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LE PETIT PRINCE – LA SYMPHONIE

Pour la musique de cette série animée, les producteurs ont mis des moyens, en se tournant vers Frédéric TALGORN (ASTERIX AUX JEUX OLYMPIQUES, TELLEMENT PROCHES), qui a imaginé une véritable symphonie, servie magistralement par l’Orchestre symphonique de la WDR de Cologne. Après un Prélude sous la forme d’un bref leitmotiv pour piano et percussions, il lance son 1er mouvement, un allegro moderato vif, gai et modéré. Il commence par une Ouverture colorée, dans une ambiance héritée de la grande tradition classique. La mélodie, en fait le thème principal que l’on retrouve notamment dans le 3ème mouvement, met en avant les flûtes accompagnées par un contrepoint de cordes, avant un développement empli de souffle suivi d’une modeste marche. La suite du mouvement se compose de petits motifs : un thème vif débutant par un solo de saxophone avant une section plus jazzy et des percussions qui dégagent une certaine violence (Le Serpent), un motif pianissimo suivi d’une mélodie aérienne au hautbois (La Rose). On trouve encore un thème temporisé par les bois et des cuivres (L’Attaque) puis un morceau atmosphérique avec de la harpe en solo (Renard). Le premier mouvement se termine par une sorte de ronde crescendo (Vive Le Petit Prince). Vient ensuite le 2ème mouvement : un scherzo andante con moto, c’est-à-dire une série de variations naviguant entre les extrêmes. Il s’agit d’un mouvement pour partie rapide, au tempo modéré mais avançant avec allant. On y trouve à la fois des morceaux plus agités, plus interrogatifs, avec des notes qui se percutent et des chœurs contrapuntiques (Les Idées Noires). Mais aussi des motifs qui jouent sur la corde du merveilleux avec des passages de piano obsessionnel, des cordes élancées et des percussions (Il Etait Une Fois, Le Livre Magique). Le mystère continue avec des musiques grandioses et vocales (Le Peuple En Guerre) et des thèmes plus mélodiques et symphoniques (La Paix Retrouvée). Dans le 3ème mouvement, un allegro giocoso, Frédéric TALGORN étale une musique rapide et joyeuse grâce à des percussions comme des tambourins, des bols. Il propose aussi de petites danses très élégantes et contemporaines (Le Petit Prince Et l’Oiseau De Feu). On note aussi des thèmes plus prompts à soutenir l’action avec des percussions comme des guimbardes. Et des motifs mi jazzy mi fantastiques qui rappellent la poésie du petit prince avec du saxophone (L’Aventure Continue). La partition se conclue dans une reprise aérienne et pianissimo avant un final en forme d’envolée (Epilogue). En bonus, on trouve De Planète En Planète, une bonne chanson interprétée par Yannick NOAH. Au final, en bon Petit Prince, Frédéric TALGORN signe donc une belle symphonie, une succession de mouvements à la fois majestueux, lyriques et poétiques.

LE PETIT PRINCE – LA SYMPHONIE, musique originale de Frédéric TALGORN – Sony music  – 47:12


BORGIA - Bande originale de la série

Créée par Tom Fontana (OZ), cette série raconte, sur fond de période charnière, entre le Moyen Âge et le Renaissance, la destinée de la famille BORGIA. Pour la musique, on retrouve Cyril MORIN (la première saison de la série MAFIOSA et le téléfilm NUIT NOIRE) qui a effectué un travail musical dont rend compte un impressionnant double cd. Le premier disque contient la musique de la série, c'est-à-dire toute la partie dramatique. Pour introduire la notion de temps, il propose un thème au précipité en forme de marche et un accompagnement lyrique (Glorious Rome), qui revient dans des variations (Sentence). On trouve ensuite les musiques autour des membres de la famille : les thèmes du père et futur Pape Alexandre Vi, qui se caractérisent par de la douceur et une orchestration latine à base de guitare et d’orgue (The Age Of Borgia (Rodrigo’s Theme)). Puis un autre qui apparait plus épique, avec des percussions, des cordes moyenâgeuses insistantes et des chœurs (Alexander VI). On trouve ensuite, pour César BORGIA, le premier fils de Rodrigo, un thème frissonnant et à construction progressive (Cezare’s Escape, Reign Supreme). Puis vient le motif de Lucrèce, une sorte de danse mélancolique, sensuelle et grave pour violons (All The Desires (Lucrezia’s Theme)) et celui, retentissant, de la maitresse d’Alexandre VI, porté par la viole de gambe et la guitare pour (You Could Be Pope (Giulia’s Theme). On notera aussi les thèmes à la fois intimes et graves dans les contrepoints autour des amours de Lucrèce (Juan And Lucrezia, Lucrezia And Sforza). La partition renferme également des musiques émouvantes, comme ce thème mélodique qui avance de manière aérienne puis romantique, avec de superbes lignes de cordes accompagnées des chœurs. (My Right Eye, Strategist) ou de flûtes (We Can Dance). Egalement des thèmes qui mêlent à la fois de la tension et de la spiritualité (Into The Sistine, Execution). Le compositeur se sert aussi de voix, ou en solo ou accompagnées de cordes pour introduire un développement tendu et spirituel (Potion Of Love, Curia). Cyril MORIN surprend en bouclant sa partition par un motif à l’écriture plus contemporaine, plus obsessionnelle, plus vive (A New Borgia). Sur le deuxième disque, il propose des thèmes d’inspiration classique et mystiques, dans des instrumentations et des voix d’époque. Il reprend, entre autres, des chants (Colomba, Pange Lingua Gloriosi), un thème dansant (Heretical  Thoughts), des chœurs sacrés (Te Deum Laudanum, Sacred Choir). Au final, Cyril MORIN se distingue par une partition riche et précise, interprétée par l’Orchestre Symphonique de Budapest dirigée par Peter PEJTSIK et des solistes de talent. Il nous transporte dans une autre époque en multipliant les thèmes amples et célestes sur des orchestrations qui mêlent des sonorités modernes à des instruments d’époque comme la viole de gambe. Ensuite, il s’attache à colorer musicalement chacun des personnages et exploite leurs failles sur des orchestrations voluptueuses, lyriques et parfois même grégoriennes. Il en découle un grand moment de télévision et de musique !

BORGIA, bande originale de la série télévisée, musiques de Cyril MORIN – Sony music  – 01:35:40