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ELEPHANT MAN A PLEYEL !                                 
 
Le compositeur de MAIGRET a dirigé avec panache le mardi 19 février 2008 à la Salle Pleyel son premier Opéra ELEPHANT MAN, inspiré de la vie Joseph Carey MERRICK, sur un livret d'Eric NONN.
 
ELEPHANT MAN avait été enregistré pour le disque (Edité chez Naxos) à Monte Carlo en 1999. La création sur scène s'est déroulée à Prague en 2002. Puis, l'ouvrage a été repris la même année à Nice et en 2006 à Minneapolis. En ce mardi de février, ce fut donc la création parisienne en version de concert inédite.
 
Laurent PETITGIRARD a superbement dirigé les quelques 100 musiciens et autant de choristes de l'Orchestre Colonne dont il est également le Directeur Musical. La distribution était magnifique avec, dans le rôle titre, l'étonnant et brillant contre-ténor David WALKER, qui avait déjà chanté à Minneapolis. On a entendu également Nicolas RIVENQ qui a repris le rôle du Docteur TREVES, qu'il avait créé sur disque et sur scène; Philippe DO dans celui de T NORMAN, le Sowman accompagné de son assistant Jimmy interprété par le jeune Louis-Alexander DESIRE (Une révélation !). On notera également les performances de Marie DEVELLEREAU dans le rôle de Mary l'infirmière et de Marion BAGLAN dans celui de la Colorature.
 
En attendant la publication prochaine de plusieurs entretiens, voici quelques photos exclusives de la générale du spectacle !

Laurent PETITGIRARD

Philippe DO
Entretien avec le ténor Philippe DO – Tom NORMAN, le Showman

Aviez-vous déjà chanté ce rôle ?
Philippe DO) Je l’avais déjà chanté lors de la création scénique à Prague de février à mai 2002, dans une mise en scène de Daniel MESGUICH.

Comment définissez-vous votre personnage ?
PD) II s’agit d’un rôle très exigeant, très aigu, très tendu. Tom NORMAN représente un bateleur de foule, ce qui demande un côté très flamboyant, se traduisant par de la désinvolture, presque un jeu de séduction. II harangue la foule pour que les gens paient pour voir des phénomènes de foires, en l’occurrence des être humains "Monstrueux ". Et les gens ne venaient que si la harangue du Showman les intéressait. II faut préciser que ce Showman, comme Joseph MERRICK, constitue un personnage historique. II s’agit aussi d’un personnage détestable car il gagne de l’argent sur des être humains "Monstrueux ". Mais il y a cette fascination, cette répulsion qu’il fallait aussi ressentir dans le chant. Ce qui justifie cette écriture quelques fois étrange, qui alterne les moments de grands sentimentalisme et de violence.

Comment situez-vous cet opéra de Laurent PETITGIRARD par rapport à d’autres ouvrages que vous avez pu chanter ?
PD) II s’agit d’une œuvre très différente de celles que je chante d’habitude : Moi, je chante beaucoup plus dans un répertoire traditionnel romantique italien du 19ème siècle : Guiseppe VERDI, Giacomo PUCCINI et Gaetano DONIZETTI, Jules MASSENET. Evidemment, l’écriture de Laurent PETITGIRARD apparaît beaucoup plus contemporaine. Mais elle n’est pas, comme certaines partitions, anti-vocale. C’est à dire que le chanteur n’a pas de gros problème pour placer sa voix. Moi, je crois qu’il suffit de trouver la clé du personnage, de se mettre dans l’énergie de sa démesure, pour arriver à chanter cette musique.

Est-ce plus facile de chanter en version de concert ?
PD) Oui. Mais c’est aussi plus exigeant car le chanteur ne peut pas recourir ni aux costumes ni à la mise en scène. Donc, quelques fois, je me sens un peu à l’étroit.

Nicolas RIVENQ
Entretien avec Nicolas RIVENQ – Le Docteur Treves

Comment définissez-vous votre personnage ?
Nicolas RIVENQ) Je chante le rôle du docteur qui a sorti Joseph MERRICK dit Elephant Man de son état de monstre de foire pour le traiter comme un cas médical. II a parfois été critiqué car certains ont pensé, à tort, qu’il se servait de Joseph MERRICK comme d’un cobaye pour se faire bien voir auprès de sa confrérie. Pour moi, il y a deux aspects du personnage : Le côté public, éventuellement critiquable hors contexte, d’un médecin appartenant à une confrérie hermétique. Mais je retiens surtout qu’il était un grand humaniste en lutte avec ses confrères au sein d’une société anglaise bien pensante. Le Docteur Treves a finalement, dans une profession très sectaire à l’époque, secouru celui qu’il a pris pour un cas médical. Maintenant, il s’est rendu compte très tard de la maladie de Joseph MERRICK car, au départ il l’a pris pour un aphasique et l’a traité comme un homme qui était un débile profond. Jusqu’à se rendre compte qu’il s’agissait d’un homme comme les autres ; Un être particulièrement sensible à la culture et qui portait sur ses épaules un fardeau terrible, une maladie orpheline. Le Docteur Treves a donc soulagé ses souffrances dans les derniers instants de sa vie qui a été finalement très courte.

Y a t-il eu une évolution dans votre interprétation du Docteur Treves ?
NR) Ce qui a beaucoup changé, pour comme certainement les chanteurs ayant participé aux productions précédentes, c’est que nous avons assimilé le langage du compositeur. Même si nous avons des repères par rapport à la musique contemporaine avec des sonorités que nous avons déjà entendues, il s’agit quand même d’un langage nouveau.

Comment situez-vous cet opéra de Laurent PETITGIRARD par rapport à d’autres ouvrages que vous avez pu chanter ?
NR) Dans la nouveauté et, en même temps, une tradition de la musique française. C’est à dire que cela reste une musique de Laurent PETITGIRARD mais avec parfois des références à Maurice RAVEL, Gabriel FAURE. Je trouve que Laurent PETITGIRARD développe une écriture instrumentale très fouillée, très soignée. Même pour les voix, il y a des moments avec des articulations de cordes. II s’agit d’un opéra avec des difficultés de tessitures, de rapports d’orchestre. Mais c’est surtout un discours très riche !

Aviez-vous déjà chanté ce rôle ?
NR) En fait, je l’avais créé lors de l’enregistrement discographique avec l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo en 1999. Puis, je l’ai repris sur scène à Nice en 2002 et aujourd’hui à Paris, en version de concert, donc dans des rapports d’orchestre différents. Je suis donc très heureux d’avoir eu la chance de mûrir avec le rôle du Docteur Treves !
Louis-Alexander DESIRE
Entretien avec le jeune soprano Louis-Alexander DESIRE – Jimmy

Pouvez-vous nous parler de votre parcours ?
LAD) Avant ELEPHANT MAN, j’avais chanté dans PELLEAS ET MELISANDE à l’Opéra de Rouen, THE SHADOWS OF TIME de Laurent DUTILLEUX et LA FLUTE ENCHANTE de Wolfgang Amadeus MOZART à l’Opéra de Paris.

Aviez-vous déjà chanté ce rôle ?
LAD) Non, c’est la première et je dois dire qu’il s’agit d’une très belle expérience. D’autant que je trouve que la musique qu’a écrit Laurent PETITGIRARD est très bien pour la voix. D’ailleurs, elle ne m’a pas posé de difficultés. Je me sens donc très à l’aise dans cette musique.

Vous êtes très jeune ; Aimeriez-vous faire de faire de l’Opéra votre métier ?
LAD) Effectivement, je n’ai que 12 ans. Pour répondre à votre question, je prends tellement de plaisir à chanter que j’avoue que cela me plairait beaucoup de continuer dans l’art lyrique.
Entretiens réalisés à Paris le 18 février 2008.
 
 Cette page a été modifiée pour la dernière fois le samedi, 29 mars 2008