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LE CINEMA DE GEORGES DELERUE : Le Coffret aux merveilles d’un génie de la musique ! 
Après de somptueux coffrets Michel LEGRAND puis Serge GAINSBOURG, Stéphane LEROUGE nous propose une immersion dans le cinéma de Georges DELERUE. En près de 7 heures de musiques, défilent 30 années de collaborations pour le cinéma français, européen et américain puisque Georges DELERUE a énormément composé de l’autre côté de l’Atlantique. Privilégiant les raretés et les musiques jamais compilées, l’objet séduit immédiatement et multiplie les effets de découvertes. Le concepteur du coffret a eu en effet l’heureuse idée d’écarter d’emblée les musiques les plus connues du compositeur, par ailleurs déjà présentes sur d’autres cds de la même collection : ne sont donc pas présentes les musiques mythiques des films de Francois TRUFFAUT (TIREZ SUR LE PIANISTE…), Philippe de BROCA (L’HOMME DE RIO), Jean-Luc GODARD (LE MEPRIS), Henri VERNEUIL (100 000 DOLLARS AU SOLEIL), Gérard OURY (LE CORNIAUD…) et bien d’autres. C’est Ken RUSSELL, réalisateur mythique qui a travaillé avec Georges DELERUE sur WOMEN IN LOVE / LOVE en 1967 puis lui a consacré un documentaire, qui introduit le livret : il compare le compositeur à dieu, le seul capable, avec Georges DELERUE, de faire des miracles ! Bel hommage à la générosité et au talent d’un compositeur qui savait tirer l’essence des scénarios et des personnages pour les magnifier à travers ses notes ; des partitions qui empruntent au meilleur de l’humanité, avec des sonorités souvent issues de la tradition française, pour amener un supplément d’âme, de tendresse. 30 Années A Ecrire Les Partitions Du Cinéma International !
Des années 1960 à l’aube des années 1990, les musiques Georges DELERUE ont résonné dans les salles de cinéma ; son art de la mélodie, sa culture de l’orchestre et des sentiments ont séduit une multitude de cinéastes et d’amoureux de la musique..
Les quatre premiers disques s’intéressent à ses musiques pour des longs métrages. D’abord les années 1960 avec les musiques de cinéastes français comme Claude de GIVRAY (L’AMOUR A LA CHAINE) et européens comme Bernardo BERTOLUCCI qui relate dans le livret leur collaboration sur LE CONFORMISTE en 1970. Mais aussi déjà des réalisateurs américains comme John HUSTON (la musique profonde et romanesque de PROMENADE AVEC L’AMOUR ET LA MORT- 1969). Sur cette première galette, notre coup de cœur va au Main Title délicatement mélodique et plein de douceur dans les flûtes de CHAQUE SOIR A NEUF HEURES de Jack CLAYTON (1967). Le deuxième disque s’arrête sur les années 1970 et le début des années 1980. On trouve là encore des musiques de cinéastes prestigieux qu’on a plaisir à (re)découvrir : la composition riche, au souffle historique et majestueux inspiré de Romain GARY adapté par Jules DASSIN dans LA PROMESSE DE L’AUBE (1971). On croise des motifs valsant, comme le Main Title de RICHARD’S THINGS d’Anthony HARVEY (1980). Dans le troisième disque, on apprécie des musiques de films français des années 1980 JOSEPHA et FEMMES DE PERSONNE de Christopher FRANK ; GARDE A VUE de Claude MILLER qui raconte leur collaboration dans le livret (1981), la marche enjouée pour LES MORFALOUS d’Henri VERNEUIL (1984). II y a certaines raretés comme le thème de VA VOIR MAMAN PAPA TRAVAILLE de François LETERRIER (1978). Ou le final lumineux dans les cordes et les flûtes avec un brin de lyrisme de PREMIER VOYAGE de Nadine TRINTIGNANT (1979). Puis des musiques de films américains dont celle, superbe et symphonique avec du banjo, du MYSTERE SILKWOOD de Mike NICHOLS (1983) ; également celle gracieuse malgré une qualité sonore moyenne du RETOUR DE L’ETALON NOIR de Robert DALVA (1983). Le quatrième disque reste probablement le plus intéressant pour les collectionneurs puisqu’il contient des musiques inédites : une séance de travail sur VIVA MARIA de Louis MALLE d’abord, puis une version alternative et baroque d’UN HOMME POUR L’ETERNITE de Fred ZINNEMANN (1967). Ou encore une surprenante Bossa Pour Monsieur Hulot, jouée par un ensemble jazz et violon solo, destinée au PLAY TIME de Jacques TATI. Mais aussi une Ballade Pour Guitare pour LA PETITE SIRENE de Roger ANDRIEUX ; un thème dont l’immense pureté décrit superbement la fragilité de l’adolescence tout en faisant ressortir celle du compositeur. Pour finir, on peut entendre la musique inédite de LA FOIRE DES TENEBRES de Jack CLAYTON ; une partition ambitieuse et inhabituelle, à l’ambiance lancinante, froide et sombre : les grincements par-dessus les cordes, les percussions sur un rythme de bossa, les chœurs aériens associés à des harmonies vertigineuses ; Tous ces éléments, et malgré l’émotion et l’élan de Georges DELERUE dans sa valse finale, ont probablement déstabilisé la production qui a préféré changer de compositeur et a choisi James HORNER. Suivent d’autres classiques des années 1980 comme l’Hymne à la Liberté de LA REVOLUTION FRANCAISE de Robert ENRICO. Le grand moment de ce disque reste le Concerto De L’Adieu composé pour DIEN BIEN PHU (1992) ; une partition qui gronde dans les percussions, frémit dans les cordes et dégage amour et mélancolie dans les solos de violon qui renvoient au personnage principal, dont le cœur balance entre la France et l’Indochine. Dans le livret, le réalisateur Pierre SCHOENDOERFFER raconte son unique collaboration avec Georges DELERUE et comment il s’est plié à sa musique ; une des dernières du compositeur qui s’est envolé peu de temps après la sortie du film. On découvre ensuite d’autres extraits de bandes originales de films américains : POTINS DE FEMMES d’Herbert ROSS avec une musique pleine de cœur dans la tradition française ; Egalement des thèmes surprenants comme le tango pour bandonéon et douces percussions d’ETAT DE FORCE de Bruno BARETTO (1990). Parmi les musiques de films américains, on relèvera BLACK ROBE ; Une partition teintée dont le souffle des cordes, des flûtes et la splendeur vocale décrit de manière subtile l’hostilité des nouveaux mondes canadiens pour un religieux français. Le réalisateur Bruce BERESFORD parle joliment dans le livret de sa découverte des musiques de comédies du réalisateur et de leur relation artistique sur 5 films dont MISTER JOHNSON et son adagio pour violon. Des Curiosités, Des Raretés et Des Classiques Pour Des Courts Métrages Et La Télévision ! A travers cette anthologie, on se rend compte que Georges DELERUE a été un précurseur dans les musiques de séries télévisées et d’indicatifs d’émissions ; des musiques souvent classiques et parfois novatrices, innatendues.
Le cinquième disque se révèle particulièrement intéressant parce qu’il regroupe des musiques de courts métrages, souvent rarissimes et principalement des années 1960. Parmi ces merveilles de musiques de styles divers, on relèvera que certains films sont signés par des cinéastes prestigieux comme Agnès VARDA (L’OPERA MOUFFE - 1958) qui nous rappelle dans le livret qu’elle a entretenu des rapports chaleureux, rares et discrets avec Georges DELERUE. Parmi ces courtes musiques, se présentent des thèmes valsant dans la grande tradition du compositeur (LES TABLEAUX DE LA RUE, PARIS AU TEMPS DES CERISES). Mais aussi des motifs d’inspiration jazzy qui jouent sur les sonorités du piano, de la batterie et de la flûte pour baigner dans une atmosphère urbaine (LES GUEPES– 1961), étrange (LA NATURALISEE) ou nostalgique (AU VERRE DE L’AMITIE) ; une fanfare lyrique, majeure et obsessionnelle pour LE MIRACLE DES AILES (1961). Plus étonnant se cachent des thèmes joyeux et chantant pour évoquer l’aventure autant que la fanfaronnade (LE PRINCE DE LIGNE) ; des airs pour ténor (APPARENCES). Nos préférences vont à 3 morceaux : la grandiose ouverture à l’américaine de ROUTES SANS SILLAGE ; Une partition qui évoque à travers les mouvements symphoniques, les voluptés de harpe et la sonnée des trompettes les grands espaces. Puis le thème du VIOLON DE CREMONE, qui commence de manière étonnante au xylophone puis se développe dans la mélancolie des cordes et enfin celui, très poignant, de BORN WITHOUT PREJUDICE réalisé par Jerry LEWIS (1990). Dans sa dernière partie, le disque contient des indicatifs de télévision avec des classiques comme les génériques célèbre de RADIOSCOPIE et moins connu d’INFORUM de Jacques CHANCEL, des variations autour du thème de POINT D’INTERROGATION de Pierre WIEHN. Mais aussi de réjouissantes surprises : la valse universelle et chorale pour la mondovision (OUR WORLD), des propositions en forme de musique concrète pour GAUMONT, des appels suivi de thème pianissimo qui donnent envie de s’évader sur AIR France. Ces musiques de courts métrages représentent autant d’instantanés d’un compositeur qui se recherchait alors dans son rapport à l’image. Il en résulte des musiques étonnantes, très cinématographiques de par leur rythme mais aussi généreuses et typiques du compositeur puisqu’on y retrouve sa touche française. Le sixième et dernier disque propose un florilège de musiques écrites pour la télévision. On passe là encore en revue de grands classiques comme THIBAUD OU LES CROISADES d’Henri COLPI et Joseph DRIMAL (1968), LES ROIS MAUDITS de Claude BARMA (1972) et LA CLOCHE TIBETAINE de Michel WYN et Serge FRIEDMAN (1975). Mais ce sont surtout les musiques plus rares, qui attirent l’attention ; Des thèmes où Georges DELERUE nous plonge par ses mélodies dans la France profonde, la simplicité des gens comme dans l’air de Fanny (ADIEU MES 15 ANS de Claude GIVRAY – 1971) ou le générique de L’EDUCATION SENTIMENTALE (Marcel CRAVENNE – 1972). II s’agit souvent de musiques sentimentales, aériennes et pleines de sensualité qui mettent en avant des instruments comme la flûte et la harpe dans LA-HAUT LES QUATRE SAISONS de Guy LESSERTISSEUR (1973). Quelques musiques surprennent par leur lyrisme dans les cuivres, les voix et la douleur dans les cordes, le carillon de l’église, comme la suite de LANCELOT DU LAC de Claude SANTELLI (1970). D’autres par leur souffle épique et passionné digne des grandes sagas mais qui ne néglige pas l’intimité de certains instruments comme l’harmonica (FORTUNE de d’Henri COLPI). Certaines encore par la profonde mélancolie que dégagent les cordes notamment les violons et les harpes dans SPLENDEURS ET MISERES DES COURTISANES de Maurice CAZENEUVE (1975). On remarque aussi des musiques aériennes avec de petites mélodies là encore bien françaises avec de l’accordéon comme dans le thème de MAUREGARD de Claude de GIVRAY (1969). Puis il y a quelques curiosités comme la partition étrange et lente des VISITEURS de Michel WYN (1980), une suite qui balance entre la tradition pianissimo du cinéma muet et la modernité de l’écriture symphonique de Georges DELERUE ; La superbe suite Edgar POE, mélodique, guillerette avec un brin de piano bastringue, pour les téléfilms de Ruy GUERRA et Alexandre ASTRUC 1981. Le programme se termine sur des suites étonnantes de TOUR DU MONDE, TOURS DU CIEL. Ce coffret permet donc de se plonger longuement dans la richesse d’un compositeur aux musiques passionnantes, souvent émouvantes, avec ce brin de valse purement français qui les caractérisent. On notera la présence d’entretiens avec Howard SHORE, qui avait travaillé avec Georges DELERUE sur un show de Broadway et qui avoue avoir beaucoup appris du compositeur français ; le superviseur musical Dan CARLIN qui parle de la créativité sans limite et de l’influence de Georges DELERUE sur Hollywood. Près de 17 ans après sa disparition, ce coffret permet de mieux appréhender le talent immense de Georges DELERUE pour sublimer les images et les personnages. A travers l’écoute de ses musiques pour le cinéma européen et américain, on comprend mieux pour quelle raison Hollywood s’en est emparé ! LE CINEMA DE GEORGES DELERUE - Musiques célèbres ou rares, incunables et inédits composés par Georges DELERUE – Coffret 6 cds, 7 heures de musiques ! Universal Jazz 531 263-0 - Déjà disponible.
Cette page a été modifiée pour la dernière fois le mercredi, 14 janvier 2009 |
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