fois sur le quotidien des cités modernes et les légendes autour de l’Atlantide comme de la Chine impériale ; Il est encore temps d’embarquer avec Marie-Claude PIETRAGALLA, Julien DEROUAULT et leur théâtre du corps pour une odyssée pleine de découvertes !

 

MARCO POLO – un spectacle chorégraphié et mis en scène par Marie-Claude PIETRAGALLA et Julien DEROUAULT – A Paris au Palais des Congrès jusqu’au 15 mars 2009 – Bande originale composée par Armand AMAR et disponible sur le lieu du spectacle (Naïve).

 
Cette page a été modifiée pour la dernière fois le lundi, 09 mars 2009