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Dans les bacs
 

 

MUSICALES COMEDIES

Ce livre cd renferme deux albums enregistrés avec la grande harpiste (et femme du compositeur) Catherine MICHEL. Le premier regroupe quatre suites pour orchestre symphonique et harpe de ses plus grandes musiques de films. D’abord LES PARAPLUIES DE CHERBOURG de Jacques DEMY. Puis un concertino sur UN ETE 42 suivi du MESSAGER (THE GO BETWEEN) de Joseph LOSEY sur laquelle intervient le compositeur au clavecin. Et enfin, une suite de haut vol sur YENTL, de Barbra STREISAND. Dans le deuxième disque, enregistré récemment, Michel LEGRAND revisite les comédies musicales, dans des arrangements inédits pour grand orchestre et harpe. De son répertoire, il propose d’abord PEAU D’ANE de Jacques DEMY : après une ouverture à la façon d’un pot pourri, le compositeur et la harpiste en revisitent les airs : Amour, Amour empli de douceur, de la légèreté et du swing sur le Massage Des Doigts. Puis une partie plus intimiste avec les Conseils de la Fée des Lilas porté par la volupté aérienne de la harpe et un filet de flûte. Avant l’incontournable recette du Cake d’Amour et le thème du Prince et de la Princesse. Mais la partie la plus réjouissante est la suite tirée du PASSE MURAIILLE, l’adaptation de la nouvelle de Marcel AYME, emplie de joie et de nostalgie des faubourgs parisiens. Là aussi, les grands thèmes, très variés, se succèdent, de l’ouverture avec le Chœur des fonctionnaires au final d’une grande générosité sur le thème du personnage de Dutilleul (Un Homme Ordinaire). On entend également des suites de grands classiques, comme PORGY AND BESS, l’opéra de Georges GERSHWIN qui réussie l’alchimie des musiques savantes et populaires. La harpe y apporte une délicatesse, notamment sur Summertime. Puis WEST SIDE STORY de Léonard BERNSTEIN où les cordes de Catherine MICHEL interviennent sur le devant de toutes les parties mélodiques et en renfort de l’orchestre. Et enfin une suite tirée de L’OPERA DE QUAT’SOUS de Kurt WEILL surtout connue pour la chanson Mack The Knife. Quel plaisir de découvrir ces suites dans lesquelles la harpe de Catherine MICHEL apporte souvent un côté baroque et surtout un supplément d’âme, de magie à des mélodies éternelles. Très à l’aise, Michel LEGRAND revisite donc avec bonheur les grandes pages des comédies musicales. Si on peut regretter une certaine facilité dans le choix de titres très souvent repris comme WEST SIDE STORY, on se réjouit des suites attendues voire inespérées de PEAU D’ANE et du PASSE MURAILLE, rappelant que Monsieur LEGRAND reste toujours un grand compositeur de comédies musicales ; A quand la prochaine ?

MUSICALES COMEDIES, musiques de Michel LEGRAND, grand orchestre symphonique, Catherine MICHEL, harpe – Naïve 3 298490 016633 – 69:40 + 69:02

 

LA ROSE ET LA FLECHE (Musique inédite) / LES TROIS   MOUSQUETAIRES                                                                    

Ce disque, très attendu, regroupe les deux partitions de Michel LEGRAND pour des films de Richard LESTER. D’abord LES TROIS MOUSQUETAIRES ; une partition somptueuse, déployée dans une version restaurée d’après les masters originaux. Ce qui permet de faire ressortir toute l’ampleur, les moindres mouvements d’une musique jouée souvent par Michel LEGRAND en concert. Après une ouverture tout en retenue (Main Titles), on trouve un thème principal plein de percussions et de panache (Sword For Your Supper). Et on note des sonorités qui balancent entre baroque et grand orchestre avec beaucoup de cuivres, notamment des trompettes, comme sur d’autres thèmes chevaleresques (Foiled Again) ; également sur des motifs plus intimistes qui, par des flûtes notamment, renvoient, au quotidien des mousquetaires (A Round And Around Four Abreast, Dirty Business In The Dirty Laundry). On trouve aussi de la romance, par des thèmes emplis de passion qui privilégient les cordes (To Love A Queen). Il s’agit d’une véritable redécouverte de ce genre de partition grandiose qui donne envie de partir sur les traces des joyaux de la Reine ! En deuxième partie, on peut enfin écouter en intégralité cette fameuse composition pour LA ROSE ET LA FLECHE rejetée par le cinéaste ; moins grandiose mais tout aussi passionnante, son lyrisme se déploie en contrepoint des mélodies et d’orchestrations plus profondes, plus concertantes. Il s’agit d’une partition à prendre davantage dans sa globalité que dans ses thèmes qui amènent toujours une pointe de tension, de gravité derrière les sentiments. Ce qui se vérifie dans un thème pour violon solo et cordes en arrière qui apportent un souffle de mystère et de nostalgie sur le couple vieillissant de Robin Et Marianne (Reunion, Sweet Memories). Egalement dans l’ombre de combats où la musique joue manifestement plus l’ambiance sombre que la violence, d’où des motifs profonds et des notes serrées (The Attack) ; des thèmes de chevauchées tout en retenue (The Ride). Plus qu’une musique de film, Michel LEGRAND livrait à Richard LESTER une véritable œuvre de concert dédiée à la passion de Robin Et Marianne. Il dépasse les images pour livrer une partition qui innove, qui apporte un éclairage inédit ; une musique d’une grande richesse harmonique et stylistique ; Au point qu’elle en a désarçonnée le metteur en scène !  Plus de 30 après, on peut enfin en découvrir toute la richesse, toutes les subtilités. Avec ces deux partitions, on touche Le Grand de l’œuvre de Michel pour le cinéma, en quelque sorte sa « rose » (entendue à l’écran) et sa « flèche », magnifiquement réhabilitée à travers ce disque ; une belle façon d’écouter le cinéma !

LA ROSE ET LA FLECHE (Musique inédite) / LES TROIS MOUSQUETAIRES, musiques de M LEGRAND pour les films de R LESTER- Universal Music Jazz 531 876 0 – 74:45

 

Dans les bacs - Sur les écrans le 10 juin

CORALINE                                                                                                     

Belle surprise que de retrouver l’excellent Bruno COULAIS sur ce film d’animation adapté du best-seller de Neil GAIMAN par Henry SELICK (L’ETRANGE NOEL DE M JACK). C’est l’histoire d’une fillette très curieuse qui découvre, derrière une porte secrète, une version, plus joyeuse et effrayante, de sa propre vie. Pour cette partition aussi instrumentale que vocale, Bruno COULAIS a composé une musique pleine de fraicheur, de sensations et d’ingéniosité. Comme il en l’habitude, il a travaillé avec l’Orchestre Symphonique et les chœurs de la radio nationale de Hongrie dirigés par Laurent PETITGIRARD. Et a retrouvé le chœur d’enfants de Nice, dirigé par Alain JOUTARD, qu’il avait déjà côtoyé sur ses opéras pour enfants (IL GIOCO DI ROBIN E MARION). Le disque s’ouvre par un End Credits avec des cordes et des voix galopantes ; le ton est donné pour un voyage musical décalé. Avec Dreaming, on entre dans un thème principal à la mélodie enfantine qui dégage une grande douceur, de la poésie et de l’étrangeté. On remarque le subtil mélange des voix avec Teri HATCHER (la mère de Coraline), le chœur d’enfants et même les murmures de Bruno COULAIS ; cette chanson trouve sa continuation naturelle à la manière d’une berceuse pour la harpe d’Hélène BRESCHAND et la voix solo de Mathilde PELLEGRINI (Installation, Exploration, Alone). Mais aussi dans sa déclinaison instrumentale (In The Bed). On trouve également des chansons amusantes (Sirens Of The Sea) ; et encore des motifs atmosphériques qui mélangent cordes, percussions, claviers (joués par Bruno COULAIS) et les vibrations des différentes guitares de Bernard PAGANOTTI (Wybie). Bruno COULAIS n’en oublie pas les thèmes de pure frayeur (Ghost Children, Dangerous Garden, The Hand). Plus étonnant est le mélange de swing, dans les guitares, les contrebasses, le hautbois et les percussions et de sonorités légèrement celtiques (Fantastic Garden, Spink And Forcible). Le chœur d’enfants est parfois utilisé comme une nappe étrange sur The Supper. Après une musique inégale pour BRENDAN ET LE SECRET DE KELLS, Bruno Coulais revient avec une composition qui baigne dans des sonorités veloutées. Fort de ses expériences cinématographiques et opératiques, il utilise les voix, de la soliste Mathilde PELLEGRINI (du chœur d’enfants Orféo) mais aussi de Teri HATCHER et même la sienne comme de véritables instruments au service d’un étonnant scénario musical. Au même titre que Coraline embarque dans une aventure déjantée, Bruno COULAIS nous emmène dans une partition joyeusement délirante, qui navigue du jazz à la berceuse en passant par l’opéra atmosphérique, confirmant ainsi sa large palette musicale ; Quel talent ; il n’a pas fini de nous étonner ce Monsieur JACK. Pardon ; ce Monsieur COULAIS !

CORALINE – Bande originale du film de Henry SELICK composée par Bruno COULAIS  – 59’46 – Koch records / Naïve – Disponible.

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Dans les bacs - Sur les écrans le 14 janvier
AFTERWARDS (ET APRES)                                                                        

Dans la lignée de LA JEUNE FILLE ET LA PERLE, à partir d’un thème au piano Alexandre DESPLAT propose une partition majestueuse et envoûtante !

Un film de Gilles BOURDOS, avec Romain DURIS, John MALKOVICH, Evangeline LILLY, Pascale BUSSIERES, Reece THOMPSON.

Musique originale d’Alexandre DESPLAT.

Nathan est âgé de 8 ans quand il passe dans le tunnel de la mort en tentant de sauver une fillette. Devenu adulte (Romain DURIS, remarquable), marqué par un divorce douloureux, il ne vit plus que pour son métier d’avocat, loin de son ex-femme Claire et de sa fille. Jusqu’à sa rencontre avec l’étrange docteur Kay (John MALKOVICH), qui bouleverse sa vie. Nathan s’interroge alors sur son existence : est-il vraiment vivant ou en sursis, et jusqu’à quand ; un long parcours commence, entre terre et ciel… Le film s’ouvre sur de superbes images d’une nature à l’aube de la vie, comme l’enfant qui sera foudroyé. Alexandre DESPLAT déploie alors un thème principal empli de grâce : une ligne intense de cordes suivie d’une mélodie pianissimo et mélancolique, sur l’envol majestueux de cygnes (The Wonder Of Life). Dans la continuité, il introduit des morceaux voluptueux à base de piano et d’un contrepoint de cordes qui jouent sur la mélancolie, la nostalgie familiale (River Flows, Dandelions). Dans un second temps, les notes semblent plus mystérieuses, plus aériennes avec du souffle (N.D.E.) ; les nuées de piano apparaissent davantage espacées et accompagnées de vibrations obsessionnelles (New Mexico). On remarque une sorte de pulsation ; un rythme qui agit comme un avancement vers l’au-delà, ce que symbolise la relation entre Nathan et Kay (Tell Me When). On relèvera quelques cuivres retentissants et surtout une courte cellule de saxophone avec un écho dramatique (Crossroad, Vision). Signalons encore l’importance d’une ligne de violoncelle, en complément d’une couleur grave (Kind Of Red, Here & Now). Mais aussi de séquences intimes, planantes comme ces mouvements pianissimo sur une famille dans l’immensité d’un désert de sable (White Sand, Angel Reflections). La partition se termine par un retour à la couleur d’ouverture, pleine de douceur (The Swan’s Song). Gilles BOURDOS, qui avait déjà collaboré avec Alexandre DESPLAT sur INQUIETUDES, signe un film étrange qui brille par ses séquences lumineuses et, en même temps, déroute par sa proximité avec le fantastique. Les plus belles séquences restent celles relatant des pages d’amour en suspension dans des paysages d’automne. Dans la lignée de LA JEUNE FILLE ET LA PERLE, Alexandre DESPLAT propose une partition majestueuse, délicatement mélodique. D’un thème au piano, il amène beaucoup d’émotion, fait surgir des étincelles de ses personnages. II n’en oublie pas la dimension mystique à travers des orchestrations plus froides, plus agitées. II en ressort une musique de toute beauté, envoûtante.

ET APRES – Bande originale du film composée et dirigée par Alexandre DESPLAT -53:03 – Naïve - Déjà disponible

Actuellement dans les bacs - Sur les écrans le 24 décembre
SUNNY ET L'ELEPHANT                                                                             

 

D’une mélodie qui symbolise le rapport de l’homme et de la nature, Joe HISAISHI tire une partition universelle qui célèbre le meilleur de l’humanité !

Après LE PETIT POUCET d’Olivier DAHAN, le compositeur japonais Joe HISAISHI revient sur un film français ! Entre fiction d’aventures et documentaire, les réalisateurs Olivier HORLAIT et Frédéric LEPAGE (CHRONIQUES DE L’AFRIQUE SAUVAGE, musiques de Carolin Petit) suivent Sunny, un adolescent rêvant de devenir cornac, comme son vieux maître Boon. Mais les temps sont durs en Thaïlande : les éléphants et leurs maîtres sont chassés des forêts et errent dans les grandes villes. Par chance, Sunny et Boon rencontrent Nicholas, un vétérinaire qui va les aider à rejoindre la forêt dont ils vont devenir des protecteurs. Joe HISAISHI nous propose une partition qui séduit d’emblée par sa fraîcheur, sa richesse harmonique autant que mélodique. Dès le générique, il impose le thème principal (Dara And Sunny, Arriving In Bangkok) : sur de superbes images d’exode vers la ville, il introduit de petites percussions puis une imparable mélodie pleine de grâce qui s’envole rapidement. Dans un deuxième temps, des pizzicatos de cordes et quelques cuivres annoncent le danger guettant l’adolescent et ses maîtres. On retrouve ce thème dans des variations dont les arrangements jouent sur le rythme des percussions sur les séquences avec les braconniers (Poachers, They Got Prisoners). Joe HISAISHI le décline encore dans une splendide marche héroïque portée par une mélodie pianissimo qui rejaillit à travers des passages solo (Return Of The Patrol). C’est d’ailleurs une des forces de la partition, très orchestrale, de profiter des solos de pianos sur des moments enjoués (Waterfalls, Cool !, Sunny’s First Patrol avec de hautes parties de trompette), d’autres plus intimes (By the River) ou de tendre complicité (Happy Together, Baby Tigers). Mais aussi de la plénitude de l’orchestre qui sait aussi se faire planante (Go To The Temple), plus secrète sur des plages enchantées (Mysteries) ou profonde sur des rapports d’éducation et de nostalgie relevée par les caresses d’un solo violon (Becoming A Man). Le compositeur nous emporte aussi dans des séquences d’action voir de tension avec des motifs plus attendus mais tout aussi riches dans leurs orchestrations (So Close To Danger, Final Battle). On trouve ainsi de superbes notes rythmées par les caisses claires qui s’élèvent dans les cordes lors de la chute de l’éléphant dans un ravin qui coïncide avec la rencontre entre Dara, Sunny et Nicholas (The Accident, Rescuing Dara, Fire). Porté par une écriture qui rappelle souvent l’école européenne, Joe HISAISHI livre une musique brillante : D’une mélodie qui symbolise le rapport de l’homme et de la nature, Joe HISAISHI tire une partition universelle qui célèbre le meilleur de l’humanité dans un film résolument familial et intelligent ; Assurément la plus belle musique de film de cette fin d’année !

SUNNY ET L’ELEPHANT – Bande originale du film de Frédéric LEPAGE & Olivier HORLAIT composée par Joe HISAISHI - Cristal Records CR 141. 49:49 – Déjà disponible

Sur les écrans et dans les bacs
CASH                                                                                                                 

Un film écrit et réalisé par Eric BESNARD, avec Jean DUJARDIN, Jean RENO, Valeria GOLINO, Alice TAGLIONI, François BERLEAND et Clovis CORNILLAC.
Un arnaqueur et beau gosse (Jean DUJARDIN – Très en forme !), décide de venger, à sa manière, l’assassinat de son frère Solal (Clovis CORNILLAC). Pour l’aider, il compte sur Garance (Alice TAGLIONI), son futur beau-père Maxime (Jean RENO) et une flic (Valeria GOLINO) et monte un casse d’envergure. Mais, s’agissant d’une arnaque, il y aura forcément un pigeon qui ne sera dévoilé qu’à la fin du film. Le réalisateur Eric BESNARD souhaitait une musique proche des notes de Lalo SCHIFRIN et de Quincy JONES, et un orgue Hammond. En rencontrant Jean-Michel BERNARD, il a fait la bonne pioche ! Celui-ci a composé une partition pleine de rythme, de sonorités jazzy et funky. Dès le premier thème (Arrivée Solal), il déploie un motif soutenu par une cellule répétitive et des sonorités à base d’orgue, de contrebasse et de percussions qui rappellent le cinéma américain des années 1960 & 1970. Les thèmes principaux sont souvent associés à des personnages : Ainsi, le générique met en scène CASH dans un jeu de séduction mais dévoile le thème de Garance avec sa cellule mélodique et des cuivres en écho. Sur Maxime (Le Charme, La Péniche), on entend un motif plutôt léger avec des claviers, de la flûte et de la batterie. Pour le Casse, on trouve un thème crescendo, développé avec des cuivres et un contrepoint de piano. Le compositeur étire une partition souvent sournoise qui sait jouer parfois d’un instrument solo, comme la flûte traversière lors de la poursuite des mercenaires. Précisons que le thème de ces derniers (François BERLEAND notamment) a la particularité de contenir une boucle autour d’une ligne de contrebasse, de claquements de mains et de percussions ; II revient dans la Conclusion justement appelée Jubilatoire, dont on se régale du développement funky, de l’accélération pianissimo, de l’orgue et l’entrée, à la façon de James BROWN, de Freddie MEYER (Déjà remarqué sur BRICE DE NICE). On est heureux de retrouver Kimiko ONO sur la chanson (Trop discrète à l’écran) Game Bird dont elle signe les paroles. Par des sonorités et des rythmiques très efficaces, Jean-Michel BERNARD signe une partition qui appuie la tension pour exploser dans une Estouffade à l’Ancienne sur le révélation du Pigeon. Avec le soutien du réalisateur, il a, dans la continuité de son mentor Lalo SCHIFRIN, et en adaptant des sonorités des années 1970, réalisé une partition aux accents fortement américain. Porté par ce film qui balance entre romantisme et policier, Jean-Michel BERNARD déploie un ton original et succulent qui pourrait lui valoir de vite devenir un des nouveaux compositeurs chouchous des américains !
CASH – Musique de Jean-Michel BERNARD. 63:54 – Naïve - Déjà disponible
Sur les écrans et dans les bacs
LUST,CAUTION                                                                                           

Pendant la seconde guerre mondiale, dans la Chine occupée par le Japon, Wong, jeune étudiante (Tang WEI), est missionnée pour séduire M. YEE (Tony LEUNG) ; Un collaborateur que la résistance chinoise veut anéantir. Sauf qu’entre temps, leur relation se complexifie. Alexandre DESPLAT, qui multiplie les collaborations sur des productions américaines, a composé une partition voluptueuse, dont l’ampleur flirte du côté des meilleures musiques de John BARRY ; Le spécialiste du genre. La partition part d’une valse élégante pour piano et orchestre, reprise plus tard par le Traffic Quintet, une formation de chambre créée par le compositeur. Mais, rapidement, elle s’articule et se dévoile autour du thème de Wong Chia Chi, la jeune étudiante. Jusqu’à son complet développement, somptueux et sensuel sur le générique de fin, avec un contrepoint de violon solo et des cordes obsessionnelles. On retrouve ce thème d’abord par bribes à travers des mouvement doucement mélodiques pour piano et grand orchestre comme Falling Rain ; Une construction habile, souvent en mineur et légèrement rythmée, dont les atmosphères jouent sur l’ambiguïté (Sacrifice). Egalement dans des variations sur le mode de l’adagio pour cordes et souvent de la harpe solo, avant un développement particulièrement poignant. Mais aussi des extensions charnelles où les notes de piano tombent sur des nuées de cordes et un contrepoint de violoncelle (The End Of Innocence). On notera la présence discrète mais redondante du xylophone qui, sur des morceaux profonds et graves privilégiant les longues notes et les pizzicato, donne le tempo des activités de M YEE (Streets Of Shanghai). On trouve également de lentes extensions qui jouent sur le mystère et le charnel, avec des cordes crescendos autour d’une base pianissimo (Moonlight Drive, The Angel). Les références au compositeur britannique persistent dans la langueur qui se dégage de mouvements passionnels (The Secret, The South Quarry). Alexandre DESPLAT signe, une fois de plus, une partition brillante et virtuose. Partant de la simplicité d’une valse, il déploie progressivement une toile qui joue des drames d’une période trouble pour avancer vers des motifs remplis de délicatesse. Comme souvent, il privilégie l’orchestre sans en abuser, n’en oubliant pas, comme autant de sonorités essentielles, les instruments solistes. Alexandre DESPLAT magnifie la discrétion des rapport humains dans la tourmente, pour mieux briller sur la luxure et la passion.
LUST, CAUTION – Musique originale du film de Ang LEE composée par Alexandre DESPLAT - Déjà disponible. 60:08 – Decca Universal 174 6371
Sur les écrans et dans les bacs
LES ANIMAUX AMOUREUX                                                                      

Œuvre divertissante et instructive, LES ANIMAUX AMOUREUX raconte les différentes espèces à travers le processus amoureux. Genre entier, le film animalier constitue toujours une opportunité pour un compositeur de s’exprimer librement et longuement. Habitué de ces films qui montrent la nature (La trilogie QATSI, mais aussi ANIMA MUNDI de Godfrey REGGIO), le prestigieux compositeur américain Philip GLASS ne pouvait que se laisser entraîner dans ce projet. D’autant qu’en complément des sonorités naturelles, la musique originale fait partie de la narration. Dès le début (L’Envol Des Cygnes), il introduit un mouvement profond, ample et répétitif. On y retrouve sa patte à travers les claviers et des boucles qui expriment les terres lointaines ; Egalement des notes de piano qui appuient les cordes en contrepoint et des flûtes pour l’immensité des paysages. Fidèle à sa réputation, Philip GLASS déploie une partition souvent obsessionnelle, mais plus aérienne et mélodique qu’accoutumée (La Course Sur L’Eau Des Grèbes). Par des ambiances profondes, de petites percussions, il suggère la diversité des espèces ; Egalement leur envol, à travers de larges développements (La Toilette). En plus des habituels claviers, on remarque le soutien d’un orchestre dirigé par le fidèle Michael RIESMAN dont les mouvements harmoniques et les reprises de quelques notes décrivent superbement la faune (Les Regards, Les Flairs). Parce la nature s’avère souvent violente, le compositeur propose aussi des thèmes très rythmés : Dans Les Combats, il développe un mouvement grave avec roulements de tambours, trompettes, entrecoupé de notes majestueuses. Avant l’entrée de flûtes, percussions, claviers et voix pour exprimer la vitesse, le danger. II nous subjugue aussi par la grâce de certains morceaux comme La Naissance Du Faon suivi de sa rencontre avec Les Grues Japonaises ; Une ouverture vers la vie pour cordes poignantes et un piano léger en intermittence et un motif plus voluptueux avec un contrepoint de trompettes comme signe de ralliement. On trouve également beaucoup de délicatesse et de légèreté à travers des thèmes parfois chantants (Les Orangs-Outans Et Les Petits Canards) ou plus sérieux (Le Retour Des Animaux). On notera encore des réminiscences martiales par les boucles de caisses claires et orientales dans l’utilisation de certaines percussions comme le gong (Des Insectes Aux Baleines). Philip GLASS a composé pour ce film une musique très riche et qui se pose magnifiquement sur les images. Fidèle à son style, qu’il déploie et renouvelle à travers de superbes orchestrations, il met en musique les rites amoureux des animaux avec une grande classe !
LES ANIMAUX AMOUREUX – Musique du film de Laurent CHARBONNIER, composée par Philip GLASS, direction d’orchestre de Michael RIESMAN – Polydor Universal 530291 2 - Déjà disponible.
Pour la première fois en cd !
UNE CHAMBRE EN VILLE                                                                        

25 ans après sa sortie, voici la réédition de la bande originale d’un des derniers rêves de Jacques DEMY, qui espérait renouait avec le succès de la comédie musicale " en chantée " LES PARAPLUIES DE CHERBOURG, créée en 1964. Mais avec une nouvelle équipe car ni Michel LEGRAND, ni Catherine DENEUVE, ne l’ont suivi. C’est donc avec Michel COLOMBIER qu’il a conçu ce drame musical sur fonds de grèves aux chantiers navals nantais en 1955, réussi mais boudé par le public. La partition de Michel COLOMBIER privilégie souvent le piano, idéal pour les séquences chantées et un orchestre à cordes pour l’aspect romanesque. Dès le Générique, un superbe instrumental, il déploie les deux motifs principaux, l’un intimiste au piano, l’autre pour orchestre, et annonce, par un thème grandiose la couleur qu’il développera dès le titre La Rencontre. L’ouvrage multiplie les duos dont l’alliance rythmique et la touche de variété en font des moments de grâce (Violette Amoureuse). Dans les orchestrations, on note un parallèle entre le piano et l’orchestre dans les thèmes d’Edith avec ou son mari (Edmond Et Edith) ou son amant (La Chambre D’Hôtel) ; Egalement un mauvais présage dans les cordes et l’entrée des cuivres, principalement les trombones (La Cartomancienne). Au niveau des parties vocales, on entend l’intégralité des dialogues chantés et des affrontements dont la violence rappelle les récitatifs d’un opéra. Tandis que la guitare électrique, le toucher de piano et l’omniprésence rythmique amènent parfois un côté rock (La Première Grève, Chez La Baronne, La Deuxième Grève). Egalement des parties chorales gravissimes (Le Café Des Chantiers, introduction Violette Et Dambiel). Dans le deuxième acte, la partition multiplie les crescendos (L’Amour D’Edith) pour un propos dont la dimension tragique culmine lors du Suicide D’Edmond : Un duo avec Edith, porté par l’omniprésence du piano, qui commence doucement pour mieux exploser dans la cruauté des mots et l’ascension orchestrale. On relèvera sur les deux amants une touche nostalgique (La Poupée) avant un final poignant et symphonique (La Mort Des Amants). Michel COLOMBIER a composé une partition dont les thèmes évoquent la passion, le combat, la vie et la mort ; Un opéra cinématographique dont les couleurs nuancent la noirceur du scénario ; Une édition simple, qui vient des Etats-Unis, pour (re)découvrir une œuvre magnifique, injustement méconnue.
UNE CHAMBRE EN VILLE – Bande originale du film de Jacques DEMY ; Musique originale composée par Michel COLOMBIER - 42'58 + 47’21 – Kritzerland KR 20011-5 – Edition limités à 1200 exemplaires.
www.kritzerland.com
En Salles Et Dans Les Bacs
LE DEUXIEME SOUFFLE                                                                           

Dans les années 1960, Gu (Daniel AUTEUIL – Magnifique !) s’évade de prison. Avant de disparaître accompagné de Manouche (Monica BELLUCCI), il accepte de participer à un ultime hold-up. Depuis 30 ans, Alain CORNEAU rêvait de tourner une nouvelle adaptation du roman de José GIOVANNI ; Depuis près de 25 ans, FORT SAGANNE et la musique mythique de Philippe SARDE, nous rêvions qu’il renoue avec la musique originale pour un de ses films. Aujourd’hui, le réalisateur du CHOIX DES ARMES s’est dirigé vers Bruno COULAIS qui, comme lui, apprécie Howard SHORE et dont certaines de ses musiques, notamment LES RIVIERES POURPRES, l’ont marqué. En compositeur passionné par les univers terrifiants, Bruno COULAIS apporte d’entrée une dimension tragique voire fantastique au parcours de Gu. II introduit une atmosphère lourde, profonde d’où s’échappe une mélodie souvent répétée (La Tristesse De Blot par exemple) et jouée par la clarinette pour représenter un parcours forcément tragique ; Un thème mélancolique dont le contrepoint de cordes tournantes renvoi à la spirale dans laquelle il s’engouffre sur un rythme battu par la grosse caisse. Le thème de Fardiano (Philippe NAHON) apparaît plus trépidant, soutenu par les cordes et des cuivres pour le côté cauchemardesque ; Ce qu’évoquent également des musiques grandioses comme Les Pressentiments De Gu et le thème de sa rencontre avec Orloff (Jacques DUTRONC). Plus à l’aise dans l’inquiétude que l’action, le compositeur amène volontiers de la tension à travers une musique soutenue par des cordes tendues, des cuivres qui sonnent comme des sirènes sur des mélodies répétitives et des crescendos graves (La Confession De Fardiano). Mais aussi des mouvements de cordes pincées sur le thème de Gu (L’Evasion de L’Hôpital). La partition est interprétée par l’Orchestre Philharmonique Tchèque sous la direction, une nouvelle fois, de l’excellent Laurent PETITGIRARD. Seules les quelques musiques d’ambiances jazzy (Chez Ricci) ou Bossa Nova (Sexy Girls) ont été enregistrées à Paris avec André CECCARELLI à la batterie, Rémy VIGNOLO à la basse, Franck TORTILLER au vibraphone et Nicolas FOLMER à la trompette. La partition se conclue sur une Fin De Partie en forme de symphonie contemporaine tellement brillante qu’on l’imagine déjà développée au-delà de l’écran. Bruno COULAIS déploie donc, autour d’un thème principal marquant, une partition à l’écriture très actuelle, souvent contrapuntique, obsessionnelle, pleine de sensations et d’atmosphères. Dans la continuité de partitions précédentes, comme LES ROIS MAUDITS, il persiste dans l’exploration de la face sombre de l’humanité avec une rare force dramatique.
LE DEUXIEME SOUFFLE – Bande originale du film de Alain CORNEAU ; Musique originale composée par Bruno COULAIS - 50'58 – Naïve
En Salles Et Dans Les Bacs
SA MAJESTE MINOR                                                                                  

Réalisation Jean-Jacques ANNAUD sur un scénario de Gérard BRACH. Avec José GARCIA, Vincent CASSEL, Mélanie BERNIER, Claude BRASSEUR, Jean-Luc BIDEAU.
Dans des temps très anciens, sur une île de la mer Egée, vit Minor (José GARCIA), un homme muet qui ressemble tellement à un cochon qu’il partage sa couche avec… une truie ! Quand il tombe d’un olivier en observant la belle Clytia (Mélanie BERNIER) et le poète Karkos, les villageois le croient mort. Mais le lendemain, il revit et parle ; Tous le sacrent roi et acceptent de le servir. Même Clytia commence à succomber. Mais Minor peut-il chasser le cochon qui est en lui ? D’autant qu’il fréquente le dieu Pan, également nommé Satyre (Vincent CASSEL), qui l’initie aux imprévus du paganisme. Interprété par des acteurs tous excellents, Jean-Jacques ANNAUD a réalisé une comédie inédite dans l’époque et dans son scénario ; Un véritable moment de jouvence qui s’intéresse aux cochons et à une sexualité alors sans tabous ! Pensant musique dès le scénario, il a convié le compositeur espagnol Javier NAVARRETE (LE LABYRINTHE DE PAN) à composer une partition méditerranéenne ; Un lien entre le monde ancien et le moderne contenant autant de thèmes que de personnages, portés chacun par un instrument. Pour Minor Le Petit Cochon, il s’agit d’un thème principal à la mélodie chantante, ironique et latine déclinée de manière presque folklorique, avec beaucoup de flûtes et de cuivres (Le Cochon A Mordu La Bouchère) ; Romantique (Amour Et Folie) ; En lento pour contrebasse et doudouk (Les Conspirateurs). II a aussi un thème plus sensible pour violon solo, notamment quand il se réveille (Les Ombres Dans Le Crâne, Retour Au Logis) mais aussi avec une partie symphonique ( Une Larme Dans La Nuit). Le thème Pan est plein d’entrain avec une structure mélodique jouée à la flûte de pan par l’excellent Simion STANCIU SYRINX. Tandis que l’orchestre, surtout les cordes pincées et les trompettes, interviennent en soutien (La Forêt Mythologique, Pratiques Païennes, Non Satyre, Pour Un Conseil et Satyre). Quant à Karkos, son thème apparaît grave et doux, pour violon solo avant un développement crescendo (Le Destin De Karkos). On relèvera aussi plusieurs motifs aériens (Connais-Toi Toi-Même, Les Lucioles) et des airs pour lyre et ténor (L’Abîme De La Vie). Javier NAVARRETE a composé une partition riche dans les mélodies et dans les variations. Mais aussi dans les couleurs grâce à un rare panel d’instruments et un enregistrement entre la France et l’Espagne. Comme le souhaitait Jean-Jacques ANNAUD, il a composé une musique légère, rafraîchissante et qui sait lorgner du côté de la farce ; Une bande originale très majestueuse !
SA MAJESTE MINOR - Musique originale du film de Jean-Jacques ANNAUD composée par Javier NAVARRETE – DREYFUS musique FDM 46050 362772.
 
Cette page a été modifiée pour la dernière fois le lundi, novembre 16, 2009