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Dans les salles et Dans les bacs
 

 

THE LADY

Après ADELE BLANC-SEC, Luc BESSON s’intéresse à une autre femme, à la différence que la Lady dont il s’agit est bien réelle. The Lady raconte l’histoire d'amour hors du commun, d’un homme, Michael ARIS, et surtout d'une femme, Aung San SUU KYI, qui a sacrifié son bonheur personnel pour son peuple. Rien pourtant ne fera vaciller leur amour, pas même la séparation, l'isolement et l'inhumanité d'une junte politique. The Lady relate aussi le parcours d'une femme devenue l'un des symboles contemporains de la lutte pour la démocratie. Fidèle à son habitude, Luc BESSON a demandé à son ami Eric SERRA de composer la musique, lui permettant ainsi d’écrire une musique à la fois d’amour et d’aventures, sur fond de couleurs asiatiques. D’ailleurs, d’emblée, Eric SERRA propose un thème qui donne immédiatement la couleur par une superbe mélodie, très féminine, pour harpe et flûte sakuhachi (que l’on retrouve souvent sur le personnage de la Lady) des cordes frémissantes et du piano, plein de tendresse, de délicatesse et de féminité (Once Upon A Time In Burma, The Young Lady), repris dans plusieurs variations et différents tempos : de manière lente et douce, avec des flûtes accompagnées de percussions et parfois un contrepoint de cordes (Rangoon Family Home), sur un mode lyrique, puissant et symphonique (Landslide Victory, The Steel Orchid). Ou encore intégré dans un superbe solo de piano très intimiste (Banners of freedom). Sur les séquences romantiques, Eric SERRA propose un thème magnifique mais rapidement brisé par la noirceur des évènements retranscris par des sonorités plus électriques, plus sombres, plus aériennes (Love The Wonderland). Pour évoquer le combat pour la démocratie et contre la junte birmane et ses dégâts, Eric SERRA introduit une musique sombre et à la violence visible dans les percussions, le rythme (Long Way To Democraty, Under House Arrest, Lady In Waiting) et les cordes obsessionnelles mais aussi des développements qui appellent l’émotion, en particulier sur les séquences de discours (The Shewdagon Pagoda Speech, The Red Scarf, Nobel Peace Prize 1991) ou d’obsèques (The Funeral Of Daw Khin Kyi). De même, Eric SERRA propose des thèmes à la fois d’une grande pureté, portés par une ligne de piano ou de guitare avec un contrepoint lyrique, pour exprimer la solitude de la Lady (The Last Hug, So Happy You Are Here). Et en même temps, des motifs qui semblent plus atmosphériques, très mélodiques avec davantage de guitares, toujours du piano et de percussions asiatiques (Pamphlets For Democraty, Daw Suu And The Burmese Tribes, Be Gentle With Yourself). On n’oubliera pas non plus les thèmes basés sur la tristesse avec parfois des solos de violoncelle comme pour rappeler l’amour d’une mère (Mum Sends Her Love). Pour terminer, l’album comporte la chanson Soldier Of Love par SADE. Au final, Eric SERRA signe une musique de haute tenue, qui accentue l’émotion et sublime le combat d’une vie. Basé sur de superbes mélodies et des couleurs qui lui sont propres, il propose une musique à la fois personnelle et intemporelle.

THE LADY, bande originale du film de Luc BESSON, musiques d’Eric SERRA – Sony music 

 

A DANGEROUS METHOD

Pour sa première adaptation historique, David CRONENBERG a choisi d’évoquer la passion secrète unissant le psychiatre zurichois Carl JUNG (Michael FASSBENDER) et son élève, la jeune russe Sabina SPEILREIN (Keira KNIGHTLEY). En parallèle, on suit l’éveil de la complicité intellectuelle de Carl JUNG et Sigmund FREUD qui, tout en s’intéressant à Sabina, lui demande de traiter Otto GROSS (Vincent CASSEL), un toxicomane et amoraliste. Comme toujours depuis plus de 30 ans, David CRONENBERG a confié la musique à Howard SHORE, le compositeur avec lequel il a tissé une collaboration avant tout intuitive. Lorsqu’il découvrit que Carl JUNG et Sabina partageaient la même passion pour SIEGFRIED, Howard SHORE comprit qu’il devait baser l’architecture de sa partition sur l’opéra de Richard WAGNER. A partir de là, il a commencé à en adapter des morceaux et à les relier à l’histoire de Carl JUNG et Sigmund FREUD (Viggo MORTENSEN). Comme dans l’œuvre de Richard WAGNER, le piano apparait au centre de la partition d’Howard SHORE qui lui fait dédie une cellule harmonique reprise et développée par les cordes. D’où une musique dont les variations font ressortir le souffle, l’ampleur et le rythme (Burghhölzli). Régulièrement, Howard SHORE propose une musique profonde et assez large, avec une cellule harmonique mélodique obsessionnelle et crescendo (Miss Spielrein, He’s Very Persuasive). Il s’agit donc d’une musique de construction concertante et sérieuse avec beaucoup de piano, (Galvanometer, Siegfried, Confession). Il s’agit aussi d’une musique presque obsessionnelle avec des mélodies fines et des contrepoints ou pianissimo ou pour orchestre (Carriage) ou violon solo (Freedom). Pour le personnage de Sabina, Howard SHORE propose un thème étrange et orchestral doublé d’un contrepoint mélodique (Sabina). Pour le patient de Sigmund FREUD, il part, là encore, d’une ligne pianissimo pour lancer un mouvement à la fois sensuel et tragique (Otto Gross). Howard SHORE propose aussi quelques thèmes romantiques pour piano et orchestre (A Boat With Red Sails) et, sur un tempo plus lent, un développement orchestral très doux (End Of The Affair, Risk My Authority). Toujours basé sur des motifs wagnériens, on note aussi certains thèmes intimistes et poignants (Something Unforgivable). Enfin, le compositeur a arrangé la partition originale de Richard WAGNER pour la faire jouer par le pianiste virtuose Lang Lang (Siegfried Idyll). Quel talent Howard SHORE : après avoir transformé sa musique du film LA MOUCHE en un opéra (THE FLY), il part de la ligne directrice du SIEGFRIED de Richard WAGNER pour l’adapter aux contours du scénario de David CRONENBERG. D’où une partition à la fois classique et classieuse, qui part d’un mouvement concertant pour se transformer en véritable musique passionnelle !

A DANGEROUS METHOD, bande originale du film de David CRONENBERG, musique de Howard SHORE – Sony classical


 

 

THE ARTIST

A Hollywood en 1927, George VALENTIN (formidable Jean DUJARDIN), une vedette du cinéma muet sombre dans l’oubli, alors qu’une jeune figurante, Peppy MILLER devient une star. On ne change pas une équipe qui gagne : Michel HAZANAVICIUS retrouve donc Jean DUJARDIN et Bérénice BEJO (OSS 117 : LE CAIRE NID D’ESPIONS) mais aussi Ludovic BOURCE. Pour ce film, Ludovic BOURCE s’est d’abord ressourcé dans les compositeurs hollywoodiens des années 1920 1930 comme Max STEINER mais aussi de classiques comme Sergei PROKOFIEV. Il a essentiellement travaillé à partir des images montées car, surtout dans un film muet, la musique doit coller aux émotions des personnages. Ceci est particulièrement vrai dans le thème principal, celui de George VALENTIN, mélodique et rythmé, avec une ligne pianissimo en avant et un contrepoint symphonique. Magnifiquement servi par l’Orchestre Philharmonique de Bruxelles et ses 80 musiciens dirigés par Ernst VAN STIEL, ce thème porté par le piano dégage une véritable joie de vivre mais aussi une certaine mélancolie. Bien sûr, on le retrouve dans de multiples reprises et variations comme celle concertante lorgnant du côté des compositeurs russes (Fanfare D’Amour). Le second thème important est celui du personnage féminin de Pretty Peppy, une musique précipitée et tournante, avec de petits cuivres. Il s’en dégage toute la fraicheur de la jeune première dans un esprit musical proche de Max STEINER et de la jeune héroïne d’AUTANT EN EMPORTE LE VENT. On reste dans le même esprit mais plus grandiose pour évoquer la magnificence des studios hollywoodiens avec une musique ample et symphonique (At the Kinograph studio). Bien évidemment, on trouve aussi des thèmes romantiques, souvent en majeur, comme cette valse lente où la mélodie pianissimo se développe autour de la rencontre fortuite, sous les lumières de la ville, de deux vedettes (Waltz for Peppy) ou cet alliage plutôt jazzy de cordes répétitive, de clarinette et de pianos chaleureuses jazzy très cinéma des années 30 (Comme une rosée de larmes). Ou encore ce thème tout en retenu dans les cordes et les bois avant une mélodie pianissimo (In The Stairs). On sent parfois des influences du côté de Georges GERSHWIN notamment dans des morceaux rythmés et swingant (Silent Rumble). Ludovic BOURCE se tourne encore du côté des compositeurs classiques, notamment de l’école russe, pour apporter une certaine couleur sombre à certains motifs (1929). Dans la deuxième partie, progressivement, les influences vont vers Franz WAXMAN d’abord avec une musique profondément triste. On y retrouve des notes qui bruissent, des cuivres qui résonnent dans un développement ample et en mineur pour une musique plutôt dramatique qui met en avant harpe et violons (The sound of tears). Le compositeur plus contemporain Bernard HERRMANN sur L'ombre des flammes, une séquence qui nécessitait une musique plus sombre, avec davantage de vibratos, de cuivres et de percussions sur des scherzos de cordes. Au final, Ludovic BOURCE propose une partition délicieuse portée par des mélodies aussi légères que flamboyantes et des orchestrations qui utilisent fort habilement autant les instruments solistes, notamment le piano, que l’ensemble de 80 musiciens. Même s’il multiplie les références, il en découle une partition personnelle grandiose et d’une richesse inouïe, une véritable symphonie pour un couple éternel de cinéma ; chapeau l’Artist !

THE ARTIST, Bande originale du film de Michel HAZANAVICIUX, musique de Ludovic BOURCE – Sony classical – 01:18:05

TINTIN : LE SECRET DE LA LICORNE

Aussi attendue que le film, la partition de John WILLIAMS (la précédente remonte à 2008 et INDIANA JONES ET LE ROYAUME DU CRANE DE CRISTAL) pour le TINTIN : LE SECRET DE LA LICORNE arrive enfin dans les bacs ! On y retrouve le reporter Tintin entraîné dans une folle aventure et la découverte d’un immense trésor. John WILLIAMS nous propose une partition très riche même si, de prime abord, on attendait, sur un personnage aussi emblématique que TINTIN, on s’attend à un thème marquant. En fait, le compositeur des AVENTURIERS DE L’ARCHE PERDUE a décidé de nous emmener sur une autre voie, déployant une partition plus subtile qui colle davantage aux ambiances et à l’action qu’aux personnages. Sur Tintin, mais les Dupont avec davantage de cuivres, il présente un thème de construction plutôt jazzy pour clarinette, accordéon, piano interrogatif en contrepoint. Ce motif, qui joue du suspense, rappelle la musique d’ATTRAPE MOI SI TU PEUX ; une bonne entrée en matière pour un film qui va nous emmener de surprises en surprises (The Adventures Of Tintin, Introducing The Thompsons And Snowy's Chase). Sur Milou, on retrouve un John WILLIAMS très classique et efficace, avec un motif précipité qui, à la manière d’HARRY POTTER, s’envole avant de se développer de manière pianissimo (Snowy's theme). Comme il en possède le talent, John WILLIAMS mélange également mystère et aventures à travers des thèmes à la fois vibrants et rythmés (The Secret Of The Scrolls, Sir Francis And The Unicorn). On note aussi une incursion par l’orient lorsque les héros se trouvent dans le désert (Captain Haddock Takes The Oars). Il enchaîne également les pures moments d’action avec des motifs en scherzo brillant dont l’enchainement dans les cuivres et le rythme des percussions rappellent les meilleurs moments de STAR WARS (Escape From The Karaboudjan) ou encore INDIANA JONES ET LA DERNIERE CROISADE (The Clash Of The Cranes). On notera enfin que John WILLIAMS s’accorde une petite incursion par le classique en mêlant un extrait du BARBIER DE SEVILLE de Gioacchino ROSSINI interprétée par Renée FLEMING au thème très élégant de la Castafiore ; un thème qu’il développe de manière tonique dans le morceau suivant (The Pursuit Of The Falcon). Au final, John WILLIAMS signe une partition très complexe, une véritable symphonie sur les aventures d’un personnage légendaire. Il n’en néglige pas pour autant les situations burlesques à travers des motifs plutôt jazzy. Il multiplie donc les thèmes de bravoure dont la technicité harmonique n’a d’égal que la puissance des orchestrations d’un musicien qui reste, plus que jamais, un superman de la musique de films ! TINTIN : LE SECRET DE LA LICORNE confirme ce que l’on pressentait : ce sont les films et la musiques qu’il ne faut pas manquer !

TINTIN : LE SECRET DE LA LICORNE, bande originale du film de Steven SPIELBERG, musique de John WILLIAMS – Sony classical – 65:26

 

 

LE DIRECTEUR DES RESSOURCES HUMAINES (THE HUMAN RESOURCES MANAGER) – Cyril MORIN

Pour ne pas noircir sa réputation, une Boulangerie charge son Directeur des ressources humaines d’accompagner en Roumanie la dépouille de son employée décédée. Avec ce film très humain, le réalisateur Eran RIKLIS retrouve Cyril MORIN (LA FIANCEE SYRIENNE) qui propose d’emblée une partition dont les sonorités à base de cymbalum, de cuivres et de cordes mettent en parallèle les origines de l’employée et l’aspect tragique de la situation. Cela découle sur un thème principal légèrement mélodique porté d’abord par le cymbalum puis repris en contrepoint par l’orchestre et le piano (Human Resources, At The Office). Egalement sur des musiques où, accompagné de cordes moelleuses, le cymbalum renvoie aux fractures d’une expatriée (A Woman In Jérusalem). Ou encore, sur une tonalité assez froide, au voyage du D.R.H., avec des espaces entre les notes, et des reprises avec des vibratos de cordes en contrepoint (The Mission). Dès que l’on se trouve dans les paysages enneigés de Roumanie, la musique suit deux directions. La direction sanguine d’abord avec des thèmes enjoués portés par un violon tsigane accompagné de cuivres sortis d’une fanfare, de cordes pincées et de la voix de Monika LAKATOS qui scande des petits cris (Escaping The Cemetery). Au fur et à mesure du périple, des rencontres, la musique devient plus typée avec des motifs qui balancent entre le cymbalum, la trompette, une rythmique de cordes et le glissé d’un violon tsigane (Riding The Tank). La dimension tragique et sombre des paysages roumains ensuite se voit rendue par des motifs planants, obsessionnels et atmosphériques. On y entend alors des synthétiseurs, des violons grinçants, de la mandoline et quelques touches d’accordéon (Confronting Death, A Loving Hand) mais aussi des voix de gens perdus sur des vibratos de cordes et des percussions (Strange Native Land). Dans la même lignée, mais avec davantage de vibratos de cordes et de parties vocales façon lamentations, on remarque des notes à la mémoire de Yulia mais aussi la douleur d’une mère (Yulia) ou d’un fils (Souvenirs). On notera également quelques jolis thèmes mélodiques pianissimo avec une rythmique de cordes (A Journey To A Distant Land) ou dans un hôtel (Hôtel Lounge). Après CARTOUCHE et l’album THE EVOLUTIONIST, Cyril MORIN signe une partition très fluide habilement portée par des sonorités, des rythmes et des voix qui évoquent superbement différents horizons. Par delà les thèmes vibrants, Cyril MORIN confronte la force, le cuivre des musiques tsiganes à la délicatesse de son piano et de ses cordes pour une partition très pure, très riche. Il en ressort une musique souvent mélancolique, parfois joyeuse, une véritable invitation au voyage.

THE HUMAN RESOURCES MANAGER, musiques de Cyril MORIN pour le film de Eran RIKLIS – Colosseum CST 8149 2 – 40:09

 

MUSICALES COMEDIES

Ce livre cd renferme deux albums enregistrés avec la grande harpiste (et femme du compositeur) Catherine MICHEL. Le premier regroupe quatre suites pour orchestre symphonique et harpe de ses plus grandes musiques de films. D’abord LES PARAPLUIES DE CHERBOURG de Jacques DEMY. Puis un concertino sur UN ETE 42 suivi du MESSAGER (THE GO BETWEEN) de Joseph LOSEY sur laquelle intervient le compositeur au clavecin. Et enfin, une suite de haut vol sur YENTL, de Barbra STREISAND. Dans le deuxième disque, enregistré récemment, Michel LEGRAND revisite les comédies musicales, dans des arrangements inédits pour grand orchestre et harpe. De son répertoire, il propose d’abord PEAU D’ANE de Jacques DEMY : après une ouverture à la façon d’un pot pourri, le compositeur et la harpiste en revisitent les airs : Amour, Amour empli de douceur, de la légèreté et du swing sur le Massage Des Doigts. Puis une partie plus intimiste avec les Conseils de la Fée des Lilas porté par la volupté aérienne de la harpe et un filet de flûte. Avant l’incontournable recette du Cake d’Amour et le thème du Prince et de la Princesse. Mais la partie la plus réjouissante est la suite tirée du PASSE MURAIILLE, l’adaptation de la nouvelle de Marcel AYME, emplie de joie et de nostalgie des faubourgs parisiens. Là aussi, les grands thèmes, très variés, se succèdent, de l’ouverture avec le Chœur des fonctionnaires au final d’une grande générosité sur le thème du personnage de Dutilleul (Un Homme Ordinaire). On entend également des suites de grands classiques, comme PORGY AND BESS, l’opéra de Georges GERSHWIN qui réussie l’alchimie des musiques savantes et populaires. La harpe y apporte une délicatesse, notamment sur Summertime. Puis WEST SIDE STORY de Léonard BERNSTEIN où les cordes de Catherine MICHEL interviennent sur le devant de toutes les parties mélodiques et en renfort de l’orchestre. Et enfin une suite tirée de L’OPERA DE QUAT’SOUS de Kurt WEILL surtout connue pour la chanson Mack The Knife. Quel plaisir de découvrir ces suites dans lesquelles la harpe de Catherine MICHEL apporte souvent un côté baroque et surtout un supplément d’âme, de magie à des mélodies éternelles. Très à l’aise, Michel LEGRAND revisite donc avec bonheur les grandes pages des comédies musicales. Si on peut regretter une certaine facilité dans le choix de titres très souvent repris comme WEST SIDE STORY, on se réjouit des suites attendues voire inespérées de PEAU D’ANE et du PASSE MURAILLE, rappelant que Monsieur LEGRAND reste toujours un grand compositeur de comédies musicales ; A quand la prochaine ?

MUSICALES COMEDIES, musiques de Michel LEGRAND, grand orchestre symphonique, Catherine MICHEL, harpe – Naïve 3 298490 016633 – 69:40 + 69:02

 

LA ROSE ET LA FLECHE (Musique inédite) / LES TROIS   MOUSQUETAIRES                                                                    

Ce disque, très attendu, regroupe les deux partitions de Michel LEGRAND pour des films de Richard LESTER. D’abord LES TROIS MOUSQUETAIRES ; une partition somptueuse, déployée dans une version restaurée d’après les masters originaux. Ce qui permet de faire ressortir toute l’ampleur, les moindres mouvements d’une musique jouée souvent par Michel LEGRAND en concert. Après une ouverture tout en retenue (Main Titles), on trouve un thème principal plein de percussions et de panache (Sword For Your Supper). Et on note des sonorités qui balancent entre baroque et grand orchestre avec beaucoup de cuivres, notamment des trompettes, comme sur d’autres thèmes chevaleresques (Foiled Again) ; également sur des motifs plus intimistes qui, par des flûtes notamment, renvoient, au quotidien des mousquetaires (A Round And Around Four Abreast, Dirty Business In The Dirty Laundry). On trouve aussi de la romance, par des thèmes emplis de passion qui privilégient les cordes (To Love A Queen). Il s’agit d’une véritable redécouverte de ce genre de partition grandiose qui donne envie de partir sur les traces des joyaux de la Reine ! En deuxième partie, on peut enfin écouter en intégralité cette fameuse composition pour LA ROSE ET LA FLECHE rejetée par le cinéaste ; moins grandiose mais tout aussi passionnante, son lyrisme se déploie en contrepoint des mélodies et d’orchestrations plus profondes, plus concertantes. Il s’agit d’une partition à prendre davantage dans sa globalité que dans ses thèmes qui amènent toujours une pointe de tension, de gravité derrière les sentiments. Ce qui se vérifie dans un thème pour violon solo et cordes en arrière qui apportent un souffle de mystère et de nostalgie sur le couple vieillissant de Robin Et Marianne (Reunion, Sweet Memories). Egalement dans l’ombre de combats où la musique joue manifestement plus l’ambiance sombre que la violence, d’où des motifs profonds et des notes serrées (The Attack) ; des thèmes de chevauchées tout en retenue (The Ride). Plus qu’une musique de film, Michel LEGRAND livrait à Richard LESTER une véritable œuvre de concert dédiée à la passion de Robin Et Marianne. Il dépasse les images pour livrer une partition qui innove, qui apporte un éclairage inédit ; une musique d’une grande richesse harmonique et stylistique ; Au point qu’elle en a désarçonnée le metteur en scène !  Plus de 30 après, on peut enfin en découvrir toute la richesse, toutes les subtilités. Avec ces deux partitions, on touche Le Grand de l’œuvre de Michel pour le cinéma, en quelque sorte sa « rose » (entendue à l’écran) et sa « flèche », magnifiquement réhabilitée à travers ce disque ; une belle façon d’écouter le cinéma !

LA ROSE ET LA FLECHE (Musique inédite) / LES TROIS MOUSQUETAIRES, musiques de M LEGRAND pour les films de R LESTER- Universal Music Jazz 531 876 0 – 74:45

 

Dans les bacs - Sur les écrans le 10 juin

CORALINE                                                                                                     

Belle surprise que de retrouver l’excellent Bruno COULAIS sur ce film d’animation adapté du best-seller de Neil GAIMAN par Henry SELICK (L’ETRANGE NOEL DE M JACK). C’est l’histoire d’une fillette très curieuse qui découvre, derrière une porte secrète, une version, plus joyeuse et effrayante, de sa propre vie. Pour cette partition aussi instrumentale que vocale, Bruno COULAIS a composé une musique pleine de fraicheur, de sensations et d’ingéniosité. Comme il en l’habitude, il a travaillé avec l’Orchestre Symphonique et les chœurs de la radio nationale de Hongrie dirigés par Laurent PETITGIRARD. Et a retrouvé le chœur d’enfants de Nice, dirigé par Alain JOUTARD, qu’il avait déjà côtoyé sur ses opéras pour enfants (IL GIOCO DI ROBIN E MARION). Le disque s’ouvre par un End Credits avec des cordes et des voix galopantes ; le ton est donné pour un voyage musical décalé. Avec Dreaming, on entre dans un thème principal à la mélodie enfantine qui dégage une grande douceur, de la poésie et de l’étrangeté. On remarque le subtil mélange des voix avec Teri HATCHER (la mère de Coraline), le chœur d’enfants et même les murmures de Bruno COULAIS ; cette chanson trouve sa continuation naturelle à la manière d’une berceuse pour la harpe d’Hélène BRESCHAND et la voix solo de Mathilde PELLEGRINI (Installation, Exploration, Alone). Mais aussi dans sa déclinaison instrumentale (In The Bed). On trouve également des chansons amusantes (Sirens Of The Sea) ; et encore des motifs atmosphériques qui mélangent cordes, percussions, claviers (joués par Bruno COULAIS) et les vibrations des différentes guitares de Bernard PAGANOTTI (Wybie). Bruno COULAIS n’en oublie pas les thèmes de pure frayeur (Ghost Children, Dangerous Garden, The Hand). Plus étonnant est le mélange de swing, dans les guitares, les contrebasses, le hautbois et les percussions et de sonorités légèrement celtiques (Fantastic Garden, Spink And Forcible). Le chœur d’enfants est parfois utilisé comme une nappe étrange sur The Supper. Après une musique inégale pour BRENDAN ET LE SECRET DE KELLS, Bruno Coulais revient avec une composition qui baigne dans des sonorités veloutées. Fort de ses expériences cinématographiques et opératiques, il utilise les voix, de la soliste Mathilde PELLEGRINI (du chœur d’enfants Orféo) mais aussi de Teri HATCHER et même la sienne comme de véritables instruments au service d’un étonnant scénario musical. Au même titre que Coraline embarque dans une aventure déjantée, Bruno COULAIS nous emmène dans une partition joyeusement délirante, qui navigue du jazz à la berceuse en passant par l’opéra atmosphérique, confirmant ainsi sa large palette musicale ; Quel talent ; il n’a pas fini de nous étonner ce Monsieur JACK. Pardon ; ce Monsieur COULAIS !

CORALINE – Bande originale du film de Henry SELICK composée par Bruno COULAIS  – 59’46 – Koch records / Naïve – Disponible.

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Dans les bacs - Sur les écrans le 14 janvier
AFTERWARDS (ET APRES)                                                                        

Dans la lignée de LA JEUNE FILLE ET LA PERLE, à partir d’un thème au piano Alexandre DESPLAT propose une partition majestueuse et envoûtante !

Un film de Gilles BOURDOS, avec Romain DURIS, John MALKOVICH, Evangeline LILLY, Pascale BUSSIERES, Reece THOMPSON.

Musique originale d’Alexandre DESPLAT.

Nathan est âgé de 8 ans quand il passe dans le tunnel de la mort en tentant de sauver une fillette. Devenu adulte (Romain DURIS, remarquable), marqué par un divorce douloureux, il ne vit plus que pour son métier d’avocat, loin de son ex-femme Claire et de sa fille. Jusqu’à sa rencontre avec l’étrange docteur Kay (John MALKOVICH), qui bouleverse sa vie. Nathan s’interroge alors sur son existence : est-il vraiment vivant ou en sursis, et jusqu’à quand ; un long parcours commence, entre terre et ciel… Le film s’ouvre sur de superbes images d’une nature à l’aube de la vie, comme l’enfant qui sera foudroyé. Alexandre DESPLAT déploie alors un thème principal empli de grâce : une ligne intense de cordes suivie d’une mélodie pianissimo et mélancolique, sur l’envol majestueux de cygnes (The Wonder Of Life). Dans la continuité, il introduit des morceaux voluptueux à base de piano et d’un contrepoint de cordes qui jouent sur la mélancolie, la nostalgie familiale (River Flows, Dandelions). Dans un second temps, les notes semblent plus mystérieuses, plus aériennes avec du souffle (N.D.E.) ; les nuées de piano apparaissent davantage espacées et accompagnées de vibrations obsessionnelles (New Mexico). On remarque une sorte de pulsation ; un rythme qui agit comme un avancement vers l’au-delà, ce que symbolise la relation entre Nathan et Kay (Tell Me When). On relèvera quelques cuivres retentissants et surtout une courte cellule de saxophone avec un écho dramatique (Crossroad, Vision). Signalons encore l’importance d’une ligne de violoncelle, en complément d’une couleur grave (Kind Of Red, Here & Now). Mais aussi de séquences intimes, planantes comme ces mouvements pianissimo sur une famille dans l’immensité d’un désert de sable (White Sand, Angel Reflections). La partition se termine par un retour à la couleur d’ouverture, pleine de douceur (The Swan’s Song). Gilles BOURDOS, qui avait déjà collaboré avec Alexandre DESPLAT sur INQUIETUDES, signe un film étrange qui brille par ses séquences lumineuses et, en même temps, déroute par sa proximité avec le fantastique. Les plus belles séquences restent celles relatant des pages d’amour en suspension dans des paysages d’automne. Dans la lignée de LA JEUNE FILLE ET LA PERLE, Alexandre DESPLAT propose une partition majestueuse, délicatement mélodique. D’un thème au piano, il amène beaucoup d’émotion, fait surgir des étincelles de ses personnages. II n’en oublie pas la dimension mystique à travers des orchestrations plus froides, plus agitées. II en ressort une musique de toute beauté, envoûtante.

ET APRES – Bande originale du film composée et dirigée par Alexandre DESPLAT -53:03 – Naïve - Déjà disponible

Actuellement dans les bacs - Sur les écrans le 24 décembre
SUNNY ET L'ELEPHANT                                                                             

 

D’une mélodie qui symbolise le rapport de l’homme et de la nature, Joe HISAISHI tire une partition universelle qui célèbre le meilleur de l’humanité !

Après LE PETIT POUCET d’Olivier DAHAN, le compositeur japonais Joe HISAISHI revient sur un film français ! Entre fiction d’aventures et documentaire, les réalisateurs Olivier HORLAIT et Frédéric LEPAGE (CHRONIQUES DE L’AFRIQUE SAUVAGE, musiques de Carolin Petit) suivent Sunny, un adolescent rêvant de devenir cornac, comme son vieux maître Boon. Mais les temps sont durs en Thaïlande : les éléphants et leurs maîtres sont chassés des forêts et errent dans les grandes villes. Par chance, Sunny et Boon rencontrent Nicholas, un vétérinaire qui va les aider à rejoindre la forêt dont ils vont devenir des protecteurs. Joe HISAISHI nous propose une partition qui séduit d’emblée par sa fraîcheur, sa richesse harmonique autant que mélodique. Dès le générique, il impose le thème principal (Dara And Sunny, Arriving In Bangkok) : sur de superbes images d’exode vers la ville, il introduit de petites percussions puis une imparable mélodie pleine de grâce qui s’envole rapidement. Dans un deuxième temps, des pizzicatos de cordes et quelques cuivres annoncent le danger guettant l’adolescent et ses maîtres. On retrouve ce thème dans des variations dont les arrangements jouent sur le rythme des percussions sur les séquences avec les braconniers (Poachers, They Got Prisoners). Joe HISAISHI le décline encore dans une splendide marche héroïque portée par une mélodie pianissimo qui rejaillit à travers des passages solo (Return Of The Patrol). C’est d’ailleurs une des forces de la partition, très orchestrale, de profiter des solos de pianos sur des moments enjoués (Waterfalls, Cool !, Sunny’s First Patrol avec de hautes parties de trompette), d’autres plus intimes (By the River) ou de tendre complicité (Happy Together, Baby Tigers). Mais aussi de la plénitude de l’orchestre qui sait aussi se faire planante (Go To The Temple), plus secrète sur des plages enchantées (Mysteries) ou profonde sur des rapports d’éducation et de nostalgie relevée par les caresses d’un solo violon (Becoming A Man). Le compositeur nous emporte aussi dans des séquences d’action voir de tension avec des motifs plus attendus mais tout aussi riches dans leurs orchestrations (So Close To Danger, Final Battle). On trouve ainsi de superbes notes rythmées par les caisses claires qui s’élèvent dans les cordes lors de la chute de l’éléphant dans un ravin qui coïncide avec la rencontre entre Dara, Sunny et Nicholas (The Accident, Rescuing Dara, Fire). Porté par une écriture qui rappelle souvent l’école européenne, Joe HISAISHI livre une musique brillante : D’une mélodie qui symbolise le rapport de l’homme et de la nature, Joe HISAISHI tire une partition universelle qui célèbre le meilleur de l’humanité dans un film résolument familial et intelligent ; Assurément la plus belle musique de film de cette fin d’année !

SUNNY ET L’ELEPHANT – Bande originale du film de Frédéric LEPAGE & Olivier HORLAIT composée par Joe HISAISHI - Cristal Records CR 141. 49:49 – Déjà disponible

Sur les écrans et dans les bacs
CASH                                                                                                                 

Un film écrit et réalisé par Eric BESNARD, avec Jean DUJARDIN, Jean RENO, Valeria GOLINO, Alice TAGLIONI, François BERLEAND et Clovis CORNILLAC.
Un arnaqueur et beau gosse (Jean DUJARDIN – Très en forme !), décide de venger, à sa manière, l’assassinat de son frère Solal (Clovis CORNILLAC). Pour l’aider, il compte sur Garance (Alice TAGLIONI), son futur beau-père Maxime (Jean RENO) et une flic (Valeria GOLINO) et monte un casse d’envergure. Mais, s’agissant d’une arnaque, il y aura forcément un pigeon qui ne sera dévoilé qu’à la fin du film. Le réalisateur Eric BESNARD souhaitait une musique proche des notes de Lalo SCHIFRIN et de Quincy JONES, et un orgue Hammond. En rencontrant Jean-Michel BERNARD, il a fait la bonne pioche ! Celui-ci a composé une partition pleine de rythme, de sonorités jazzy et funky. Dès le premier thème (Arrivée Solal), il déploie un motif soutenu par une cellule répétitive et des sonorités à base d’orgue, de contrebasse et de percussions qui rappellent le cinéma américain des années 1960 & 1970. Les thèmes principaux sont souvent associés à des personnages : Ainsi, le générique met en scène CASH dans un jeu de séduction mais dévoile le thème de Garance avec sa cellule mélodique et des cuivres en écho. Sur Maxime (Le Charme, La Péniche), on entend un motif plutôt léger avec des claviers, de la flûte et de la batterie. Pour le Casse, on trouve un thème crescendo, développé avec des cuivres et un contrepoint de piano. Le compositeur étire une partition souvent sournoise qui sait jouer parfois d’un instrument solo, comme la flûte traversière lors de la poursuite des mercenaires. Précisons que le thème de ces derniers (François BERLEAND notamment) a la particularité de contenir une boucle autour d’une ligne de contrebasse, de claquements de mains et de percussions ; II revient dans la Conclusion justement appelée Jubilatoire, dont on se régale du développement funky, de l’accélération pianissimo, de l’orgue et l’entrée, à la façon de James BROWN, de Freddie MEYER (Déjà remarqué sur BRICE DE NICE). On est heureux de retrouver Kimiko ONO sur la chanson (Trop discrète à l’écran) Game Bird dont elle signe les paroles. Par des sonorités et des rythmiques très efficaces, Jean-Michel BERNARD signe une partition qui appuie la tension pour exploser dans une Estouffade à l’Ancienne sur le révélation du Pigeon. Avec le soutien du réalisateur, il a, dans la continuité de son mentor Lalo SCHIFRIN, et en adaptant des sonorités des années 1970, réalisé une partition aux accents fortement américain. Porté par ce film qui balance entre romantisme et policier, Jean-Michel BERNARD déploie un ton original et succulent qui pourrait lui valoir de vite devenir un des nouveaux compositeurs chouchous des américains !
CASH – Musique de Jean-Michel BERNARD. 63:54 – Naïve - Déjà disponible
Sur les écrans et dans les bacs
LUST,CAUTION                                                                                           

Pendant la seconde guerre mondiale, dans la Chine occupée par le Japon, Wong, jeune étudiante (Tang WEI), est missionnée pour séduire M. YEE (Tony LEUNG) ; Un collaborateur que la résistance chinoise veut anéantir. Sauf qu’entre temps, leur relation se complexifie. Alexandre DESPLAT, qui multiplie les collaborations sur des productions américaines, a composé une partition voluptueuse, dont l’ampleur flirte du côté des meilleures musiques de John BARRY ; Le spécialiste du genre. La partition part d’une valse élégante pour piano et orchestre, reprise plus tard par le Traffic Quintet, une formation de chambre créée par le compositeur. Mais, rapidement, elle s’articule et se dévoile autour du thème de Wong Chia Chi, la jeune étudiante. Jusqu’à son complet développement, somptueux et sensuel sur le générique de fin, avec un contrepoint de violon solo et des cordes obsessionnelles. On retrouve ce thème d’abord par bribes à travers des mouvement doucement mélodiques pour piano et grand orchestre comme Falling Rain ; Une construction habile, souvent en mineur et légèrement rythmée, dont les atmosphères jouent sur l’ambiguïté (Sacrifice). Egalement dans des variations sur le mode de l’adagio pour cordes et souvent de la harpe solo, avant un développement particulièrement poignant. Mais aussi des extensions charnelles où les notes de piano tombent sur des nuées de cordes et un contrepoint de violoncelle (The End Of Innocence). On notera la présence discrète mais redondante du xylophone qui, sur des morceaux profonds et graves privilégiant les longues notes et les pizzicato, donne le tempo des activités de M YEE (Streets Of Shanghai). On trouve également de lentes extensions qui jouent sur le mystère et le charnel, avec des cordes crescendos autour d’une base pianissimo (Moonlight Drive, The Angel). Les références au compositeur britannique persistent dans la langueur qui se dégage de mouvements passionnels (The Secret, The South Quarry). Alexandre DESPLAT signe, une fois de plus, une partition brillante et virtuose. Partant de la simplicité d’une valse, il déploie progressivement une toile qui joue des drames d’une période trouble pour avancer vers des motifs remplis de délicatesse. Comme souvent, il privilégie l’orchestre sans en abuser, n’en oubliant pas, comme autant de sonorités essentielles, les instruments solistes. Alexandre DESPLAT magnifie la discrétion des rapport humains dans la tourmente, pour mieux briller sur la luxure et la passion.
LUST, CAUTION – Musique originale du film de Ang LEE composée par Alexandre DESPLAT - Déjà disponible. 60:08 – Decca Universal 174 6371
Sur les écrans et dans les bacs
LES ANIMAUX AMOUREUX                                                                      

Œuvre divertissante et instructive, LES ANIMAUX AMOUREUX raconte les différentes espèces à travers le processus amoureux. Genre entier, le film animalier constitue toujours une opportunité pour un compositeur de s’exprimer librement et longuement. Habitué de ces films qui montrent la nature (La trilogie QATSI, mais aussi ANIMA MUNDI de Godfrey REGGIO), le prestigieux compositeur américain Philip GLASS ne pouvait que se laisser entraîner dans ce projet. D’autant qu’en complément des sonorités naturelles, la musique originale fait partie de la narration. Dès le début (L’Envol Des Cygnes), il introduit un mouvement profond, ample et répétitif. On y retrouve sa patte à travers les claviers et des boucles qui expriment les terres lointaines ; Egalement des notes de piano qui appuient les cordes en contrepoint et des flûtes pour l’immensité des paysages. Fidèle à sa réputation, Philip GLASS déploie une partition souvent obsessionnelle, mais plus aérienne et mélodique qu’accoutumée (La Course Sur L’Eau Des Grèbes). Par des ambiances profondes, de petites percussions, il suggère la diversité des espèces ; Egalement leur envol, à travers de larges développements (La Toilette). En plus des habituels claviers, on remarque le soutien d’un orchestre dirigé par le fidèle Michael RIESMAN dont les mouvements harmoniques et les reprises de quelques notes décrivent superbement la faune (Les Regards, Les Flairs). Parce la nature s’avère souvent violente, le compositeur propose aussi des thèmes très rythmés : Dans Les Combats, il développe un mouvement grave avec roulements de tambours, trompettes, entrecoupé de notes majestueuses. Avant l’entrée de flûtes, percussions, claviers et voix pour exprimer la vitesse, le danger. II nous subjugue aussi par la grâce de certains morceaux comme La Naissance Du Faon suivi de sa rencontre avec Les Grues Japonaises ; Une ouverture vers la vie pour cordes poignantes et un piano léger en intermittence et un motif plus voluptueux avec un contrepoint de trompettes comme signe de ralliement. On trouve également beaucoup de délicatesse et de légèreté à travers des thèmes parfois chantants (Les Orangs-Outans Et Les Petits Canards) ou plus sérieux (Le Retour Des Animaux). On notera encore des réminiscences martiales par les boucles de caisses claires et orientales dans l’utilisation de certaines percussions comme le gong (Des Insectes Aux Baleines). Philip GLASS a composé pour ce film une musique très riche et qui se pose magnifiquement sur les images. Fidèle à son style, qu’il déploie et renouvelle à travers de superbes orchestrations, il met en musique les rites amoureux des animaux avec une grande classe !
LES ANIMAUX AMOUREUX – Musique du film de Laurent CHARBONNIER, composée par Philip GLASS, direction d’orchestre de Michael RIESMAN – Polydor Universal 530291 2 - Déjà disponible.
Pour la première fois en cd !
UNE CHAMBRE EN VILLE                                                                        

25 ans après sa sortie, voici la réédition de la bande originale d’un des derniers rêves de Jacques DEMY, qui espérait renouait avec le succès de la comédie musicale " en chantée " LES PARAPLUIES DE CHERBOURG, créée en 1964. Mais avec une nouvelle équipe car ni Michel LEGRAND, ni Catherine DENEUVE, ne l’ont suivi. C’est donc avec Michel COLOMBIER qu’il a conçu ce drame musical sur fonds de grèves aux chantiers navals nantais en 1955, réussi mais boudé par le public. La partition de Michel COLOMBIER privilégie souvent le piano, idéal pour les séquences chantées et un orchestre à cordes pour l’aspect romanesque. Dès le Générique, un superbe instrumental, il déploie les deux motifs principaux, l’un intimiste au piano, l’autre pour orchestre, et annonce, par un thème grandiose la couleur qu’il développera dès le titre La Rencontre. L’ouvrage multiplie les duos dont l’alliance rythmique et la touche de variété en font des moments de grâce (Violette Amoureuse). Dans les orchestrations, on note un parallèle entre le piano et l’orchestre dans les thèmes d’Edith avec ou son mari (Edmond Et Edith) ou son amant (La Chambre D’Hôtel) ; Egalement un mauvais présage dans les cordes et l’entrée des cuivres, principalement les trombones (La Cartomancienne). Au niveau des parties vocales, on entend l’intégralité des dialogues chantés et des affrontements dont la violence rappelle les récitatifs d’un opéra. Tandis que la guitare électrique, le toucher de piano et l’omniprésence rythmique amènent parfois un côté rock (La Première Grève, Chez La Baronne, La Deuxième Grève). Egalement des parties chorales gravissimes (Le Café Des Chantiers, introduction Violette Et Dambiel). Dans le deuxième acte, la partition multiplie les crescendos (L’Amour D’Edith) pour un propos dont la dimension tragique culmine lors du Suicide D’Edmond : Un duo avec Edith, porté par l’omniprésence du piano, qui commence doucement pour mieux exploser dans la cruauté des mots et l’ascension orchestrale. On relèvera sur les deux amants une touche nostalgique (La Poupée) avant un final poignant et symphonique (La Mort Des Amants). Michel COLOMBIER a composé une partition dont les thèmes évoquent la passion, le combat, la vie et la mort ; Un opéra cinématographique dont les couleurs nuancent la noirceur du scénario ; Une édition simple, qui vient des Etats-Unis, pour (re)découvrir une œuvre magnifique, injustement méconnue.
UNE CHAMBRE EN VILLE – Bande originale du film de Jacques DEMY ; Musique originale composée par Michel COLOMBIER - 42'58 + 47’21 – Kritzerland KR 20011-5 – Edition limités à 1200 exemplaires.
www.kritzerland.com
En Salles Et Dans Les Bacs
LE DEUXIEME SOUFFLE                                                                           

Dans les années 1960, Gu (Daniel AUTEUIL – Magnifique !) s’évade de prison. Avant de disparaître accompagné de Manouche (Monica BELLUCCI), il accepte de participer à un ultime hold-up. Depuis 30 ans, Alain CORNEAU rêvait de tourner une nouvelle adaptation du roman de José GIOVANNI ; Depuis près de 25 ans, FORT SAGANNE et la musique mythique de Philippe SARDE, nous rêvions qu’il renoue avec la musique originale pour un de ses films. Aujourd’hui, le réalisateur du CHOIX DES ARMES s’est dirigé vers Bruno COULAIS qui, comme lui, apprécie Howard SHORE et dont certaines de ses musiques, notamment LES RIVIERES POURPRES, l’ont marqué. En compositeur passionné par les univers terrifiants, Bruno COULAIS apporte d’entrée une dimension tragique voire fantastique au parcours de Gu. II introduit une atmosphère lourde, profonde d’où s’échappe une mélodie souvent répétée (La Tristesse De Blot par exemple) et jouée par la clarinette pour représenter un parcours forcément tragique ; Un thème mélancolique dont le contrepoint de cordes tournantes renvoi à la spirale dans laquelle il s’engouffre sur un rythme battu par la grosse caisse. Le thème de Fardiano (Philippe NAHON) apparaît plus trépidant, soutenu par les cordes et des cuivres pour le côté cauchemardesque ; Ce qu’évoquent également des musiques grandioses comme Les Pressentiments De Gu et le thème de sa rencontre avec Orloff (Jacques DUTRONC). Plus à l’aise dans l’inquiétude que l’action, le compositeur amène volontiers de la tension à travers une musique soutenue par des cordes tendues, des cuivres qui sonnent comme des sirènes sur des mélodies répétitives et des crescendos graves (La Confession De Fardiano). Mais aussi des mouvements de cordes pincées sur le thème de Gu (L’Evasion de L’Hôpital). La partition est interprétée par l’Orchestre Philharmonique Tchèque sous la direction, une nouvelle fois, de l’excellent Laurent PETITGIRARD. Seules les quelques musiques d’ambiances jazzy (Chez Ricci) ou Bossa Nova (Sexy Girls) ont été enregistrées à Paris avec André CECCARELLI à la batterie, Rémy VIGNOLO à la basse, Franck TORTILLER au vibraphone et Nicolas FOLMER à la trompette. La partition se conclue sur une Fin De Partie en forme de symphonie contemporaine tellement brillante qu’on l’imagine déjà développée au-delà de l’écran. Bruno COULAIS déploie donc, autour d’un thème principal marquant, une partition à l’écriture très actuelle, souvent contrapuntique, obsessionnelle, pleine de sensations et d’atmosphères. Dans la continuité de partitions précédentes, comme LES ROIS MAUDITS, il persiste dans l’exploration de la face sombre de l’humanité avec une rare force dramatique.
LE DEUXIEME SOUFFLE – Bande originale du film de Alain CORNEAU ; Musique originale composée par Bruno COULAIS - 50'58 – Naïve
En Salles Et Dans Les Bacs
SA MAJESTE MINOR                                                                                  

Réalisation Jean-Jacques ANNAUD sur un scénario de Gérard BRACH. Avec José GARCIA, Vincent CASSEL, Mélanie BERNIER, Claude BRASSEUR, Jean-Luc BIDEAU.
Dans des temps très anciens, sur une île de la mer Egée, vit Minor (José GARCIA), un homme muet qui ressemble tellement à un cochon qu’il partage sa couche avec… une truie ! Quand il tombe d’un olivier en observant la belle Clytia (Mélanie BERNIER) et le poète Karkos, les villageois le croient mort. Mais le lendemain, il revit et parle ; Tous le sacrent roi et acceptent de le servir. Même Clytia commence à succomber. Mais Minor peut-il chasser le cochon qui est en lui ? D’autant qu’il fréquente le dieu Pan, également nommé Satyre (Vincent CASSEL), qui l’initie aux imprévus du paganisme. Interprété par des acteurs tous excellents, Jean-Jacques ANNAUD a réalisé une comédie inédite dans l’époque et dans son scénario ; Un véritable moment de jouvence qui s’intéresse aux cochons et à une sexualité alors sans tabous ! Pensant musique dès le scénario, il a convié le compositeur espagnol Javier NAVARRETE (LE LABYRINTHE DE PAN) à composer une partition méditerranéenne ; Un lien entre le monde ancien et le moderne contenant autant de thèmes que de personnages, portés chacun par un instrument. Pour Minor Le Petit Cochon, il s’agit d’un thème principal à la mélodie chantante, ironique et latine déclinée de manière presque folklorique, avec beaucoup de flûtes et de cuivres (Le Cochon A Mordu La Bouchère) ; Romantique (Amour Et Folie) ; En lento pour contrebasse et doudouk (Les Conspirateurs). II a aussi un thème plus sensible pour violon solo, notamment quand il se réveille (Les Ombres Dans Le Crâne, Retour Au Logis) mais aussi avec une partie symphonique ( Une Larme Dans La Nuit). Le thème Pan est plein d’entrain avec une structure mélodique jouée à la flûte de pan par l’excellent Simion STANCIU SYRINX. Tandis que l’orchestre, surtout les cordes pincées et les trompettes, interviennent en soutien (La Forêt Mythologique, Pratiques Païennes, Non Satyre, Pour Un Conseil et Satyre). Quant à Karkos, son thème apparaît grave et doux, pour violon solo avant un développement crescendo (Le Destin De Karkos). On relèvera aussi plusieurs motifs aériens (Connais-Toi Toi-Même, Les Lucioles) et des airs pour lyre et ténor (L’Abîme De La Vie). Javier NAVARRETE a composé une partition riche dans les mélodies et dans les variations. Mais aussi dans les couleurs grâce à un rare panel d’instruments et un enregistrement entre la France et l’Espagne. Comme le souhaitait Jean-Jacques ANNAUD, il a composé une musique légère, rafraîchissante et qui sait lorgner du côté de la farce ; Une bande originale très majestueuse !
SA MAJESTE MINOR - Musique originale du film de Jean-Jacques ANNAUD composée par Javier NAVARRETE – DREYFUS musique FDM 46050 362772.
 
Cette page a été modifiée pour la dernière fois le jeudi, décembre 22, 2011