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Compilations & Bandes Originales De Films Mythiques !
JOHN BARRY - AMERICANS

La collection Ecoutez le Cinéma tape fort avec son premier cd consacré au compositeur de légende John BARRY : une rareté des années 70, jamais rééditée, un projet unique que le compositeur définit dans le livret comme une bande originale imaginaire. En effet, pour la première fois, John BARRY révèle ne pas voir travaillé à partir d’un film mais d’images provenant de son inconscient. AMERICANS constitue une pièce de construction jazzy en six parties, dont la première dure plus de 17 minutes. Ainsi, Yesterday Night se présente comme une longue suite, marquée par une mélodie légère et un crescendo sur un fond inquiétant. Au niveau des orchestrations, tout le long des 6 sections d’AMERICANS, un groupe composé d’une batterie, d’une contrebasse et beaucoup de cuivres (de la trompette, du trombone et du saxophone alto) joue toute la richesse de sonorités du West Side. Il s’en dégage une ambiance de film noir, tantôt  inquiétante, tantôt romantique avec les cordes et surtout les pianos et les claviers d’Artie KANE. Sur l’ensemble de la pièce, on retrouve toute la force des compositions de John BARRY, à savoir des harmonies à la fois mélancoliques et techniques. En complément, on apprécie une série de titres composés par John BARRY alors qu’il était sous contrat avec les disques Polydor : un Orson WELLES’ Great Mysteries pour la télévision, thème un peu psychédélique avec de la cithare. Puis, Sail The Summer Winds, le joli et profond générique aux claviers couleur vénitien et contrepoint de cordes du film THE DOVE réalisé en 1974 par Charles JARROTT. Pas très loin, mais plus énigmatique, on entend le Main Title, un soupçon romantique de FOLLOW ME. Et, pour finir en beauté et en clin d’œil, l’excellent thème de la série THE ADVENTURER (L’AVENTURIER). Même s’il ne danse plus avec les loups du cinéma, John BARRY ressurgit ici magnifiquement à travers ses musiques du passé. Quel plaisir de découvrir ces œuvres aux mélodies d’une grande générosité, parfois d’une certaine noirceur. Un disque incontournable, a jamais griffé par l’homme de jazz, l’orfèvre des sentiments mis en musiques !

JOHN BARRY, AMERICANS - Universal Music Jazz 531 340 5 – 46:40

FRANCOIS DE ROUBAIX - CHANSONS DE FILMS

Heureuse idée que ce disque dédié aux chansons écrites par François de ROUBAIX, un musicien qui appréciait autant la pop et le jazz que la musique classique. Pour la plupart, les titres sont issus de projets cinématographiques, avec d’abord des titres connus et souvent compilés comme Laetitia par Alain DELON (LES AVENTURIERS), Le Ciel Nous Fait Rêver par Johnny HALLYDAY (LES CHEVALIERS DU CIEL). Mais on se régale de nombreuses raretés. Certains titres sont interprétés par des vedettes encore populaires aujourd’hui, comme Nicoletta sur le thème énigmatique et puissant de DERNIER DOMICILE CONNU (Pour Qui, Pourquoi) et celui de JEFF. Egalement Serge REGGIANI, qui livre de superbes vocalises sur Mon Ami Thia (LES CAIDS), Hughes AUFFRAY, qui cosigne les paroles avec Vline BUGGY du superbe Près Du Cœur Les Blessures (LA LOI DU SURVIVANT) et Mouloudji, toujours poétique dans Vers L’Age D’Or. Ce disque est aussi l’occasion de retrouver des interprètes un peu oubliés dans des chansons qui semblent, pour beaucoup, grâce à des orchestrations acoustiques avec notamment de la guitare, ne pas avoir vieillies. C’est le cas quand Gilles DREU chante Dans La Montagne (de la série LES SESTERAIN ou LE MIROIR 2000) ; ou encore Farid qui déborde de fraicheur sur La Ballade Des Héros (LES SUSPECTS). On apprécie aussi des thèmes à la fois colorés, lyriques et nostalgiques comme la chanson titre LE RAPACE par Los Incas. On notera parfois l’utilisation d’instruments électroniques (dont François de ROUBAIX était un précurseur) comme dans Un Peu, Beaucoup, Passionnément par Vaea SYLVAIN (LE CIEL EST BLEU). D’autres titres sont chantés par des comédiens, parfois même en famille. C’est le cas avec l’émouvant Les Poupons (L’HOMME ORCHESTRE) par Louis de FUNES et son fils Olivier qui chante aussi le psychédélique Don’t Cry et témoigne dans le livret. Mais aussi des comédiennes comme Brigitte BARDOT qui nous balade en solo avec sensualité et un filet d’accordéon Sur Le Boulevard Du Rhum et, en duo avec Annie GIRARDOT, pour Chacun Son Homme (LES NOVICES). Les chansons enfantines ne sont pas oubliées avec une version développée de la chanson de la série animée CHAPI CHAPO (Avec Des Cubes). De même que quelques curiosités, comme ce Prédestination par Elisabeth TEISSIER et François de ROUBAIS lui-même, qui reprend aussi en solo Madame Dubalai. Très éclectique, très documenté, ce disque possède la grande qualité à la fois d’explorer la richesse des musiques d’un compositeur d’exception et toute la variété d’interprètes venus d’horizons différents. Comme Chapi et Chapo, on n’a pas fini d’explorer toute les facettes des musiques et chansons de François de ROUBAIX !

FRANCOIS DE ROUBAIX, CHANSONS DE FILMS - Universal Music Jazz 532 292 9 – 64:29

LE CINEMA DE FRANCIS LEMARQUE

Voici une compilation qui permet de découvrir, dans un ordre chronologique, les musiques de films du compositeur de standards de la chanson française dont Marjolaine. C’est après avoir été sollicité par Jean GABIN pour LES VIEUX DE LA VIEILLE que Francis LEMARQUE épouse le grand écran en 1960 avec une musique composée avec Paul DURAND (compositeur notamment de LA VACHE ET LE PRISONNIER d’Henri VERNEUIL) ; elle se caractérise par un thème sifflé d’une grande poésie, soutenu par un joli contrepoint enjoué et orchestral. Par la suite, Francis LEMARQUE a composé le plus souvent en compagnie de Michel LEGRAND. D’abord sur le film de Marcel CARNE TERRAIN VAGUE dont le thème principal comporte une mélodie pour harmonie et guitare. On notera des vocalises de Christiane LEGRAND sur des notes jazzy (Roulez Jeunesse) et un duo entre Michel LEGRAND et Francis BLANCHE (Tes yeux Sont Deux Etoiles), ainsi que des motifs plus sombres, plus cinématographiques (Vagues Terrains). Vient ensuite LE CAVE SE REBIFFE de Gilles GRANGIER et son Générique enlevé avec des percussions entourées de cordes sur une mélodie sous-jacente. Puis le célèbre GENTLEMAN D’EPSOM avec son brillant thème principal mais aussi de superbes thèmes à découvrir (Valse et Thème D’Amour). Et le très lyrique générique crescendo de MAIGRET VOIT ROUGE. La musique de L’HOMME A LA BUICK se caractérise par une couleur tantôt swing apportée notamment par une clarinette, tantôt country avec le banjo et l’harmonica, le tout sous la direction du débutant Vladimir COSMA. On notera aussi un motif particulièrement romantique et fleuri (Armand Et Michèle). A la fin des années 196O, Francis LEMARQUE a travaillé en solo. Pour PLAYTIME de Jacques TATI d’abord, on découvre une musique nostalgique pour accordéon, guitare et orgue (A Paris Autrefois). Mais aussi une chanson interprétée par Francis LEMARQUE accompagné d’un limonaire (L’Opéra Des Jours Heureux). Pour la série télévisée CHERI BIBI ensuite, on entend d’abord la chanson du générique (Viens Sur Ma Planète) interprétée avec grâce par Marianne MILLE et des chœurs marins. S’en suit un thème d’aventures rythmé par la trompette et de solides cordes (La Fouille). Le disque se referme sur l’immortelle Le Ciel, La Terre et L’Eau interprétée par Francis LEMARQUE lui-même, Ce superbe voyage, rempli de raretés et d’inédits, dans la musique et le cinéma en noir et blanc des années 60 se présente comme une véritable plongée dans l’univers poétique d’un formidable mélodiste. Entouré de jeunes compositeurs, Francis LEMARQUE signe des musiques aux mélodies simples et aux harmonies qui font penser à Montmartre, aux bals des faubourgs. A Paris et ailleurs, ce disque réhabilite magnifiquement les musiques et les mélodies éternelles des films composées par Francis LEMARQUE avec  quelques amis.

LE CINEMA DE FRANCIS LEMARQUE - Universal Music Jazz 531 878 0 – 72 :16

SEX-SHOP / JE VOUS AIME 

Après un coffret (Le Cinéma de Serge GAINSBOURG), des intégrales (CANNABIS, MANON 70), voici réunies deux bandes originales composées pour le comédien-cinéaste-producteur Claude BERRI ; une collaboration qui se noue en 1970 sur SEX-SHOP, un sujet plutôt provocateur qui semble prédestiné à Serge GAINSBOURG qui signe, comme sur L’HISTOIRE DE MELODY NELSON, avec Jean-Claude VANNIER aux arrangements et à la direction, une partition flamboyante et mélancolique. On trouve d’abord une ballade profonde (Sex-Shop), rythmée et sulfureuse, caractéristique du style de l’homme à la tête de choux, renforcée par des orchestrations très colorées. Dans la même lignée harmonique, suit un générique inédit à la mélodie délicate et aux orchestrations raffinées pour orgue électrique et violons (Fontaine Des Innocents). On notera une série de thèmes dansants caractéristiques des années 70 avec beaucoup de piano et des sonorités psychédéliques (Sex Radio Suite) ou influencés par le jazz et les percussions latines (Club Love). Ainsi que la reprise du slow lancinant entre Serge GAINSBOURG et Jane BIRKIN (La Décadanse). Dix années passent ; Serge GAINSBOURG et Claude BERRI se retrouvent sur JE VOUS AIME, portrait d’une femme faisant le bilan des hommes de sa vie. Serge GAINSBOURG y joue, de manière à peine transposée, son propre rôle et compose la musique avec Jean-Pierre SABAR à la direction et à la section rythmique. Il interprète plusieurs chansons dont le célèbre duo avec Catherine DENEUVE (Dieu fumeur de havanes) ; un titre romantique autant que bluesy avec ses solos de guitare électrique qui ne lassent pas, comme la version instrumentale. C’est une complainte grave et lancinante (La Fautive), reprise au piano solo sur le générique début et plus tard en instrumentale qui fait ressortir les chœurs qui fait office de thème principal ; un thème efficace qui évoque sa rupture avec le personnage d’Alice (Catherine DENEUVE). Ce disque permet également d’entendre des chansons moins connus comme ce reggae rock chrétien (Je Vous Salue Marie) par Serge GAINSBOURG. Mais le plus étonnant ce sont ces chansons rock punks interprétées par Gérard DEPARDIEU et le groupe BIJOU (La P’tite Agathe, Mermoz & Papa Nono) ; des morceaux de jeunesse qui rappelle les années rebelles de l’acteur. Au final, ces deux partitions pour la première rééditées renferme des moments de magie mais aussi de provocation propre à la musique et aux textes de Serge GAINSBOURG ; des plages de grâce qui font de l’ombre à des morceaux plus expérimentaux et qui ont plus difficilement traversé les années. Il en ressort malgré tout un hommage plein de tendresse, à un étonnant duo. Si Dieu est un fumeur de havane, il y a fort à parier que le grand Serge GAINSBOURG soit monté au Paradis !

SEX SHOP / JE VOUS AIME, musiques de Serge GAINSBOURG et Jean-Claude VANNIER pour les films de Claude BERRI - Universal Music Jazz 531 876 5 – 45:52

LE BRESIL AU CINEMA

A l’occasion de l’année de la France au Brésil, Stéphane LEROUGE a conçu cette anthologie musicale des productions françaises tournées au Brésil dans les années 1960 et 1970, dans la foulée du succès du film ORFEU NEGRO de Marcel CAMUS ; un cinéaste qui tournera d’ailleurs d’autres films au Brésil dont les musiques sont présentes ici : OS BANDEIRANTES / LES PIONNIERS d’abord (1961) avec une musique de José TOLEDO et Jean MANZON ; de belles chansons nostalgiques pour guitare et les voix d’Ellen de LIMA (Pelo Amor De Amar) et Elga ANDERSON sur un titre en français signé Henri CROLLA, Irène BANZAS et des paroles du cinéaste (Paris A Le Cœur Tendre). Mais aussi des instrumentaux de carnavals (Cançao Dos Jangadeiros, Na Bahia Tambem Tem). Puis OTALIA DE BAHIA en 1975 avec des thèmes dynamiques (Marialva) ou intimistes (Tristeza) composés par Antonia CARLOS, JOCAFI & Walter QUEIROZ et souvent chantés par Maria CREUZA en solo ou en duo avec Emilio SANTIAGO. Le disque s’ouvre sur ARRASTAO / LES AMANTS DE LA MER, transposition moderne de Tristan et Iseult par Vinicius de MORAES et Antoine d’ORMESSON avec des musiques de Ubijara QUARENTA CABRAL ; une invitation à l’évasion sur des thèmes qui mêlent la voix et la guitare (Luana, Deus-e-iemanja, par Vanja ORICO) ou les flûtes et les percussions (Toado Do Homen So). Dans POUR UN AMOUR LOINTAIN, on trouve une musique de Luiz BONFA qui sent bon la bossa nova, sur des arrangements et une direction d’orchestre d’un jeune compositeur nommé Vladimir COSMA. Celui-ci insuffle derrière les rythmes chaloupés une profondeur orchestrale permettant aux notes de s’envoler dans un tourbillon romantique. Ce disque est d’ailleurs l’occasion de saluer les compositeurs français qui se sont envolés en musique au Brésil : Georges DELERUE sur la musique du film de Philippe de BROCA L’HOMME DE RIO ; une partition pleine de maracas et de rythmes de salsa (Batacuda Générique). Mais de thèmes emplis de poésie (Chant Des Pêcheurs, Thème Guitare) et une reprise par Alexandre DESPLAT du Bowling Brésilien. Et ces chansons cariocas ramenées par le cinéaste du tournage (Chorando sim). Michel LEGRAND ensuite, qui a signé une musique aérienne et nostalgique avec du piano et des percussions pour le documentaire de François REICHENBACH et Pierre GRIMBLAT LES AMOUREUX DU FRANCE. Michel MAGNE encore qui balance un thème d’action à la fois rythmé, percussif et un tantinet volage avec de la guitare acoustique pour FURIA A BAHIA POUR OSS 117. Ce disque plein de fraîcheur, de rythmes et de mélodies sent bon l’été sud américain mais aussi l’air de nos campagnes à travers des airs des plus brillants de nos compositeurs. Très agréable à écouter en sifflant une citronnade, voici une rondelle idéale pour une virée dans les entrailles de la samba et de la bossa !

LE BRESIL AU CINEMA - Universal Music Jazz 531 877 0 – 63:55

 

MICHEL LEGRAND / JACQUES DEMY – LE CINEMA EN CHANTE

Plongeant une nouvelle fois dans les musiques de Michel LEGRAND, Stéphane LEROUGE fait revivre sa collaboration avec Jacques DEMY ; une anthologie doublement d’actualité puisqu’elle suit l’intégrale dvd des films de Jacques DEMY et précède le concert des 50 ans de musiques de Michel LEGRAND en février à la Salle Pleyel. Le programme commence par le thème, puis la chanson par Jacqueline DANNO, de LOLA (1960) ; un mouvement tendre dont la couleur avec de la harpe et des cordes en arrière annonce LES PARAPLUIES DE CHERBOURG. Auparavant, en 1962, Michel LEGRAND compose la partition flamboyante et pianissimo de LA BAIE DES ANGES. Arrive enfin LES PARAPLUIES DE CHERBOURG, film qui marquait la rencontre du cinéma et de la chanson, avec des thèmes interprétés notamment par Danielle LICARI (pour le rôle joué par Catherine DENEUVE) : les trois extraits donnent une belle idée de la richesse mélodique et vocale de cette œuvre unique. Suit l’autre grand classique : LES DEMOISELLES DE ROCHEFORT, ses sublimes thèmes de l’arrivée des camionneurs et du concerto et l’incontournable Chanson Des Jumelles par Claude PARENT et Anne GERMAIN ; inusable et indémodable ! On rentre en pleine féerie avec la musique de PEAU D’ANE, un autre classique dont les célèbres chansons sont interprétées par Anne GERMAIN (formidable Recette Pour Un Cake D’Amour) et Christiane LEGRAND (Conseils De La Fée Des Lilas). Arrivent ensuite les raretés : L’EVENEMENT LE PLUS IMPORTANT DEPUIS QUE L’HOMME A MARCHE SUR LA LUNE, que Michel LEGRAND qualifie d’interlude en mode mineur dans la filmographie de Jacques DEMY. Sur le plan musical, on trouve une partition profonde et romantique, grave et baroque, qui rappelle parfois PEAU D’ANE. On enchaîne avec une suite de LADY OSCAR, dont la puissance de la mélodie, une certaine lenteur dans le rythme mais aussi du lyrisme inspirent aventure et féminité. A noter que le thème est repris en version jazz. Viennent ensuite les musiques des derniers films de Jacques DEMY : PARKING d’abord dont les thèmes, forts beaux, sont à redécouvrir, chantés ici par Michel LEGRAND sur les play-backs d’origine. On apprécie également les propos du compositeur qui, dans le livret, revient sur les raisons d’un échec. TROIS PLACES POUR LE 26 ensuite avec deux thèmes chantés par Yves MONTAND pour ce film coloré qui, lui aussi, n’avait pas rencontré son public. Pour refermer cette ballade dans un univers plein de poésie, le compositeur s’installe au piano et chante le Duo D’Amour inédit du film jamais tourné ANOUCHKA. Si le collectionneur peut regretter que le disque privilégie les classiques au détriment des inédits ou des raretés, le grand public trouvera son bonheur dans cette galette en chanté !

MICHEL LEGRAND / JACQUES DEMY – LE CINEMA EN CHANTE - Musiques de Michel LEGRAND - 75:16 - Universal Jazz 531 271 8 - Déjà disponible.

LA PISCINE / UN HOMME EST MORT / UN PEU DE SOLEIL DANS L’EAU FROIDE

Poursuivant l’exploration des musiques de Michel LEGRAND, Stéphane LEROUGE fait l’anthologie de sa collaboration avec Jacques DERAY. LA PISCINE a marqué l’histoire par les retrouvailles entre Alain DELON et Romy SCHNEIDER ; Un couple coulant des jours heureux dans une villa du Sud de la France. Jusqu’à l’arrivée d’un ami (Maurice RONET) et de sa fille (Jane BIRKIN). Sur le couple mythique, Michel LEGRAND introduit un thème aérien, sensuel, qui se caractérise par des vocalises qu’il interprète avec sa sœur Christiane, accompagnés par de la contrebasse, de la batterie et de la guitare. Dans une seconde partie, le thème dévie vers le jazz avec le violon de Stéphane GRAPPELLI et des chœurs. Ce thème voyage dans différentes variations avec l’orgue d’Eddy LOUISS, la voix de Michel LEGRAND et des chœurs qui s’envolent (Blues Pour Romy). L’autre grand thème (Piège A Reflets) représente une sorte de marche sur 8 notes de piano par Maurice VANDER  accompagné par la contrebasse. On notera le duo entre cette cellule pianissimo et le violon dans une seconde partie avec les chœurs. Sur L’Enquête, on trouve un motif doucement mélodique pour guitare, xylophone et piano. La partition comporte encore un thème pop avec des vocalises à la manière de Dim Dam Dom de Michel COLOMBIER (Dans La Soirée) ; Et des chansons avec des paroles écrites par Alan et Marylin BERGMAN pour Delaney BRAMLETT (Run, Brother Rabbit, Run) et Sally STEVENS (Ask Yoursekf Why). Michel LEGRAND signait là une partition voluptueuse, tellement ambitieuse et surprenante qu’elle a été en partie rejetée par Jacques DERAY. UN HOMME EST MORT fut leur dernière collaboration ; Un polar où Lucien (Jean-Louis TRINTIGNANT) débarque à Los Angeles pour tuer un trafiquant avant de se retrouver menacé. Filmé à l’américaine, le film nécessitait une musique urbaine et très années 1970. Fort de son expérience, Michel LEGRAND signe un thème titre psychédélique et oppressant pour orgue et rythmique à la manière de Lalo SCHIFRIN. On notera également un morceau surprenant mi-orchestral mi-vocal avec des gémissements, comme chez Serge GAINSBOURG (Onyx Bar). Entre les deux, il y eut UN PEU DE SOLEIL DANS L’EAU FROIDE, dont on se trouve immédiatement happé par la beauté de la mélodie qui apparaît d’abord chantée par le compositeur (Dis-Moi) ; Un sentiment qui s’accentue avec son déploiement symphonique (Rencontre). A tel point qu’on rêve qu’il ose le mettre au programme de son futur concert parisien ! La partition réserve d’autres surprises, comme un thème pop revendicatif (Vivons L’Aventure). Très attendue et précieuse, cette anthologie révèle des partitions recherchées ou rares, et souvent inattendues !

LA PISCINE / UN HOMME EST MORT / IN PEU DE SOLEIL DANS L’EAU FROIDE - Musiques de Michel LEGRAND - Déjà disponible.

68:50 - Universal Jazz 530 846 4

JULES ET JIM / LES DEUX ANGLAISES ET LE CONTINENT

JULES ET JIM (1961) constitue un film mondialement connu, en particulier pour la chanson Le Tourbillon, écrite par Serge REZVANI et interprétée par Jeanne MOREAU ; Un titre évidemment présent dans ce disque et que Georges DELERUE cite volontiers, jusque dans le final. A Paris, deux amis, le Français Jim (Henri SERRE) et l’Autrichien Jules (Oskar WERNER), s’éprennent de Catherine (Jeanne MOREAU). Elle choisit Jules comme époux mais, après la guerre, prend Jim pour amant. Le thème titre sous forme de cancan proche de la musique de cirque avec beaucoup de cuivres ; Un thème qui décrit l’excitation des années d’entre deux guerres mais aussi, dans son développement orchestral, l’insouciance. L’autre thème principal (Vacances) correspond à une valse nostalgique, genre choyé par Georges DELERUE ; Un mouvement classique, poétique, joliment mélodique et frais qui caractérise l’attirance entre Catherine et ses soupirants. La partition devient singulière lorsque le compositeur en reprend la trame sur un tempo ralenti avec des guitares, des bois et des violons en retrait (Brouillard) ; Une façon de passer du rire aux larmes. On notera l’utilisation régulière du clavecin comme symbole du décalage des cœurs (Jules Et Thérèse, Jim Et Catherine), du trouble à côté des vibratos de cordes (Retrouvailles A L’Auberge De La Bécasse, Confessions Au Clair De Lune). On citera enfin un morceau à l’impressionnant lyrisme orchestral (La Terre Promise). Dans LES DEUX ANGLAISES ET LE CONTINENT (1971), Claude (Jean-Pierre LEAUD) s’amourache pendant ses vacances d’une des filles de Mme Brown. Mais avant le mariage, il doit respecter une séparation d'un an. Dès le premier titre (Anne Et Claude Au Musée), Georges DELERUE introduit un thème romanesque de grande beauté, mélodique et pianissimo ; Un passage avec davantage de bois évoque l’Angleterre du début du 20ème siècle. On le retrouve plusieurs fois dans la partition, au milieu de notes mélancoliques (Anne Et Claude, Les Retrouvailles / Le Baiser A La Religieuse). Pour accompagner les pages de douleur, le compositeur utilise des harmonies de structures classiques avec une prépondérance de cordes, ainsi que des flûtes, de la harpe (Muriel /Le désespoir, La Séparation / La Déclaration). La partition contient également un prologue assez lent et grave. Ainsi qu’un thème violent, court dans les intervalles et rapide dans les cordes avant le glissé du premier violon pour la tristesse (La Rupture). Très inspirée, dotée d’ambiances majestueuses, la partition se révèle bouleversante. A 10 ans d’intervalle, Georges DELERUE offrait à son cinéaste fétiche deux partitions qui mettaient magnifiquement en musique sa passion des femmes.

JULES ET JIM – LES DEUX ANGLAISES ET LE CONTINENT - Musiques de Georges DELERUE pour les films de François TRUFFAUT - 59:44 - Universal Jazz 530 846 3

Compilation !

JEAN-PIERRE MELVILLE LE CERCLE NOIR

Comme son titre l’indique, cette anthologie s’intéresse aux films de série noire dont Jean-Pierre MELVILLE était un spécialiste. Une de ses singularités consistait à changer de compositeur pratiquement à chaque film. Seul Eric DEMARSAN a été deux fois son compositeur, sur L’ARMEE DES OMBRES et LE CERCLE ROUGE. A noter, pour ce dernier, la présence d’extraits de la partition de Michel LEGRAND rejetée par le cinéaste. En particulier un thème romanesque et répétitif pour flûte et saxophone (Chassés-Croisés). Tout commence en 1956 avec BOB LE FLAMBEUR, dont la musique a été composée par Jo BOYER et interprétée par l’orchestre d’Eddie BARCLAY. Le thème de Bob débute par une cellule rythmique avant la mélodie jouée à la trompette par Jo BOYER. On passe à DEUX HOMMES DANS MANHATTAN, composé en 1959 par Christian CHEVALLIER, un prince du jazz et de la musique de films (Nadine TRINTIGNANT, Jean-Claude BRIALY, Gilles BEHAT et René LUCOT). II a écrit un thème titre pour piano et orchestre, dont la mélodie avait été conçue pour une chanson de Glenda LEIGH (Street In Manhattan). On y retrouve encore la trompette, instrument typique des polars des années 50 et l’harmonica (Déambulation Nocturne). Comme il le raconte dans le livret, Martial SOLAL est entré dans le cinéma en écrivant un riff de 5 notes pour le même film, puis collabora avec Jean-Pierre MELVILLE sur le suivant, LEON MORIN PRETRE : Le Générique dévoile un thème pour orgue d’église, piano et harmonica joué par le tendre Albert RAISNER. Martial SOLAL commença également à travailler sur LE DOULOS avant que l’immense Paul MISRAKI ne le remplace. Celui-ci signa en 1962 une partition d’inspiration jazzy, qui passe de tempos légers à des ambiances plus soutenues (Jazz rapide). Jean-Pierre MELVILLE a également collaboré avec Michel COLOMBIER sur UN FLIC. En plus de la chanson interprétée par Isabelle AUBRET (C’Est Ainsi Que Les Choses Arrivent), on découvre une superbe musique originale, qui passe de l’intimité du piano solo à l’immensité symphonique (Un Monsieur Distingué) ; De la gravité au mystère de la guitare et des percussions (Un Casse). Mais aussi avec Georges DELERUE qui a composé une ballade nostalgique qui porte l’harmonica sur les hauteurs des Appalaches pour L’AINE DES FERCHAUX en 1963. Sans oublier François de ROUBAIX qui, pour LE SAMOURAI en 1967, a écrit une musique souvent obsessionnelle avec des sonorités électroniques et de la guitare, son instrument fétiche. Avec ce disque, on voyage dans l’univers d’un cinéaste réputé pour ses rapports difficiles voir conflictuels avec les musiciens. II n’empêche : En à peine une quinzaine d’années, il a travaillé avec des créateurs sonores qui ont su marier leurs spécificités à ses goûts et ses obsessions filmiques.

JEAN-PIERRE MELVILLE – LE CERCLE NOIR - Musiques pour les films de Jean-Pierre MELVILLE - 67:57 - Universal Jazz 530 857 4

 

Compilations !
ALAIN RESNAIS : PORTRAIT MUSICAL

Dès ses débuts, Alain RESNAIS a souvent fait appel à des compositeurs étrangers au cinéma ; Comme Francis SEYRIG, qui a composé en 1961 la valse triste pour orgue de L’ANNEE DERNIERE A MARIENBAD. Alain RESNAIS a rarement collaboré plus d’une fois avec ses compositeurs. Parmi les exceptions, en 1959 et HIROSHIMA MON AMOUR, l’italien Giovanni FUSCO (L’AVVENTURA de Michelangelo ANTONIONI) livre un mouvement de cordes obsessionnelles suivi d’un développement plutôt contemporain. On relèvera la contribution de Georges DELERUE (Valse Du Café De Flore). Le réalisateur rappellera Giovanni FUSCO en 1966 pour LA GUERRE EST FINIE ; Une musique profonde pour orchestre et chœur (Marianne). II travaillera également deux fois avec l’allemand Hans Werner HENZE, sur MURIEL (1963) avec un final en forme de complainte pour trompette et rossignol. Et, 20 ans plus tard, sur L’AMOUR A MORT, un exercice concertant qui joue des bruits de l’orchestre. Nouvelle collaboration unique en 1968 avec une des seules musiques de films de Krzystof PENDERECKI : JE T’AIME JE T’AIME qui s’impose par sa structure entièrement chantée. En 1974, Alain RESNAIS élabore certaines séquences de STAVISKY à travers la musique de la comédie musicale A Little Night Music du grand Stephen SONDHEIM ; Et lui propose d’en écrire la musique originale, chantante et flamboyante. Le cinéaste persiste avec Miklos ROSZA et une de ses dernières partitions hollywoodienne pour PROVIDENCE (1977). II revient vers l’Europe en 1980, avec Arié DZIERLATKA et la partition lente, avec un souffle slave de MON ONCLE D’AMERIQUE. Et surtout Philippe GERARD, compositeur de chansons (Edith PIAF, Yves MONTAND…) et de musiques de films (Yves ROBERT, Gérard OURY). Pour LA VIE EST UN ROMAN, il élabore une magnifique Valse Vénéneuse et un Trio Des Musiciens en clin d’œil à Maurice RAVEL. Dans les années 1990, Alain RESNAIS collabore avec le compositeur de scène John PATTISON qui écrit pour SMOKING & NO SMOKING de sympathiques divertimento pour piano entrecoupés de passages symphoniques (Ou Bien). Puis avec Bruno FONTAINE qui compose, pour ON CONNAIT LA CHANSON, un développement complexe à partir d’un motif relativement court mais magnifiquement orchestré. Surprenante, passionnante est leur deuxième collaboration sur PAS SUR LA BOUCHE où le musicien s’approprie l’opérette de Maurice YVAIN et André BARDE. En 2006, le cinéaste innove toujours et appelle Mark SNOW pour CŒURS, dont on trouve l’excellent générique, intimiste, pianissimo et sensuel. Bruno FONTAINE conclu avec L’Atelier D’Alain RESNAIS, un documentaire dont le générique navigue entre le jazz et la musique classique. Quelle belle idée que ce portrait qui donne le tempo d’un metteur en scène qui, comme pour les auteurs et les acteurs, à su s’entourer de grandes signatures musicales !
ALAIN RESNAIS : PORTRAIT MUSICAL - Musiques pour les films d’Alain RESNAIS - Déjà disponible. 74:42 - Universal Jazz 530 524 3

A écouter également en concert : Bruno FONTAINE dirige les musiques des films d'Alain RESNAIS !

LE MONDE EXPERIMENTAL DE MICHEL MAGNE

Cet album regroupe diverses oeuvres personnelles de Michel MAGNE.

D'abord Musique Taschiste, qui comprend notamment un triple concertino pour orchestre, choeurs et bruitages sous la direction du compositeur ; Ensuite Martial SOLAL joue Michel MAGNE sur des arrangements de Jean-Claude VANNIER; Enfin deux musiques destinées à un album resté inédit ; La plongée dans le patrimoine musical laissé par Michel MAGNE continue !
Déjà disponible. Universal Jazz 530 394 5

Inédits !
LE MANS / LE CHASSEUR

Comme le rappelle le compositeur dans le livret, pour LE MANS, il a été contacté au moment du tournage sur le célèbre circuit français. Michel LEGRAND a composé une musique qui joue à la fois sur la vitesse et l’aspect romantique, l’orchestre classique et une formation jazzy, qui se confrontent notamment sur l’Opening Credits ; Un morceau qui s’ouvre sur le thème d’amour, développé dans une large partie de la partition, notamment le Final et la chanson A Face In The Crowd par Peggy Taylor WOODARD. Du jazz développé et rehaussé par un solo de violon électrique de l’excellent Jean-Luc PONTY (Loneliness In The Crowd). C’est dans l’urgence de la course que Michel LEGRAND surprend, en introduisant un motif d’apparence salsa avant de bifurquer vers le jazz (The Race, First Laps, The Race Final Laps). Mais rapidement, un contrepoint classique donne une couleur à la fois française, grandiose et dramatique. La partition contient aussi un aspect nostalgique quand elle associe l’harmonica aux cordes (Delaney Take A Break). LE MANS constitue une partition efficace, qui vaut surtout par la richesse de ses orchestrations ; Une qualité encore plus vraie dans THE HUNTER (LE CHASSEUR), l’ultime rôle de Steve Mac QUEEN en chasseur de primes des temps modernes. Le film a été exploité avec deux musiques : Celle de Michel LEGRAND, refusée par les producteurs mais défendue par le réalisateur Buzz KULIK et l’autre de Charles BERNSTEIN. Pour casser, comme il dit, le moule des courses poursuites surlignées systématiquement par du jazz, Michel LEGRAND compose un thème d’inspiration baroque joué par un orchestre symphonique ; Mais l’associe à une rythmique de jazz et des trompettes en si bémol, lui donnant un aspect classique et un contrepoint urbain parfaitement adapté au héros (Ralph Thorson In Action). Le compositeur le malaxe, joue des moments de suspense (Chicago Chase), jusqu’à l’adapter en un superbe Concerto For Orchestra And Combine-Harvester ! Multipliant les trouvailles, on note des variantes oscillant entre jazz et rock, grâce à l’utilisation, en plus des trompettes, de guitares électriques et de solos de clarinette (Looking For Tommy Price). Le compositeur n’en oublie pas la douceur mais vue du côté de l’épouse (Dotty’s Pregnancy, Dotty Leaves). Signalons enfin un morceau d’action quasi religieux par son introduction pianissimo et un développement qui joue sur les temps (Houston Fight). Avec ces deux partitions enfin éditées, on (re)découvre le talent d’un compositeur qui, loin des schémas stéréotypés de nombres de musiques américaines, a toujours su marier les harmonies classiques et jazzy !
LE MANS / LE CHASSEUR - Musiques de Michel LEGRAND - Déjà disponible.
70:02 - Universal Jazz 984 895 1
Anthologie

MANON 70 / SI J'ETAIS UN ESPION / LE JARDINIER D'ARGENTEUIL / ANNA                                                     

Cet album s’arrête sur la collaboration entre Serge GAINSBOURG et Michel COLOMBIER durant les années 1964 à 1968. Serge GAINSBOURG était un jeune compositeur interprète de chansons qui avait déjà côtoyé le cinéma avec Alain GORAGUER (L’EAU A LA BOUCHE) ; Michel COLOMBIER travaillait pour le cinéma et la télévision (DIM DAM DOM). Pour MANON 70, une adaptation moderne du roman de l’abbé Prévost réalisée par Jean AUREL, Serge GAINSBOURG avait composé un thème au pessimisme profond dont les orchestrations pour cordes de Michel COLOMBIER insufflent une tournure tragique ; Le cinéaste l’avait validé puis, comme le rappelle le livret, avait rejeté la partition complète pour des concertos d’Antonio VIVALDI dirigés par Antoine DUHAMEL. Qu’importe, Serge GAINSBOURG en tire une chanson mythique (Manon). Près de 40 ans après, on peut enfin entendre les musiques arrangées par Michel COLOMBIER : Des motifs amples pour piano, cordes, souvent issus de variations du thème principal (Auto Stop), qui décrivent une relation complexe (Regards Echangés), un romantisme foudroyant ponctué par l’orgue d’Eddy LOUISS (Manon Et Des Grieux). Plus surprenant apparaissent les deux motifs pop à tendance hindi New Délire. On passe ensuite à deux suites de SI J’ETAIS UN ESPION, première œuvre de fiction de Bertrand BLIER, articulées autour d’un thème répétitif, une ballade inquiétante selon le réalisateur ; Une musique qui joue du suspense grâce à son tempo soutenu et de la sueur par des motifs pour piano, guitares et cordes. Là encore, on note un thème plus électrique (Pop D’Epoque). Il faut voir dans la musique du JARDINIER D’ARGENTEUIL un prélude aux autres collaborations du compositeur navec Jean GABIN ; Une partition classique, nostalgique avec un thème lisible développé jusqu’à une valse finale. On signalera Les Voyages Du Père La Tulipe dont les vibratos et l’élévation de l’orchestre rappellent le Boléro de Maurice RAVEL. La dernière partie contient les versions instrumentales (Les chansons figurant sur l’intégrale de Serge GAINSBOURG) de la comédie musicale télévisée ANNA. Enfin presque puisqu’ils comportent souvent des cris et chuchotements très gainsbouriens ; Des relectures de motifs célèbres : Sous Le Soleil Exactement, un surprenant Ballet Des Soupirs, Je N’avais Qu’un Seul Mot A Lui Dire. Mais aussi les moins connus ou inédits Roller Girl & Jerks En Cavalerie. Si l’écoute de la partition inédite de MANON représente un choc, il ne faut pas bouder son plaisir devant les autres partitions. En privilégiant les parties instrumentales, ce disque met en avant la face la moins connue de Serge GAINSBOURG : Son travail avec Michel COLOMBIER !
MANON 70 / SI J’ETAIS UN ESPION / LE JARDINIER D’ARGENTEUIL / ANNA - Musiques de films de Serge GAINSBOURG et Michel - Déjà disponible.
61:08 - Universal Jazz 530 394 6

Anthologie

DRAGEES AU POIVRE / RED AND BLUE                                              

On en aurait presque la mémoire qui flanche ! Peintre et écrivain, Serge REZVANI ne pensait pas faire de la musique son métier ! C’est pourtant grâce au cinéma et sous le pseudonyme de Cyrus BASSIAK que le triomphe arrive en 1962 quand François TRUFFAUT l’engage pour jouer dans JULES ET JIM. Et surtout écrire Le Tourbillon, chanson interprétée par Jeanne MOREAU. Mais résumer sa carrière à ce seul titre serait forcément réducteur ! L’année suivante, Jacques BARATIER le contacte pour DRAGEES AU POIVRE où des copains, voulant faire du cinéma vérité, partent à la recherche tout azimut d’images. Comme nous l’apprend l’entretien figurant dans le livret, le réalisateur recherchait des chansons pour un film prétexte à en accueillir un maximum. Le compositeur lui en a donc fourni plusieurs, en le laissant libre de choisir les arrangements et les interprètes, en l’occurrence des comédiens et des humoristes. Souvent amusantes, les chansons de Serge REZVANI se présentent parfois sous la forme de duos comme La Vie S’Envole par Anna KARINA et Claude BRASSEUR, Je Te Plumerai par Guy BEDOS et Sophie DAUMIER. Egalement des solos par Philippe, le fils de Guy BEDOS sur Lili Gribouille ; Francis BLANCHE qui chante en allemand, à la manière de Papa Schultz, sur Gloub, Gloub. D’autres ont été composés par Ward SWINGLE. D’abord des chansons typiques des années 1960 comme Du Yé-Yé par Guy BEDOS, J’Suis Pas Une Mauvaise Elève par Elisabeth WIENER, J’ai Ma Caméra par Les Zooms. Mais aussi des mélodies légères et aériennes comme La Chanson Des Voyeurs par Daniel LALOUX et Lied Aux Ides par Sophie DAUMIER. Sans oublier des instrumentaux plutôt jazzy comme La Rafle. RED AND BLUE est une comédie musicale, inédite en France, dont Tony RICHARDSON avait bâti le scénario à partir de la chanson de Serge REZVANI Tantôt Rouge, Tantôt Bleu. IL avait rêvé à sa voisine Jeanne MOREAU comme interprète principale. Devant son refus, il la remplaça par Vanessa REDGRAVE, son épouse qui chante donc les 10 titres arrangés, et c’est une surprise, par Antoine DUHAMEL. Le compositeur barbu surprend par des orchestrations qui multiplie les couleurs et les rythmes souvent hollywoodiens, notamment dans les cuivres (My Life Is Over). Mais pas seulement puisqu’il lorgne également du côté des sonorités nostalgiques italiennes pour piano et mandoline (Evening Star). Ou encore de la Russie, dans les vibratos des violons et les percussions (Jo Le Rouge). Au final, ce disque s’avère indispensable pour découvrir, au delà des titres interprétés par Jeanne MOREAU, le patrimoine musical très large de Ward SWINGLE et surtout Serge REZVANI ; Une galette à part dans la collection Ecoutez le Cinéma mais néanmoins très intéressante !
DRAGEES AU POIVRE / RED AND BLUE - Musiques de Serge REZVANI et Ward SWINGLE - Déjà disponible.
66:04 - Universal Jazz 530 394 4


Anthologie

JACK AREL, ORIGINALS & REMIXES
Illustrateur sonore de renom (30 MILLIONS D'AMIS à la télévision), Jack AREL a aussi touché à la musique de films. Notamment en 1968 avec Marcel CARNE sur LES JEUNES LOUPS, dont la chanson I'll never leave you était interprétée par Nicole CROISILLE. C'est à la même époque qu'il a composé les morceaux de ce double album d'anthologie; Des thèmes très variés enregistrés à Paris pour les éditions Chappell avec deux jeunes complices nommés Jean-Claude PETIT (Qui faisait ses gammes bien avant CHAMPS ELYSEES) et le trompettiste Pierre DUTOUR. A l'arrivée : Une série de onze albums DANCE AND MOOD MUSIC dont les 25 meilleurs extraits sont regroupés sur le premier cd. Jack AREL et Pierre DUTOUR ont signé des thèmes très dynamiques avec, évidemment, une part importante réservée aux cuivres. Shore Of Sumatra se distingue par une mélodie puissante à la clarinette soutenue par les trompettes et une rythmique électrique. Tandis que L'Amour Et L'Enfer se révèle un titre dans l'ère de la fin des années 60 joué par un orgue sur une mélodie douce amère. Surtout, on leur doit les 4 tableaux autour des saisons : Des morceaux souvent pianissimo et vocaux (Spring), parfois plus rock, urbain (Summer) ou obsessionnel (Winter), élégant avec des cordes pincées (Autumn). Les morceaux co-composés par Jack AREL et Jean-Claude PETIT se distinguent d'abord par des couleurs jazzy proches d'un autre jeune compositeur nommé Lalo SCHIFRIN. On y retrouve des rythmes issus des cultures sud américaines, comme la bossa nova dans Visit To Florida. Quant aux orchestrations, elles font, comme dans Jungle Soul, la part belle aux flûtes, à l'harmonica et aux percussions. On trouve aussi un grand sens de l'efficacité : Strange Galaxy et Ahmenabad allient force de la mélodie répétitive aux orchestrations électriques : Claviers, utilisés à la manière des films policiers américains, et guitares. Les thèmes sont de durées assez variables. Mais toute une série de morceaux, ou plutôt d'indicatifs, durent à peine plus d'une minute, un temps tout à fait adaptée à des génériques de télévision. De la Planification pianissimo au Train Bleu, du pop Riff and Blues à Objectif Rythme, ces thèmes atteignent leur cible ! Quant au deuxième cd, il contient 18 revisites par des pointures de la musique électronique actuelle, preuve de la modernité de ces musiques datant de presque 40 ans ! Parmi les titres les plus repris, on trouve Picture Of Spring par Count De Money, Swayzak, Marc COLLIN, et BANG BANG. Mais aussi Strange Galaxy par Danny Wild & Goldfinger et Villeneuve; Autant de (re)créations, d'hommages illustrant l'intemporalité des mélodies et la popularité de Jack AREL. Indispensable, rare, cette compilation sort de l'ombre un compositeur souvent moins connu que ces musiques ! Surtout, elle rend compte d'un artiste qui, en quelques mesures, parvient à installer une ambiance ! Des originaux d'hier aux remix d'aujourd'hui, les musiques de Jack AREL, continuent de traverser les écrans…De Paris à Liverpool !
ORIGINAL & REMIXES - Thèmes originaux composés par Jack AREL + remixes.
65'18 + 66'56 - Koka média - kok1001 - Déjà disponible
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Anthologie

LE CINEMA DE MARCO FERRERI
Parmi les cinéastes fétiches de Philippe SARDE, on cite souvent à raison Claude SAUTET; On pourrait ajouter Marco FERRERI, avec lequel il a collaboré sur 9 longs métrages dans les années 1970 et 1980. Il est d'ailleurs amusant de constater qu'un cinéaste italien contactait un compositeur français au moment où Ennio MORRICONE travaillait chez nous, notamment pour Yves BOISSET. Comme nous le rappelle le livret, la rencontre de Philippe SARDE et Marco FERRERI en 1972 découle de la partition de LA VEUVE COUDERC, film de Pierre GRANIER-DEFERRE. LIZA dévoile déjà l'humour particulier du cinéaste dans ce film où une femme remplace un chien ! Quand il a demandé une musique à la couleur jazz à la française, Philippe SARDE lui a apporté un thème gracieux porté, comme d'habitude, par la magnificence de l'orchestration; Ici la trompette de Pierre DUTOUR et la contrebasse de François RABBATH pour la profondeur, le violon de Stéphane GRAPPELLI pour le romantisme. Ce qui se vérifie aussi dans le motif principal de TOUCHEZ PAS A LA FEMME BLANCHE, aux parfums de moyen âge pour un western dont la grandiloquence vient d'un orchestre anglais. Ainsi que dans LA DERNIERE FEMME, dont le thème résonne de manière presque enfantine par l'utilisation judicieuse de la flûte contrebasse de Michel SANVOISIN. Mais redevient grave dans les notes longues du clarinettiste Hubert ROSTAING. Grand amateur de variété et de rythmes ibériques, Marco FERRERI demandait souvent des chansons, comme ici Like A Bird In The Wind pour le crooner Bob MARTIN et la très espagnole Si Mi Quieres Aune; Une couleur typique apportée par la guitare, également présente avec un contrepoint de percussions et de cordes dans la superbe partition de CONTE DE LA FOLIE ORDINAIRE (1981). Immense succès, LA GRANDE BOUFFE reste célèbre aussi pour son tango clownesque joué par le saxophone d'Hubert ROSTAING, l'ocarina de Pierre POULTEAU et le piano de Pierre SPIERS; Remplacé par Michel PICCOLI dans une version solo. La musique du visionnaire REVE DE SINGE (1977) débute dans la gravité par une ligne de flûte contrebasse, bascule dans les rythmes africains et devient atmosphérique grâce à la clarinette (Hubert ROSTAING toujours). Le Portrait intense de L'HISTOIRE DE PIERRA (1983) doit beaucoup à l'excellence de Stan GETZ au saxophone et d'Eddy LOUISS à l'orgue électrique. Attendue depuis longtemps, cette compilation consacrée à Marco FERRERI ne déçoit pas, tant dans la force des mélodies que l'originalité des orchestrations. Puis, il y a parfois au détour des notes ce grain de folie du cinéaste qui dépeint sur son compositeur, qui ose s'approprier le thème de la charge de la brigade américaine sur les indiens; Un résultat qui brille par la puissance de l'orchestration, encore ! Par cet album, Philippe SARDE rends un ultime hommage à un des "hommes" de sa vie; Il en ressort plein d'émotion !
LE CINEMA DE MARCO FERRERI - Musiques de Philippe SARDE.
61'22 - Universal Jazz 984 877 8
LE REPOS DU GUERRIER / BARBARELLA
Nouvel étage de l'anthologie Michel MAGNE chez Universal, ce disque consacré aux films de Roger VADIM s'avère tout simplement somptueux. De 1958 à 1972, on y retrouve 6 partitions de grande qualité, alternant les thèmes classiques, contemporains et jazzy. La première constitue non pas celle d'un film mais d'un ballet, LE RENDEZ-VOUS MANQUE dont la Danse Des Flammes, servie de générique à l'émission 5 COLONNES A LA UNE; Un thème grandiose et particulièrement rythmé pour précipités de violons, percussions et cuivres. En 1962, Michel MAGNE signe la partition du film culte LE REPOS DU GUERRIER avec Brigitte BARDOT et Robert HOSSEIN, dont le thème profond, et inspiré de Jean-Sébastien BACH, utilise des cordes à la manière d'un adagio. Pour LE VICE ET LA VERTU, il compose un motif principal pianissimo sentimental, secondé par des vibratos de cordes et un surprenant Parc Romantique, thème lyrique pour harpe et trompette. Pour LA RONDE, il base sa partition sur une valse mélancolique, magnifiée par un contrepoint de piano. Point culminant de l'album : La partition inédite, rescapée des flammes, de BARBARELLA, une musique où Michel MAGNE avait mélangé les styles, les références temporaires; Les producteurs en furent tellement étonnés qu'ils en commandèrent une autre à un nouveau compositeur ! Pourtant, la partition originale contenait toute la folie et l'originalité du compositeur de FANTOMAS, qui nous conduit d'une grande fugue baroque à un adieu décalé dû à la guitare manouche de Manitas de Plata. La partition avait été orchestrée par Jean-Claude PETIT qui reprend du service en jouant la partie de piano de la Bossa De L'Espace; Bel hommage ! Le programme se conclut sur DON JUAN 73, qui marquait les retrouvailles de Brigitte BARDOT et Robert HOSSEIN ainsi que du cinéaste et du compositeur après quelques infidélités réciproques. La partition berce élégamment dans le romantisme par des thèmes légers, parfois valsant, pour cordes, piano et flûtes. Mais aussi dans le registre vocal, par des chansons écrites par Boris BERGMAN et interprétées par Mister Eye et une étonnante messe exécutée par des chanteurs amateurs. Il est passionnant d'observer le cheminement musical et cinématographique de Roger VADIM et Michel MAGNE, qui nourrissait ses musiques d'innombrables références au jazz, à la musique classique et à la variété; En témoigne sa collaboration avec Jean-Claude VANNIER, alors proche de Serge GAINSBOURG. Force des mélodies, éclat des orchestrations, interventions judicieuses des voix, les musiques de Michel MAGNE éclataient par leur inventivité; Un disque définitivement incontournable !
LE REPOS DU GUERRIER, BARBARELLA - Musiques de Michel MAGNE pour les films de Roger VADIM.
74'27 - Universal Jazz 984 894 1

LA GRANDE LESSIVE / L'ETALON
Après des débuts avec Maurice JARRE (LES DRAGUEURS), Jean-Pierre MOCKY a travaillé avec François de ROUBAIX puis Eric DEMARSAN, dont les musiques sont regroupées dans ce disque. Provocateur, Jean-Pierre MOCKY abordait déjà en 1968 des sujets délicats, notamment les néfastes effets de la télévision dans LA GRANDE LESSIVE ! avec BOURVIL et Francis BLANCHE; Un film où il engage François de ROUBAIX, musicien et guitariste trop tôt disparu qui lui compose un thème purement mélodique entouré de différentes orchestrations : Guitares acoustique et électrique, cuivres, flûtes et claviers. Il avait conçu pour le générique (Soirée Télévisée), une alternance des styles mais revenait toujours au motif de base. Il passait ainsi du rythme de la batterie, des percussions et de la clarinette jazzy au banjo de la musique de cirque. Signalons aussi cette chanson religieuse interprétée par Bourvil accompagné d'un orgue et d'une chorale et celle, inspirée du thème du film et enregistrée en 2007 par Fred PALLEM et Angèle HUMEAU (Et Si On Invitait James Dean ?). Les voix et la guitare reviennent l'année suivante dans la partition de L'ETALON (Le Troubadour Aime L'Amour, Retour A La Nature), où comment un vétérinaire propose aux mal baisées les services d'étalons humains. Le thème principal, de couleur assez populaire, s'ouvre au piano bastringue suivi d'un développement pour xylophone, cordes et chœur, toujours ! Dernier film de cette collaboration, CHUT (1972) annonce CHAPI CHAPO, composé l'année suivante : Mouvement valsant, prépondérance des cordes, voix du compositeur (Chutes De Chut) et surtout les flûtes, présentes aussi dans Filature Au Clair De Lune. A nouvelle génération de comédiens, nouveau compositeur : Dès 1973, Jean-Pierre MOCKY collabore avec Eric DEMARSAN, reconnu pour les musiques des films de Jean-Pierre MELVILLE. Pour L'OMBRE D'UNE CHANCE, il compose une ballade sentimentale pour piano et cordes, également chantée par Nicole CROISILLE. Sa musique se distingue par son mode en mineur, la multiplicité des styles et de sombres orchestrations évoquant les amants. L'IBIS ROUGE marque la rencontre avec Michel SIMON et Michel SERRAULT dans le rôle d'un étrangleur maniaque. Le thème principal, sifflé et tournoyant sur un son de machine à écrire est là encore valsant; Un style qui évolue au gré des orchestrations. On termine avec une amusante chanson de variété, interprétée par le grand Sim dans LE ROI DES BRICOLEURS. Quel plaisir de (re)découvrir à travers ces musiques de François de ROUBAIX et de Eric DEMARSAN, deux regards musicaux sur un même cinéaste ! Juxtaposées, elles révèlent la cohérence de ses choix artistiques ; Une galette très plaisante !
LA GRANDE LESSIVE / L'ETALON - Musiques de François de ROUBAIX et Eric DEMARSAN pour les films de Jean-Pierre MOCKY - Déjà disponible.
65:34 - Universal Jazz 984 877 1
Egalement disponible JEAN-LUC GODARD : HISTOIRES DE MUSIQUES
avec des extraits de musiques composées par Martial SOLAL (A BOUT DE SOUFFLE), Michel LEGRAND (UNE FEMME EST UNE FEMME, VIVRE SA VIE, LES PLUS BELLES ESCROQUERIES DU MONDE, LE PLUS VIEUX METIER DU MONDE), Georges DELERUE (LE MEPRIS), Paul MISRAKI (ALPHAVILLE), Antoine DUHAMEL (PIERROT LE FOU, WEEK END) et Gabriel YARED (SAUVE QUI PEUT LA VIE).
74:27 - Universal Jazz 984 894 1
Cette page a été modifiée pour la dernière fois le mardi, décembre 22, 2009