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MOI MICHEL G. MILLIARDAIRE MAITRE DU MONDE – Arnaud GAUTHIER

Quand un homme d’affaires (François-Xavier DEMAISON) veut afficher sa réussite, il commande un documentaire à un cinéaste. Mais cette plongée dans les coulisses du capitalisme ne se passe pas comme prévu. Ce vrai faux documentaire a été réalisé par Stéphane KAZANDJIAN, déjà auteur de MODERN LOVE mis en musique par Martin RAPPENAU. Cette fois, il a confié la partition à Arnaud GAUTHIER, connu notamment pour sa collaboration avec Cyril MORIN sur LE DIRECTEUR DES RESSOURCES HUMAINES. Pour ce que le réalisateur définit comme un film « punk », Arnaud GAUTHIER a contribué à donner une couleur contestataire et électrique à l’homme d’affaires, lui taillant un costume musical proche d’un rock vif. Dès l’ouverture, la musique déborde de notes électriques, particulièrement des guitares avec une voix énergique, presque en colère et des chœurs criards (Indaface feat. Fernida). Un côté rock présent tout le long de la bande originale à travers des thèmes décalés, rythmés par les batteries et les guitares électriques (White Collar) avec parfois des flashs sonores voir des bruits (Introducing Michel G). A l’opposé, la musique de sa femme sonne plus sensuelle, plus vocale aussi grâce au timbre de Sandra BATTINI qui répète une boucle mélodique sur un lit de guitare et partie pianissimo. Dans une deuxième partie, on remarque des flûtes et du saxophone contribuant à donner à cette musique un côté aérien, flottant (Deborah’s Bossa Lounge) ; une orchestration que l’on retrouve dans Femme De Milliardaire, la chanson écrite et interprétée par l’actrice Laurence ARNE. Entre les deux, on trouve des thèmes qui naviguent entre chansons, dont certaines en anglais, et instrumentaux. On y remarque encore la voix sensuelle de Sandra BATTINI, sur des riffs de guitares et des percussions (My friends) ou en susurrements sur une boucle de quelques notes (Connections). Mais aussi des thèmes frais, aériens avec un contrepoint de saxophone en développement (Charles Prevost Island). Plus rarement, Arnaud GAUTHIER introduit des motifs proches de la grande tradition de la musique de films, insufflant des ambiances  plus mystérieuses (The Investigation). On note aussi, en guise de final, un motif pianissimo et nostalgique avec une dimension américaine (Goodbye Michel). Au final, Arnaud GAUTHIER signe une bande originale étonnante et détonante. Il étonne d’abord en arrivant à apportant une véritable identité musical à ce Michel G mais aussi à sa femme de Milliardaire. Il détonne ensuite en insufflant une dimension rock à un personnage de financier qu’on aime détester. En enchainant chansons et musiques électro ou acoustiques, Arnaud GAUTHIER réussit une bande très originale !

MOI MICHEL G. MILLIARDAIRE MAITRE DU MONDE, musique d’Arnaud GAUTHIER pour le film de Stéphane KAZANDJIAN – Massive music – 29:35

 
 

BELLE EPINE

Comment Prudence Friedman, une jeune fille solitaire de 17 ans qui échappe à sa famille, tente de s’intégrer à une bande de motards habitués d’un circuit sauvage. On doit la musique de ce film à la fois cruel et tendre à ROB, de son vrai nom Robin COUDERT. Compositeur multi-instrumentiste et spécialiste des sonorités électroniques (il appartient au prestigieux label Institubes), collaborateur régulier du groupe PHOENIX, ROB propose une bande originale qui emprunte deux directions : on peut associer la première à la bande du circuit et leurs échappées en grosses cylindrées et petites motos trafiquées. Pour ces séquences, on trouve une musique à la sonorité très rock qui utilise beaucoup de guitares électriques. On découvre ainsi un thème très puissant, très efficace, introduit par un orgue électrique qui n’est pas sans rappeler l’introduction de certaines chansons de blues (Motors, Triumph). Pour exprimer la vitesse, le bruit des moteurs, ROB propose des boucles de percussions électriques, de rythmes (Combustion). On entend également des boucles électroniques coupées de riffs de guitare pour accompagner les séquences du circuit de Rungis (Premier Circuit). La deuxième direction de la bande originale apparait plus humaine, plus intimiste, proche du personnage un peu perdu de Prudence. On trouve également des thèmes répétitifs mais souvent plus mélodiques, moins rythmés, qui jouent davantage sur les émotions (XY). On découvre également des motifs atmosphériques, à la fois léger et profonds ; Des musiques doucement mélodique et nostalgiques avec parfois des pointes de guitares électrique (Epiphanie, Rungis) mais surtout de guitare acoustique (Cheyenne) qui rappellent le besoin de liberté des jeunes. On gardera le meilleur pour la fin avec un thème pianissimo presque concertant qui exprime superbement la douleur, la fragilité de personnes se situant à la frontière entre l’adolescence et l’âge adulte. ROB propose une bande originale déroutante mais qui ressemble aux personnages du film : d’abord bruyante et rythmée pour l’univers sonore de ces jeunes en mal de sensations, le compositeur relègue au second plan les riffs électriques pour des thèmes qui reflètent les fêlures de personnes fragiles. Au final, pour son premier essai en matière de musiques de films, ROB pique le spectateur d’une Belle Epine !

BELLE EPINE, musiques de ROB pour le film de Rebecca ZLOTOWSKI – Naïve – 23:51

Entre musique et cinéma !

 

THE EVOLUTIONIST

Six ans après WESTERN PANSORI, Cyril MORIN revient avec un nouvel album concept dans lequel il propose des compositions originales. De par son titre et encore plus par la continuité des morceaux, THE EVOLUTIONIST se présente comme une bande originale d’un film imaginaire, et plutôt un thriller. Une démarche audacieuse qui apparait en parfaite cohésion avec l’actualité d’un compositeur dont l’ambition affichée semble de participer de plus en plus à des productions américaines. De prime abord, Cyril MORIN semble clairement se détacher des couleurs orientales et de ses collaborations avec des voix comme vidya RAO qui ont fait sa renommée. Il semble en effet privilégier des sonorités et des motifs parfaitement adaptés à un cinéma destiné à un large public. D’emblée, il propose un univers musical qui se situerait entre le fantastique et action, avec un contrepoint mélodique qui donne un aspect dramatique particulièrement émouvant. Aidé par la présence de l’Orchestre Symphonique de Budapest, il n’en oublie pas l’imaginaire et le côté humain à travers des mouvements amples et généreux (Next To You). Il ajoute à l’étrange la carte de l’aventure avec des parties de percussions que l’on retrouve développées à travers des motifs d’orchestre (Don’t Open It) ou carrément en solo sur plusieurs morceaux (Doubt, Look At You). Le compositeur développe également des motifs amples et soutenus à la façon des musiques de films de suspense à l’américaine (Not For Me, Angel Or Demon). Mais aussi des thèmes qui jouent des silences, des pauses sur un rythme de cymbales et des cordes aériennes (Beautiful Knifes) ou encore des parties pianissimo (Protection). L’album se termine par une musique aérienne, particulièrement épurée avec un peu d’écho, des notes de piano espacées, pour un morceau qui évoque un certain calme, un apaisement (Darwin). Avec ce nouvel album solo, Cyril MORIN a visiblement l’intention de pénétrer l’Amérique du nord avec une majorité de compositions qui semblent parfaitement calibrées pour des films qui jouent avec nos nerfs, nos émotions. Après avoir été longtemps associé à l’Orient, et sans apparaître forcément novateur, Cyril MORIN fait un grand pas vers les cinéastes hollywoodiens !

THE EVOLUTIONIST, musique de Cyril MORIN – Massive music  – Disponible en téléchargement - 46:12

Télévision !

 

 

CARTOUCHE

Sous la Régence, le jeune voleur Cartouche (Frédéric DIEFENTHAL) voit sa fiancée assassinée froidement par le futur chef de la police La Reynie (Grégory FITOUSSI). Les années passant, Cartouche gagne sa popularité en redistribuant ses butins aux pauvres. Mais en s’attaquant au Régent, il s’attire les foudres du chef de la police d’Argenson (François LEVANTAL). Dans cette nouvelle version du classique de Philippe de BROCA, le réalisateur Henri HELMAN retrouve Cyril MORIN, déjà compositeur de la musique de la série MEDITERRANEE. Il nous propose une partition de facture assez classique mais de grande volée. S’appuyant sur la fougue du personnage titre, il transforme sa devise en un thème principal finement ciselé mélodiquement et richement arrangée pour l’Orchestre symphonique de Budapest. Avec beaucoup de cordes pour l’ampleur et le lyrisme, des caisses claires pour le rythme et quelques cuivres pour la puissance (La Liberté Ou La Mort), la partition met tout de suite en avant son côté chevaleresque dans un motif répétitif développé dans des morceaux enlevés soutenus par les cordes, quelques percussions (Bataille, Nouveau Monde) ou plus nocturnes (Embuscade). Le danger tournant autour de Cartouche est accompagné de thèmes profonds et aux cordes grinçantes, notamment les violoncelles (Aux Fers). Egalement par des motifs lyriques et aériens, avec des flûtes et un carillon qui donnent un côté oriental (D’Argenson). Pour le suspense, le compositeur s’appuie sur de longs mouvements de cordes pincées et le claquement de percussions. On remarque aussi des solos de violoncelles pour la touche dramatique (En Fuite), du piano et des percussions pour la tension (Mise A Prix), du vibrato de cordes pour la gravité (Le Piège, Duel). Avec les femmes, Cartouche veut se venger mais sans forcément frapper, d’où des thèmes introduits par de la harpe dans une sonorité très 18ème siècle avec de l’écho, et un contrepoint de cordes et de hautbois (Juliette) profond, très lent avec un petit piano à la sonorité très versaillaise (Diane). Le compositeur évoque aussi l’époque avec des cordes pincées qui se fondent dans une écriture résolument actuelle (Fantaisie), également en utilisant avec parcimonie le clavecin associé avec des instruments plus contemporains (Les Marionnettes). Cyril MORIN propose donc une bande originale qui ravit par ses thèmes et la puissance orchestrale de la formation roumaine. Il en ressort une musique pleine de souffle, idéale accompagnement aux aventures de ce Cartouche des bois !

CARTOUCHE, musique de Cyril MORIN pour le téléfilm réalisé par Henri HELMAN – Massive music  – 43:32 – Disponible en téléchargement.

 

 

 
 
 
Cette page a été modifiée pour la dernière fois le jeudi, 28 avril 2011